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We’ve Lost Jenny

« Nausea »

2013

 

Mettons une chose au clair immédiatement: Charles Miller, chanteur de la formation We’ve Lost Jenny, est un ami, un partenaire avec ses shows comme promoteur et aussi un collaborateur de Ondes Chocs.  Cela ne m’empêche pas de le critiquer, mais c’est aussi ma job de vous laisser savoir ces relations et aussi le fait que j’ai le plus grand des respects pour la manière dont il mène ses affaires.  Cheers, man.

Avec cet intro dans le passé, laissez-moi vous parler de « Nausea », le premier EP de la formation, un album enregistré au Red Dusk Studio avec Mat Laperle derrière la console.  On parle ici d’une production extrêmement efficace pour une première sortie, mais surtout un travail qui met en valeur certains aspects que la formation originaire de Baie-St-Paul se doit de mettre de l’avant.

Deux choses deviennent très clair après quelques écoutes de l’album.  Premièrement, le quintette ne veut pas se fondre à la quantité innombrable de bands Hardcore et Metalcore de la scène présentement et deuxièmement, les petits maudits se la jouent old school!  Harmonies, changements de tempos, des vocals enragés et engagés et surtout une vibe méchante, mais en même temps positive, une façon de faire qui change de l’attitude négative que plusieurs bands utilisent présentement.

Cette attitude est menée de front par notre ami Charles Miller, un chanteur qui brille par la pureté de sa voix, son honnêteté et rage, mais aussi son spoken words bien placé.  Son range vocal semble plutôt limité, mais la pureté de ses cordes vocales et les paroles qui en sortent ne deviennent pas redondantes.  Je ne suis par contre pas sûr que j’aurais dit la même chose avec un long LP de We’ve Lost Jenny qui a une approche identique à celle-ci.  Tout de même, le Capitaine du bateau montre la voie et son équipage le suit.

Édouard Lajoie, un des deux guitaristes du band, est la force créatrice et pour avoir en plus entendu le squelette d’une autre composition non disponible sur l’album présent, à 19 ans, est une force à la guitare/composition à surveiller.  Est-ce qu’il saura concentrer TOUTES ses forces sur ce but, lui seul le sait, mais man, ciboire que t’as du potentiel.  Prenez par exemple « Like Wolves », un petit chef d’oeuvre de composition avec un tas d’ingrédients Punk/Hardcore/Métal mélangés ensemble.  La petite transition à 0:45 est succulente et j’aime bien l’intro/outro avec blastbeats.

Étant un des gars du staff le plus ouvert au Metalcore, je me permets de dire qu’à chaque fois que le band essaye de s’en éloigner avec des passes rapides ou plus Hardcore/Punk old school, ça donne les meilleurs moments.  Les pièces à retenir sont donc clairement « Troglodyte » avec son aggression et groove, car il ne faut pas se tromper, les gars ont les pieds ancrés dans le Metalcore, mais leur force est justement leur capacité à se trouver un angle pour sortir du moule.  Leurs tracks ‘live’ prennent une dynamique encore plus intéressante et je dois avouer que pour avoir entendu leur stock en show en premier, Mat Laperle a fait une bonne job de capturer leur énergie.

« No Higher Purpose Than Ourselves » demeure pour moi la moins mémorable des tracks sur ce EP, sans nécessairement devenir un point faible.  Cependant, la touche de paroles en français et les riffs de « L’Enfance » viennent rapidement remettre les pendules à l’heure.  Je vous conseille fortement de tirer profit de cette facette de votre jeu, car le français, quand ce n’est pas surutilisé, peut vraiment vous ouvrir des portes et vous sort du lot de bands qui ne jurent que par la langue de Shakespeare.

 

8.5/10