Locktender
« Kafka »
Aujourd’hui je vais vous entretenir d’un band et d’un album qui, à mon avis, mériterait votre attention. Il s’agît d’un groupe qui fait dans le post-hardcore en ajoutant un petit côté post-rock. Donc, si vous êtes un amateur de Downfall of Gaia, Light Bearer, Rosetta et à la limite Vestiges, Locktender et son très intense album Kafka vous plaira sans aucun doute.
Après un petit hiatus de deux ans pour diverses raisons personnelles, ce quatuor de Cleveland, OH, d’abord connu sous le nom de Men as trees, s’est reformé sous le nom de Locktender et sortiront leur premier LP le 25 juillet prochain. Pour être honnête avec vous, on ne trouve vraiment rien de nouveau sous le soleil ici. Par contre, c’est extrêmement bien fait et d’une très bonne qualité. C’est très prenant et, comme à l’accoutumé avec ce genre musical, nous avons droit à de larges et lourds riffs qui s’installent tranquillement et qui finissent par exploser avec une énorme intensité. La voix est gutturale et est constamment screamée avec les tripes. Les arrangements sont subtils et apportent un côté un peu plus mélancolique et posé qu’enragé et destructeur ce qui, encore une fois à mon humble avis, est préférable avec ce genre de composition. Nous avons aussi droit à de superbes harmonies vocales clean qui ne gâchent en rien la sauce en devenant justement trop cheesy et pleurnicharde. Elles se juxtaposent plutôt parfaitement avec le coté harsh et apportent avec elles une émotion bien placée jamais trop dosée. En fait, la partie vocale entière est une très belle réussite en soi.
Aussi, à certains (et à mon goût personnel) un peu trop rares et courts moments, la batterie abandonne son tempo lent et nous envoie à la figure un peu plus de rapidité. Ces transitions sont franchement bien exécutées et arrivent sans vraiment qu’on s’y en attende. Sans aussi être là par simple besoin inutile de l’être (pour combler un trou dans la forme de la structure par exemple), elles donnent un peu de vigueur et de tonus à une mouture qui, comme je viens de mentionner, pourrait peut-être utiliser davantage de vitesse. Le tout reste tout de même très solide dans son ensemble.
Hormis ce léger détail qui n’agace pas plus qu’il ne le faut même si j’ai pris la peine de le mentionner, un des aspects hypers intéressants de Kafka est son concept comme tel. En effet, Kafka est un de ces albums avec une idée derrière la tête et je trouve que la sienne est bien intéressante.
Chacun des 5 titres qui le compose se nomme tout simplement Aphorism avec un numéro qui le suit. Dans ce cas ci, il s’agit des Aphorismes numéro 17, 16, 87, 83 et 103 dans l’ordre qu’ils nous sont présentés sur l’album. À prime abord, on ne peut absolument rien y comprendre. Cependant, lorsque qu’on s’interroge sur ceci en tenant compte du nom de l’album soit Kafka, on est automatiquement obligé de se retourner sur l’écrivain Allemand du siècle dernier, Franz Kafka et c’est là que tout s’éclaircit. Auteur des célèbres romans Le procès (1925), Le château (1926) et de la nouvelle, La métamorphose (1915), pour ne nommer que ceux là, il est aussi responsable d’une petite plaquette contenant quelques centaines d’aphorismes publiée à titre posthume en 1931. Avec ceci en tête, on comprend alors que chaque pièces qui compose Kakfa se rapporte en fait à l’aphorisme de la plaquette qui correspond à son numéro. Bien qu’elle constitue un tout homogène, individuellement, chaque pièces est une interprétation et une extrapolation sur l’aphorisme auquel il se rapporte. Une idée bien ingénieuse pour donner le ton à un album concept sans se restreindre inutilement dans une écriture statique confinée dans un credo rigide qui ne peut s’éloigner d’une zone bien définie.
Malheureusement, je n’ai pas en ma possession cette fameuse plaquette de Franz Kafka à la maison et je suis beaucoup trop paresseux pour aller fouiller à la bibliothèque pour mettre la main sur cette dernière. Je ne peux donc pas vraiment discuter avec vous des textes comme tels et encore moins quelle est la nature des aphorismes dont il est question et, de ce fait, je me tairai donc à ce sujet. Par contre, si l’album vous plaît, je crois que cela pourrait être un exercice fort intéressant pour apprécier toute la profondeur de celui-ci.
Voilà donc ce qui conclu cette mini revue de l’album Kafka de Locktender. Si vous êtes curieux, je vous invite à aller surfer sur leur Bandcamp puisque la totalité de l’album est disponible en streaming. Vous trouverez aussi le lien pour un téléchargement gratuit ainsi que plusieurs autres pour acheter une copie physique de ce petit bijou, entre autre , via Désordre ordonné de Montréal. Cependant, si tout comme moi vous pratiquez la procrastination, voici les différents liens pour votre plaisir.
Enjoy,
Cheers.
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