Year of the Goat - The Unspeakable

 

YEAR OF THE GOAT
«The Unspeakable»
Napalm Records
31 Juillet 2015

 

*English version follows
«The Unspeakable» est le deuxième album de YEAR OF THE GOAT, et je dois dire que depuis leurs débuts en 2012, le degré de maturité et de singularité qu’ils ont défini comme étant leur loi – ça manque pas de m’impressionner. J’apprends rien à personne en disant qu’il est difficile de vraiment se démarquer dans la vague retro doom qui déferle sur le rock & roll depuis les trois dernières années et demie plus particulièrement (spécifiquement mise en surbrillance par des labels tels que Napalm Records en tant qu’une arme hallucinogène de choix, leur roster contenant des entités qui vont vous faire rusher sans pouvoir prévoir comment vous allez redescendre de votre high).

Les bands sont mieux de savoir ce qu’ils font s’ils veulent pas se perdre dans la foule- être vague à ce sujet risque de les faire passer dans le beurre. Je suis assez difficile avec ce type de rock, et m’avoue très exigeante en termes de complexité originale.

Cette formation y va vraiment pour la jugulaire dès le début en utilisant toutes les ressources à sa disposition. Ils font en sorte que chaque millimètre carré reste constamment occupé avec des invocations complexes de tons de couleur éthérée qui forment un nuage de fumée très parfumé, dans lequel vous souhaiterez demeurer piégé. Un aller simple sans escale vers une intoxication sereine des sens. Je vais mettre cela en termes simples et dire que leur style de retro rock est magnifiquement compliqué et constellé d’imprévisibilités qui vous aspirent et vous donnent aucune chance de faire une «double-take». Il faut suivre la trajectoire afin de comprendre et d’apprécier ce qui est ici illustré dans vos faces, ce qui m’amène à la conclusion que c’est plus un album qui est un «grower» plutôt qu’un «one shot done deal», surtout si vous êtes confronté à ce type de spirale éthérée et positivement vertigineuse pour la première fois.

La nature prog 70 du songwriting est sans contredit et ils nous enfoncent les hooks dans la gorge à un rythme de champion, mais vous savez, ces mecs ne sont pas là seulement pour imiter leurs idoles. Ils canalisent leur Chi et refusent de s’asseoir sur leurs lauriers en se contentant seulement d’avoir accès à cette énergie. Ils la manipulent suffisamment pour trouver leur propre voix au sein de cette inspiration sexuelle et crue. Une démence progressive et technique est de toute évidence le but ici, sans perdre de vue le côté charismatique et groovy du son en question, comme un «cross» entre QUEEN et LED ZEPPELIN.

Ces chansons sont juste le fun et donnent le goût de se lever de son derrière et perdre la carte. La qualité des riffs et des licks ont un attrait qui les rendent cohérents à travers ces expérimentations, peu importe à quel point celles-ci peuvent s’avérer risquées. Ça donne un rock accessible mais qui déploie aussi assez ses ailes pour être dur à catégoriser quand il reste centré sur lui-même et non en recherche d’un appeal qui s’avère être la tasse de thé de tout le monde. Je dois dire que je suis encore plus tranchée sur ces types d’entreprises singulières parce que ce type de trip vintage de malade à l’orgue Hammond (comme dans «The Emma») donne une idée assez claire de ce que serait un jam à 3heures du matin avec ces gars-là et plein de caisses de bières.

Vous êtes une toute nouvelle personne en sortant de la pièce avec une toute nouvelle perspective à propos de comment devrait sonner le revival/worship des années 70.

Rien que pour cela, il est facile de passer par dessus le fait que certaines sections des chansons sont parfois un peu trop introverties et interminables, parce qu’elles sont immédiatement surmontées par de mémorables et positivement déroutantes explorations folles (de ce style spécifique) qui vous emmèneront à lire entre les lignes avec eux, et à bien saisir leur ambition en termes d’évolution sonique. C’est ce que vous en retirerez, et qui vous convaincra que ça vaut plus d’une écoute.

Noch la Décapiteuse

 

 

«The Unspeakable» is YEAR OF THE GOAT‘s second record, and I must say that since their debut in 2012, the degree of maturity and singularity they have defined as their law is mind-boggingly impressive. Let’s not make any bones or extra-fluff over the very real fact that it is difficult to truly stand out in the midst of the retro doom wave that has been taking rock and roll by storm for the past three years and a half most notably (particularly being hailed by labels such as Napalm Records as a hallucinogenic weapon of choice, their roster supporting those entities that’ll make you trip balls without knowing how to predict how you’ll ever come down from the latter high).

You have to know your shite to not be a forgettable face in this one crowd- being vague about that would bring on plenty of misleading denial. I am quite difficult with this type of range of rock, and expect plenty in terms of intricate originality.

This unit is definitely going for the jugular from the onset with a broad scope of ballfield space- they do make sure every square millimetre remains constantly occupied with complex invocations of dreamy colour tones that do form a very fragrant cloud of smoke in which you do wish to remain trapped, on a steady route to completely serene intoxication of the senses. I will put that in simple terms and say that their brand of retro rock is a fucking magnificently complicated structure of unpredictability that sucks you in and gives you no chance to think again- you gotta stay the course to understand and appreciate what you have in front of you to its desired effect, which brings me to the conclusion that it’s a grower more than an immediate sign-up, especially if you’re experiencing this type of an ethereal and positively dizzying 360 for the first time.

The 70s prog nature of the songwriting is absolutely undeniable; yet the hooks are rammed down your throat at such a championing pace, you just know these dudes aren’t just worshipping their idols, they’re channeling their Chi and refusing to be pussies by sitting on their laurels and acting content with the simple access to that type of an energy; they bend it very indulgently in order to find their own voice within this raw and sexual inspiration. Progressive and technical dementia is, most notoriously here, a chief aim, without losing sight of its charismatic and groovy swagger which brings me to more of a QUEEN meets LED ZEPPELIN type of an immediate response.

Those songs are simply fucking fun and make you want to get off your rear and be a nutter. The quality of the riffage and of the licks alone has a coherent sens of appeal in the midst of experimentations that hit the mark, no matter how risky or slippery they may get on occasion. What we have here is rock which is accessible, but also spreads its wings enough to be too damning to categorize when it gets more self-centered and less crowd response-oriented; and I must say I am even more adamant about those types of singular ventures because a full album of this brand of vintage Hammond on ‘roids madness (such as «The Emma») would give one a straightforward idea of exactly how surreal jam sessions must be on Saturday nights at three AM with them guys and plenty of beer cases.

You come out of that room a changed person, with a new perspective on how you want today’s 70s-worship to sound like.

For that alone, it is easy to forget that some of the song’s sections are sometimes a bit too introverted and long-winded, because they are immediately overcome by memorable and positively baffling frameworks of insane explorations of this specific genre to get you to think out of the box right along with it. This is what sticks with you, and convinces you to hold on to this one.

Noch la Décapiteuse