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Sahg

« Delusions of Grandeur« 

Metal Blade Records

2014

 

 

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark.

Hamlet

Peut-être, mais pas du côté de la Norvège…

2013 fut une année faste du côté des sorties metal de cette lointaine contrée. Et c’est un vent d’ingéniosité qui semble y souffler. On n’a qu’à penser à In Vain et Shining, entre autres, qui nous ont offert d’excellents albums et surtout une musique à la fois métissée et originale.

Pour ce qui est de Sahg et leur nouvelle offrande, « Delusions of Grandeur« , on peut parler ici d’une considérable évolution. La maitrise, la technique et les ambiances sombres que l’on retrouvait sur les 3 premiers albums (I, II & III), sont toujours présentes mais le groupe formé en 2004 s’éloigne désormais des caveaux humides, des sinistres cimetières et de la froideur de la nuit terrestre pour porter son regard vers le grand vide sidéral. Le Doom metal de leur passé, fortement inspiré par « The Fucking Prince of Darkness » et sa bande de Sabbathiens, autant dans le son que dans la voix, emprunte aujourd’hui des tonalités et une direction plus proche de formations comme Mastodon, Baroness ou encore Opeth, mais tout en gardant sa propre identité.

C’est sur un décollage majestueux que démarre ce périple librement inspiré par l’oeuvre maîtresse d’Arthur C. Clark.  Mais le voyage est toutefois secoué ici et là d’agréables turbulences qui viennent perturber l’ambiance quelque fois hypnotique des différentes étapes du trajet vers les profondeurs du cosmos et du psyché. La voix éthérée du pilote s’enflamme sur certains passages, nous réveillant en sursaut au milieu de cet odyssée progressive. Le reste de l’équipage nous démontre, pour sa part, son grand niveau de talent sur chaque mesure de cet opus de 50 minutes. Leur virtuosité ne s’exprime pas par un flot incessant de notes à la minute mais plutôt par un choix judicieux de notes bien placées et par une rythmique implacable. On retrouve ici et là les éléments du Doom qui ont fait leur réputation mais également du Sludge, du Prog et même du Power Metal.

Les transitions entre les escales sont marquées par quelques claviers que l’on retrouve aussi en toile de fond mais de façon subtile, la machine laissant ainsi leur place aux autres instruments de bord.

« Delusions of Grandeur » est donc le véhicule idéal pour une fuite exploratoire, autant pour l’amateur de son lourd que pour celui qui voudrait s’échapper, l’espace d’un moment, de la morosité terrestre.

8.5/10

Jon B };)~>