« Deep Fantasy »
2014
Si vous me le permettez, chers lecteurs, je vais m’éloigner un peu du cadre naturel d’Ondes Chocs pour vous entretenir d’une formation qui, à mon avis, mérite le plus d’attention possible de la part des médias undergrounds indépendants. Il s’agit d’un groupe qui œuvre dans le punk mais ne craignez rien, leur musique n’a absolument rien à voir avec celle de tout ces pseudos groupes formatés pour les radios commerciales qui essaient de faire passer leur musique pour telle. Non, White Lung sont des puristes et leur musique reflète les années où le punk se jouait encore de cœur, passion, sang et sueur. D’autant plus qu’ils sont Canadiens. Alors, que demandez de plus?
Pour ma part, je suis ce groupe depuis leur tout premier long jeu, « It’s the evil« , paru en 2010. L’album m’avait vachement plu et faut-il mentionner que le mensuel Exclaim! lui avait octroyé rien de moins que le titre d’album punk de l’année. Quelques deux ans plus tard, le groupe récidiva avec « Sorry« , une platine tout aussi délicieuse qui fut d’ailleurs parmi mes favorites cette année-là. Ceci étant dit, après de nombreux spectacles aux quatre coins du globe et quelques petites modifications dans l’alignement, ce quatuor de Victoria, BC est maintenant prêt à nous livrer du nouveau matériel et reviendra nous cracher son venin au visage le 16 juin prochain avec leur nouveau et incroyable disque, « Deep Fantasy« , disponible sur Domino Records.
Dès le départ, ça se sent et ça s’entend. White Lung ont gagné en maturité et leur musique a évolué avec eux. Ils nous proposent toujours de courtes pièces bien balancées et bien envoyées mais s’assurent de garder un côté sale et inesthétique comme à leur début. Le tout semble aussi peut-être un peu moins « garroché » cette fois, ce qui ne déplait pas du tout. Mais comme à l’habitude depuis leur formation en 2006, White Lung réussit encore à se démarquer du lot avec un style bien à eux. Particulier et unique, ils emplissent nos oreilles de merveilleuses petites mélodies inquiétantes et tranchantes; on dirait que leurs chansons sabotent le rêve et affligent l’âme. Pour tout dire, il y a une sorte de chagrin vaguement colérique qui flotte en filigrane du carbone des pièces. Les ambiances diffèrent bien de-ci de-là, mais la plupart du temps, la rage de Mish Way, blondasse chanteuse du groupe, s’échappe en de virulentes envolées énergiques et criardes qui s’agrippent sauvagement au métronome d’Anne-Marie Vassiliou, batteuse du groupe.
Mais ce qui les distingue parmi tant d’autres est, à mon sens, la personnalité de la guitare. Constamment en mouvement, elle nous inonde d’harmonies et de subtiles notes qui font toute la différence et qui apportent une profondeur à chaque pièce. Sans nécessairement être un virtuose, Kenneth William, guitariste de la formation, est en parfait contrôle de son instrument et nous livre une prestation brillante et sans faute. De l’excellent boulot de son côté. Chapeau!
Pour conclure, j’avouerai que je suis conscient que ce n’est pas la totalité des lecteurs du blogue qui aiment ce genre de musique mais pour tous les autres (ou pour les curieux), je vous somme d’aller voir de quoi il en retourne car vous ne pouvez tout simplement pas passer à côté de cette impressionnante formation. Avec sa fougue, son authenticité et un son au sens de l’urgence sans précédent, White Lung fout littéralement le feu aux poudres, ce qui est tout à fait merveilleux, n’est-ce pas?
Je vous laisse sur un des extraits du disque, « Face Down« . Bonne écoute!
–Cœur Noir





