Absvrdist
« illusory »
2012
C’est rare que j’ai en ma présence un premier album de band comme « Illusory » du band américain Absvrdist (San Antonio, TX). On parle ici d’un grindcore bien ouvert à des influences Black et Death métal, mais ce qui impressionne dans leur recette est le dosage de ces deux styles, sans jamais oublier que leur enveloppe demeure grindée. Il faut savoir que l’album a été enregistré par deux musiciens anciennement de Erzebeth: Marlon Friday (guitare, basse, vocals) et Lyle Cooper (drums, vocals). Le band est maintenant complété par Christian Bruflodt à la basse et Nick Browntown qui a pris en charge l’attaque vocale.
L’effort est paru en juillet 2012 et j’ai eu la chance de le découvrir au début 2013, sans jamais me tanner du coup de masse que je reçois à chaque fois que « Repulvise » part les hostilités. À cet endroit, comme dans le reste de l’album, la batterie est savamment utilisée et d’une tonalité sauvage, mais claire, que j’adore. Des blastbeats violents aux tonalités tribales qui agrémentent certaines des tracks, le flot de l’album n’en est qu’amélioré.
Ce rythme est justement ce qui aide l’album à ne jamais perdre son souffle, comme en témoigne « Amongst Humans », une pièce (la 7e) qui se développe de façon spectaculaire avec l’aide d’un riff black, d’un roulement de snare et de samplings qui agrémentent les 50 secondes que prend la track à culminer en un passage groovy et délicieux, suivi d’un solo de BASSE (il n’y en a tellement pas assez dans la musique en général…) et ensuite d’une agression grind. Elle retombe ensuite dans un beat planant pour laisser place à la pièce titre, qui est d’ailleurs la deuxième plus longue à 2:20. Fait à noter; n’importe quel band qui me sort un bout de monologue du seul et unique stand up comic/genius free thinker George Carlin se mérite une mention honorable dans mon livre. Just saying.
Au chant, Marlon et Lyle ont une dynamique qui est impeccable et extrêmement agressive, avec un de ceux-ci qui me fait penser à « Alle » de Raised Fist par son intensité, tandis que le growl vient mettre un punch final à ses élans. C’est là que je voulais en venir: les punchs. La batterie est abusée positivement sur cet album et l’usage d’accents punchés bien placés aide terriblement à garder l’auditeur sur ses gardes. Les contretemps et les changements drastiques dans la structure des chansons sont des outils que le band utilise extrêmement bien.
C’est toujours quand tu crois avoir cerné quelque chose que celle-ci te pitch une curve pour te rappeler que t’es pas si smath que ça. C’est la leçon qu’on a avec « Abstract Absurdities », la track qui termine l’aventure de moins de 30 minutes et qui est aussi la plus longue (4:18). Une belle aventure qui commence avec la guitare et le drum qui se chicane pour l’attention, alors qu’on comprend très vite que ces deux veulent se marier pour créer un petit bijou tantôt grind, tantôt doom, soit exactement ce que je voulais pour m’en faire vouloir encore plus…
… et ré-appuyer sur Play pour une nouvelle écoute, juste question que je ré-essaye de trouver des foutus défauts.
Je me plais bien d’habitude à trouver des faiblesses à ce que j’entend, car tant de bands n’utilisent pas leur talent au maximum, mais dans ce cas-ci, autant au niveau de l’usage des samplings que dans leur incorporation de diverses influences métal pour donner un produit aussi défini, je ne peux que reconnaître que ce band américain est clairement sur la bonne voie pour laisser sa marque.
Résultat? It’s brutal/groovy madness that’s to-the-point, in your face, compact and very well-executed. Ces gars-là savent exactement ce qu’ils font, la preuve, ils lui ont donné un nom, « Illusory ».
9.5/10





