Organisé un festival demande du temps, de l’énergie mais à la base, ça prend une vision. Donc, quand XTrem Productions ont annoncé qu’ils organiseraient le 1er VikingFest de Montréal, c’est avec intérêt que j’attendais cette journée et surtout l’annonce de la programmation de la soirée. Étant fan de ce qui est Viking/Pagan/Folk, j’avais hâte de voir le line up et dès sa parution, je me suis dit « Y’a pas de surprise internationale mais cé un maudit beau line up. » 7 groupes en 1 soir – finalement, y’en a eu 8 parce que The Wild Hunt se sont rajoutés au line up – mais pas au poster – dont 2 groupes de Toronto. Dans l’ordre, il y avait Tribardi, The Wild Hunt, Dagaz, Ogmios, Vesperia, Crimson Shadows, Valfreya et Nordheim. En plus, 3 des 4 derniers groupes à jouer, Vesperia, Crimson Shadows et Nordheim, lançaient leur album.
Pour partir ça en grande, ils avaient également organisé un BBQ sur la terrasse des Katacombes inclut dans le prix du billet. On peut avoir une idée des préparatifs de ce BBQ drette-là sur la pochette du nouvel album de Nordheim.
Parallèlement, et toujours pour rendre ça encore plus malade, Rick the Beast avait décidé d’y célébrer l’anniversaire de sa blonde et naturellement toute sa gang s’est pointée. Quand je suis arrivé sur place, j’avais manqué non seulement le BBQ – ils ont passé 250 hot-dogs en 1h15 et c’est normal, la terrasse était ben pleine de monde – mais également le 1er groupe de la soirée. Mais j’ai pu me reprendre car les 3 bardes de Tribardi ont offert des performances acoustiques sur la terrasse pendant le changement des groupes sur la scène. Encore une maudite belle idée parce que leur musique se porte bien à ça. Ils avaient d’ailleurs participé au show de Mononc’ Serge Acoustique. Avec leur balade de ménestrel jouée à la mandoline, au violon, au bouzouki – Ambiorix m’a expliqué qu’un bouzouki c’est grec mais que le sien est celte suite à une histoire dans des temps lointains qui impliquait des musiciens, des voyages, des aventures et la transformation partielle d’un instrument traditionnel grec – et à la tambourine – qui est en fait un « bodhran » d’origine irlandaise aussi et frappée avec ce qui m’a semblé une phalange de bestiaux quelconque – ils ont bien entretenu l’atmosphère de kermesse appropriée. Ah oui, j’oubliais les flûtes. Ambiorix joue du « Tin Whistle », des petites flûtes à 6 trous qui sont également associées étroitement à la musique celtique. Valfreya en font d’ailleurs une belle utilisation alors que Ambiorix est maintenant invité à participer à leur spectacle.
Bon, donc j’arrivais en retard et après que Mat Paré m’eut fait comprendre que j’étais mêlé et qu’on en était déjà au 2ème groupe, j’ai enligné la terrasse après qu’il ait jasé un peu de mode vestimentaire (la mienne!!) pour aller souhaiter bonne fête à Chantal et saluer Rick et sa gang reconnaissable à leur logo de Black Label Society. On m’avait réservé un chapeau de fête d’anniversaire et pensez-vous que j’allais oublier ça. JAMAIS!! Merci beaucoup.
Où ils sont les chums dans ce temps-là? Mon chapeau est pas drette!
Après les salutations d’usage à tous que je connaissais et c’était cool de voir que vous étiez nombreux à vous être déplacés pour l’occasion – vous avez fait du 1er VikingFest, un succès, les Katacombes étaient remplies même pour les 1ers groupes de la soirée – j’enligne finalement la salle pour voir ce qui reste de la prestation de The Wild Hunt. La 1ère chose que j’ai vu est que je vais avoir le temps de me reprendre parce que ce n’est pas vieux ces musiciens-là. Pour le reste, j’ai vu un frontman qui tient bien sa place au sein d’un groupe de « melodic death metal » à saveur viking. Une bonne voix, une présence imposante et théâtrale complétée par un costume incomplet mais on pouvait s’imaginer quelque chose anyway – y’avait une grosse massue médiévale à ses côtés au sol mais j’ai pas compris le bout de soulier enveloppé de « tape » jaune!!? Fallait pas se fier sur les autres pour comprendre le look parce que eux, c’était straight pipe – un jeans, un t-shirt. Mettons qu’ils assuraient le côté « death » et The Bard se chargeait du côté viking. Et le côté « death » était bien assuré, côté musique. Des bons « beats » et « riffs » souvent envoyés de manière qu’on ne s’attend pas. J’imagine que le chandail d’Opeth que portait Mr Gojira, guitariste, y est pour quelque chose. Peu importe, j’ai aimé ce que j’ai vu. Un bassiste, Charles, qui bouge et donne un bon show, un drummeur, Colin, qui nous fait des petites passes de majorettes pendant qu’il nous tient le « beat » et une bonne utilisation du clavier de Phil pour créer la trame de fond lourde et légèrement oppressante de leur musique. Je vous invite d’ailleurs à aller télécharger leur EP éponyme en cliquant ce lien vers leur bandcamp.
Retour sur la terrasse après leur show pour rejaser avec tout le monde et profiter du set acousique de Tribardi en attendant l’arrivée de Dagaz. La rapidité du change up m’a un peu pris par surprise et quand je suis rentré, c’était la 2ème toune. Encore là, la même image. Un frontman, Thodrekr, qui assure le côté théâtral de la prestation avec son gros bouclier bleu arborant un blason – le même que sur ses manchons et qui stylise les crocs de la bête au centre de leur logo, le were-jaguar de la mythologie précolombienne – alors que les autres sont encore « straight pipe ». Faut dire qu’à l’origine le projet est celui de Thodrekr qui a commencé tout ça comme un projet solo en 2004 et qui n’est devenu un band qu’en 2010. L’imagerie peut rester la sienne. Les gars ont été recrutés pour amener la bête sur scène et il se charge d’y donner vie – Thodrekr a abandonné la basse pour se concentrer à cette incarnation justement. Leur prestation est cool et leur musique formée de diverses influences dont le stoner metal permet des petites passes « glam-style » des guitaristes. Ce côté stoner donne une musique aussi un peu plus groovy ce qui n’est pas négligeable parce que le groove, ça fait bouger le monde. Mais là, trompez-vous pas. On n’avait pas abandonné pour autant le viking metal. Y’avait même des passes plus black. Bref, un band qui sait chevaucher la frontière qui unit les musiques « pagan » avec de bonnes compositions qui marient les genres.
Dagaz ont laissé la place à Ogmios. Les membres du groupe déambulaient déjà dans la salle pendant la prestation qui les précédait, vêtus de leur costume et maquillage de scène. Ils ont quand même un beau petit look. Bon certains diront que ça fait Braveheart avec le bleu dans le visage mais allez demander à Ambiorix et il se fera un plaisir de vous expliquer que c’est plus que ça. Rappelez-vous son intérêt pour la culture celtique. Ah oui, je vous ramène Ambiorix parce que c’est lui le leader de la formation Ogmios. D’ailleurs, son guitariste chez Ogmios, Erik le Rouge, s’est joint aussi à Tribardi où il joue le godhran. J’ai aussi pu constater que leur violoniste, Eugénelle, s’était jointe au quatuor pour ce spectacle. Quelle belle surprise!! La 1ère fois que je la verrais depuis que Ambiorix m’en avait parlé et ce malgré les nombreuses fois où je les ai vu. Bon, ça a créé le petit problème qu’il manquait un peu de place sur le stage pour tout le monde et ça restreignait les mouvements de tous et surtout Eugénelle devait faire attention. Un archet, ça peut crever un oeil!!! Par contre, musicalement ça a donné exactement l’effet que j’escomptais. Ça fait longtemps que je pense que la musique de Ogmios est celle qui se rapproche le plus d’un « true Quebec folk pagan style ». Le côté folk pagan est bien là avec les « riffs » épiques et « power » mais en même temps leur façon d’apporter la touche celtique me fait penser aux rigodons. La présence du violon a renforcit cette image et j’en ai parlé avec Ambiorix après leur prestation. Vous vous demandez peut-être le lien entre la musique celtique et les rigodons qui swing la bacaisse dans le fond de la boîte à bois. La musique folklorique québécoise est un amalgame de musique franque, celtique, juive, arménienne et chinoise (le lien est plus faible et récent avec la Chine mais comme la musique folklorique en est une du peuple, l’immigration des ouvriers chinois au 19ème siècle a fini par l’influencer un peu!!). La musique des partys de « set callé » est donc associée à ces cultures. Les compositions en français et l’utilisation d’un parler joual pour présenter les pièces augmentent le côté coureur des bois qu’ils me donnent – ces hommes qui avaient renié religion et patrie pour embrasser le mode de vie « pagan » des populations « Natives ». Et leur style vestimentaire complète le tout car le mélange de fourrure, cuir et tout-nu qui forme leur costume est tout à fait dans le ton des illustrations de costumes d’Amérindiens et de coureurs des bois à l’époque du début de la colonisation de la Nouvelle-France. Et tout à coup, le bleu des maquillages pourrait prendre tout un nouveau sens en référence à la couleur qui identifie le Québec depuis sa création en tant que Nouvelle-France. Eugénelle, portait pour sa part le costume de la courtisane avec charme et élégance.
Maintenant que je vous ai expliqué tout ça, y’a une chose que je n’ai pas dit encore mais ça vous le savez, les rigodons sont parfaits pour faire lever un party. Surtout quand ils sont métalisés. On n’a qu’à penser à « Boisson d’avril » ou « Le P’tit Bonheur » de Groovy Aardvark, à Perestroïka de Grim Skunk et le summum … « La bite à tibi » de Raoul Duguay. Jamais de toute ma vie, je n’ai entendu ces pièces jouées en présence de jeunes et que le party n’a pas pogné en malade. Et c’est un peu ce que la musique de Ogmios commence à faire. Le mosh a d’ailleurs augmenté en volume et chose intéressante a diminué en violence. Et swingez donc votre compagnie au lieu d’y swinger un coude dans la face!
Après le « set » de party, les plats de résistance allaient maintenant défiler sur scène. Je ne veux diminuer en rien la valeur des 4 premiers groupes de la soirée qui m’avaient bien fait tripper jusque là mais les 3 bands suivants, Vesperia, Crimson Shadows et Valfreya avaient fait partie du « Wacken Canadian Metal Battle » et on avait dans ce lot les grands champions de la finale qui représenteront le Canada au Wacken Open Air 2013 soit Crimson Shadows qu’on félicite encore. Sans oublier que c’est Nordheim qui clôturait le tout. Je les avais déjà vu je ne me rappelle pas trop quand dans un passé pas si lointain et j’avais vraiment trippé et les échos de leurs autres spectacles disaient tous la même chose.
Vesperia donc lançait la 2ème moitié de la soirée, ou plutôt devrais-je dire la 3ème moitié avec le BBQ. Ils nous ont joué un folk/pagan aux ambiances épiques qui incorpore aussi beaucoup de passes douces et mélodiques. Malheureusement, je trouve que leurs compositions reposent beaucoup sur la « track » pré-enregistrée de clavier qui est omniprésente et souvent à l’avant-plan. Vous savez mon opinion des musiciens absents dans une performance « live »!! C’est sûr par contre que ça permet de mieux rendre les pièces de l’album. Et ça, je n’ai absolument rien à redire là-dessus. On sent que le groupe a fait beaucoup de shows dernièrement et les gars maîtrisent leur instrumentation. On a pu apprécier et bien voir les « riffs » avec les 3 gars alignés au devant de la scène tandis que les thrasheux thrashaient.
Les suivants étaient Crimson Shadows avec leur powerthrash épique qui allait ramener le mouvement sur scène. Les musiciens sont énergiques, se déplacent de gauche à droite, changent de place entre eux et s’avancent au devant de la scène pour envoyer leurs solos pendant que Jimi, leur chanteur se déplace d’un côté à l’autre de la scène pour embarquer le monde. Pis ça marche. Avant leur prestation, j’avais jasé avec eux à la table de « merch » et leur avais souligné que j’espérais bien entendre « Kingdom of Ale ». Ils m’ont dit que je verrais bien mais si je demandais ce n’était pas seulement pour l’entendre mais aussi pour être prêt à l’entendre. Pour ceux qui savent de quoi je parle, vous savez. Pour les autres, « Kingdom of Ale » est une chanson à boire. Donc, ça prend de la bière en main car à chaque fois qu’ils disent « Kingdom of Ale » dans la pièce, il faut prendre une gorgée de bière. L’art de faire caler une pinte de bière en 6 minutes!
Suivant sur la liste, Crook et sa bande de baroudeurs des grands chemins, Valfreya, qui, comme à chaque fois qu’ils foulent la scène, étaient dans une forme du tonnerre. Crook d’ailleurs étaient en feu et avait les joues qui brillaient d’un rouge vif. Et sa bande grossit car maintenant, ils sont accompagnés sur scène pour quelques pièces par le frère albinos de Shrek qui a débuté la prestation avec eux – quand même, c’est fou ce qui peux se passer dans la vie de ce groupe d’aventuriers – et aussi par Ambiorix – encore lui!? Ben oui … et en plus de tout ce que j’ai déjà mentionné, il participe aussi au groupe Korriban. Erik le Rouge aussi soit dit en passant -.
Pour accommoder tout ce beau monde et aussi le « pas beau » pendant qu’il était là, ils avaient décidé d’utiliser la configuration de scène avec le clavier de Shark sur le balcon au-dessus de la scène. J’aime beaucoup cette façon d’utiliser l’espace disponible car parfois la superficie restreinte de la scène des Katacombes nuit à l »expression des musiciens. Et dans ce cas-ci, ce serait quasiment un péché – les péchés n’existent pas dans le paganisme, je sais – que de ne pas donner l’espace nécessaire à Crook pour nous envoûter et nous transporter dans son univers.
Le déploiement des musiciens donne aussi une meilleure chance d’apprécier les riffs de chacun …
… et les grimaces de l’autre.
Et comme si tout ce qui se passe sur scène ne suffisait pas, Valfreya en rajoute une couche en fournissant des épées et des dagues à la foule lorsque vient le temps du « Wall of Death ». Voir les 2 moitiés du « pit » se foncer dessus, épée à la main, est vraiment « nice ». Et le combat ne cessera plus pour le restant de leur prestation. Une maudite belle façon encore de faire pogner le fun dans le « pit ». C’est vraiment fascinant comment tout le monde embarque et se bat en duel au lieu de se frapper n’importe comment.
La prestation de Valfreya a encore été à la hauteur sinon meilleur que leur standard habituel qui est déjà très élevé. Le côté théâtral et en même temps ludique de leur spectacle est vraiment fait pour entretenir la folie qui s’installe à chaque fois que je les vois sur scène. Et la folie c’est aussi une caractéristique de la tête d’affiche qui suivait. Je ne sais pas pourquoi mais juste de les voir sur scène, j’ai toujours trouvé que les gars de Nordheim dégagent une sensation de folie sauvage à peine contenue. Et ils étaient en feu comme toujours. Personnellement, je l’étais pas mal moins. Je commençais à ressentir les effets de toute cette soirée et je n’ai pas vraiment porté attention à ce qui se passait sur scène, préférant resté accoté au bar à regarder plutôt la bataille qui faisait rage dans le pit tout en appréciant leur musique. Et leur musique a entretenu la bataille d’épées pendant tout leur « set ». Normal. Leur musique qui mélange le black et le thrash dans un esprit « pagan » aux « riffs » épiques est parfaite pour se thrasher la yeule. Et bien que je n’ai que peu porté attention à leur prestation, je ne manquerais pas la chance de les revoir sur scène parce que les 2 fois où j’ai assisté à leur spectacle, le show était bon et l’atmosphère était trippante. En plus, je trouve qu’ils jouent de la bonne musique.
Le 1er VikingFest organisé par XTrem Productions a été un succès. J’en veux un 2ème. Les groupes qui ont défilé sur scène nous ont servi une variété de style permettant de rassasier musicalement un plus grand nombre de personnes tout en suivant la ligne folk/viking/pagan. C’était parfait. Et justement, il y en avait un plus grand nombre de personnes car la salle ainsi que la terrasse ont été bondées de monde toute la soirée et même si le spectacle s’est terminé tard, plusieurs étaient restées. Je peux vous dire qu’il s’en est bu de l’alcool dans cette virée qui a duré 9 heures pour certains en incluant le BBQ.
Et schwiing la bacaiche, « hips » dans l’ffffond dla bouête à bois … « hips » Hi Ha!!
Cheers!
Merci à Silver Wings Studio et Québec-Métal pour les photos utilisées dans le texte et surtout merci à XTrem Productions de m’accueillir si cordialement.
Lex






















