by Coeur Noir | Mai 31, 2013 | Critiques d'Albums

Deafknife
VI ER DØDE
2012
Je ne sais pas pour vous mais moi, jusqu’à très récemment, je n’étais pas très familier avec la scène métal de l’Europe de l’Est. Je crois que je pouvais carrément compter sur une seule main les groupes de l’ex U.R.S.S. qui avaient su capter mon attention. Honte à moi me direz vous peut-être. D’accord, je vous l’accorde. Mais bon, qu’est-ce que vous voulez, j’imagine qu’on ne peut être de toutes les guerres, après tout.
Or, définitivement résolu à corriger ma ligne de tirs, c’est avec tout le courage du monde et le le cœur empreint d’une volonté sans borne, qu’il n’y a pas si longtemps, je décidai de prendre les armes et de me botter les fesses pour essayer de dénicher quelques groupes intéressants appartenant à cette partie du monde. C’est donc armé de mon éternel NetBook et de quelques bières que je me lançai à l’assaut du World Wide Web à la recherche de ces soldats que j’avais laissés pour mort sur le champ d’honneur. Aussitôt dit, aussitôt fait, la première reconnaissance de ce secteur m’apparut difficile d’accès et mon axe d’avance s’avéra complètement nul. Mon plan d’attaque était à revoir.
En effet et bien malgré moi, les premiers résultats de ma recherche furent assez décevants. Je me suis immédiatement buté sur un terrain miné de plusieurs et inutiles formations néo-nazis qui adhéraient tous à l’idée de la suprématie de la race Aryenne et à l’asservissement du reste de l’humanité en esclavage. Bon, rien ne sert de mentir, je m’étais probablement fait fourguer de fausses informations et l’ennemi s’était bien joué de moi. On m’avait mené tout droit dans un guet-apens.
L’idée de tourner au ridicule cette ribambelle de joyeux lurons me traversa instantanément l’esprit mais je ne devais pas me laisser abattre par toute cette grandeur d’esprit. Non. Oh grand jamais, non! La mission était beaucoup trop importante pour être abandonnée à d’obscures groupuscules qui se réjouissent à l’idée que quelqu’un, quelque part, à réussi à conserver le pénis D’Adolf Hitler dans un bocal de formol pour un clonage ultérieur.
Je n’allais certainement pas me laisser décourager par autant d’hostilité. Après tout, il était hors de question que je laisse mon objectif être anéantit par ces pauvres cancres effrayés par eux-mêmes; cette poignée d’incultes petits humains ostracisés par l’impureté des races inférieures qui polluent de leur existence leur belle et grande nation.
Devais-je donc laisser ces nobles défenseurs de la civilisation et de cette soi disant «race blanche» me mettrent des bâtons dans les roues? Certainement pas! Ma foi en l’humanité était tout de même un tantinet plus élevée que le quotient intellectuel de ces fiers guerriers. Je me retranchai donc sur ma position, ajustai mes arcs de tirs et changeai mon sujet de recherche pour «Russian metal bands that are not a bunch of crazy retards who likes to fucks with others fucking fuckers»
À mon grand étonnement, ma contre offensive se révéla toujours aussi inefficace. Le moteur de recherche Blackle ne me donna pas les résultats escomptés et j’avouerai qu’à ce moment, j’eus une légère défaillance. J’eus vraiment envie de tout abandonner lorsque l’encyclopedia metallum, sortie de je ne sais où pour venir à mon secours, me ravitailla d’un espoir nouveau. Mes tergiversations bel et bien terminées, j’engageai donc violemment mes adversaires sur tous les flancs et leurs défenses finirent par céder. Une première brèche s’ouvrit et je me retrouvai, illico presto, derrière les lignes ennemies. Je m’infiltrai discrètement dans les quadrilatères les plus secrets de leur périmètre et mes efforts furent finalement récompenser. Je pus mettre la main sur le document tant convoité; une liste assez exhaustive qui semblait contenir certaines des plus crédibles formations de cette région. Mission accomplie. Aucune perte substantielle ne semblait apparente et les dommages collatéraux avaient été maintenus au minimum. Peu de chance qu’un syndrome post-traumatique ne revienne hanter mes cauchemars en évoquant les sinistres noms des escadrons de la mort qui ont passés si près de ruiner toute chance tangible de dénicher quoi que ce soit en ces contrées austères.
Ceci étant dit, mon repli fut coordonné à la perfection et une fois mon extraction jusqu’au Check point Charlie complété, je pus me reposer un peu et commencer à éplucher l’information récupérée avant de soumettre mon rapport à ma chaîne de commandement. Bien que je revins avec une cargaison assez surprenante de groupes à explorer, un en particulier semblait vouloir se démarquer du lot avec son très surprenant Blackened post-hardcore (ou post-hardcore bien noirci, c’est comme vous voulez) et je fais référence ici à la jeune mais prometteuse formation Deafknife (2011) et leur plus qu’extraordinaire album VI ER DØDE.
Paru via Opposing Music le 30 novembre dernier (2012), VI ER DØDE est un amalgame de nouvelles pièces et de plus anciennes ré-enregistrées ou remastérisées pour l’occasion. Cette combinaison de titres, tous aussi excellents les uns que les autres, forment ensemble un des meilleurs disques que j’ai eu la chance d’écouter depuis des mois.
C’est à la fois mélodique et brutal, énergique et posé et tout ça est transcrit à travers une haine et une grogne perceptible dès les premiers soubresauts de Kings Don’t Reign Forever, premier des neuf titres de l’album. Sans qu’il ne soit complètement désillusionné, ce disque baigne aussi dans une humeur plutôt négative et on ressent à plusieurs occasions le désespoir se balader sur les portés musicales concoctées par ce quatuor russe. Le vocal déchirant et parfois très aigu de Gleb, chanteur de la formation, vient mettre l’emphase sur ce sentiment d’étouffement. Normalement, je ne me plais pas trop avec ce genre de vocal mais j’ignore pourquoi, avec DeafKnive, il ne semble pas me déranger outre mesure. Il faut dire aussi que la gamme de notes atteintes par les capacités vocales de ce dernier est vaste et on les exploite de façon convaincante. On ne s’empâte jamais sur une seule et unique fréquence et c’est probablement pourquoi on ne s’inquiète pas plus qu’il ne le faut de ce ton qui pourrait finir par irriter le tympan.
De pièce en pièce, on passe de structures de chansons qui tirent leur influence autant dans le hardcore que dans les ramifications d’un black plus cru mais aussi plus élaboré. Toutefois, rien au niveau de la production ne vient rappeler l’étrange sentiment d’incompréhension qu’on peut ressentir lorsqu’on écoute un disque qui semble avoir été enregistré dans le fond d’une baignoire tellement le tout est d’une qualité douteuse.
Tout les instruments sont audibles et leur rôle, bien défini. On s’amuse même avec les effets d’écho et de délais pour créer une ambiance rêveuse à l’occasion, surtout vers les derniers titres du disque.
Tout ceci considéré, nous avons tout de même droit à une musique bien ancrée dans les racines du black métal mais d’une façon ou d’une autre, le résultat final en est tout de même assez éloigné. D’ailleurs, à ce que j’ai pu comprendre du traducteur Google (la plupart des textes sont en biélorusse si je ne me trompe pas), on s’éloigne aussi de cette scène de par les propos tenus dans les textes et on se rapproche ainsi beaucoup plus du mouvement hardcore. Le discours est, effectivement, plus près de cette scène du fait qu’il est beaucoup plus engagé socialement. Beaucoup plus politisé et radical.
Une autre chose qui ne me déplaît pas du tout avec ce groupe (et avec cette affirmation, me voilà bien obligé de dévoiler une facette plus «geek» de ma personnalité) est l’utilisation de termes en lien avec l’univers de la mythologie Lovecraftienne.
En effet, même si aucune d’entre elle ne fait partie de VI ER DØDE, on retrouve chez certaine de leurs plus anciennes pièces de leur premier EP Pantheon, sorti en 2011, l’emprunt de noms de personnages, de lieux et de renvoies qui appartiennent tous aux romans et nouvelles d’H.P. Lovecraft, mystérieux et prolifique auteur du siècle dernier. Moult références se retrouvent aussi à l’intérieur des textes eux-mêmes et servent de métaphores pour dénoncer plusieurs absurdités du monde moderne.
Cette tangente semble être mise un peu de côté sur le disque dont il est question ici, mais une récente prestation live d’une toute nouvelle pièce (Nyarlathotep) récemment publiée sur le Facebook du groupe laisse croire qu’il retourneront peut-être vers celle-ci pour le prochain album. Nous verrons bien.
Au final et en ce qui me concerne, VI ER DØDE est un petit chef d’œuvre d’album que je ne cesse d’écouter et de réécouter depuis que je l’ai découvert. Je crois aussi qu’avec le temps, il pourrait très bien devenir un album culte. À condition que DeafKnife reçoive la couverture médiatique qu’il mérite, bien entendu. Mais d’une façon ou d’une autre, DeafKnive reste une formation prometteuse sur laquelle je garderai une oreille attentive.
Pour le moment, il ne semble pas exister de version physique de l’album (ou du moins, je n’en ai pas trouvé) mais vous pouvez toujours vous retourner vers la version numérique disponible pour le montant qui vous plaira sur Bandcamp.
Voici les différents liens pour vous procurer leur matériel et allez voir de quoi il en retourne.
Cheers!
Bandcamp – Album
Bandcamp – Band
Bandcamp – Broken Limbs Recordings
by Coeur Noir | Mai 14, 2013 | Critiques d'Albums

Harakiri for the Sky
« Harakiri for the Sky »
2013
Bon, je vais probablement me faire crucifier sur l’autel des parjures ou encore me faire donner en offrande dans un rituel païen quelconque pour mes prochains propos mais oui, c’est bien vrai, j’ai adoré le EP d’Harakiri For The Sky sorti il y déjà quelques temps sur Art of Propaganda.
Oui, oui, vous avez bien lu. J’aime bien la nouvelle vague, dite de post-black métal, qui incorpore des éléments post-rock aux ténébreuses abysses des sonorités du black pour créer une atmosphère mélodique et mélancolique sans pareil. Donc, avant que vous ne commenciez à me traiter de tous les noms possibles et inimaginables ou que vous me psalmodiez vos injures et vos idéologies qui me rappelle celles du Vatican sur le pourquoi du comment le black métal devrait rester ancré dans le moyen âge, s’encrasser dans le statu quo, s’enraciner dans le passé pour protéger des valeurs qui semblent appartenir à l’époque de la glaciation quaternaire, je vous invite poliment à retourner vénérer vos divinités septentrionales et votre style de vie viking et de me ficher la paix avec toutes ces absurdités puisque je m’en balance comme du mur des lamentations.
Par contre, si vous êtes un amateur d’Austere, Amesoeurs, Grey Waters, Lantlos, Heretoir, Todtgelichter, Ellende et plus nouvellement, De Arma, je vous invite fortement à porter une attention particulière à la formation autrichienne nommée ci-haut car, à mon avis, elle en vaut vraiment le détour.
Soite, il n’est pas faux de dire que certains de ces groupes aux mélodies un peu plus accessibles attirent (malgré elles?) des fanatiques de musique de tout acabit. Que ce soit le punk rockeur en mal de révolution, le métalleux qui se noie dans l’écume de la commercialisation qui pervertie sa propre scène, l’amateur de hardcore ou même le plus forcené des guerriers nordiques qui se voit dans l’obligation d’abandonner le drakkar parce que sa propre culture se refuse elle-même l’exploration d’eaux moins dogmatiques, personne ne reste indifférent face à ce son émergeant qui semble définitivement en déranger plus d’un.
Derechef, il va sans dire que tout ce beau monde n’arrive pas seul. Ils apportent avec eux tout un bagage d’influences musicales et, du même coup, tout un nouveau flot d’idées, concepts et opinions qui ouvrent de nouveaux horizons, notamment en ce qui attrait au discours tenu dans les textes et au idéaux prônés qui, avouons le, n’ont absolument rien à voir avec les préceptes habituels du black métal et de ses hymnes à propos du sang de la vierge marie, de l’épée de Conan ou encore du plaisir de faire la conversation avec une roche vieille de plus de 10 000 ans dans la tranquillité d’une forêt mystique.
Toutefois, force est de constater que parfois on pousse probablement la note un peu trop loin et nous avons ainsi droit à des formations qui s’égarent un peu trop des sentiers battus – je pense, entre autre, à l’over rated formation Alcest et son très moyen dernier album, Les voyages de l’âme. Mais détrompez-vous, je n’ai absolument rien contre le fait de faire évoluer son groupe au-delà des pseudos balises en place. Non, rien à voir. Seulement, je crois qu’il faut tout de même se garder un certain degré de latitude à explorer pour ne pas tomber du côté obscur de la lumière…mais peu importe, continuons.
Généralement, l’attitude empruntée par les groupes de cette nouvelle vague se rapproche étrangement de celle des punks des années 80 avec leur côté DIY (Do It Yourself) et leur éthique pour un monde plus juste et plus propre. Certains d’entre eux vont même jusqu’à préconiser un style de vie plus engagé et plus vert, exempt de toute drogue et, par dessus le marché, végétalien. Ils insistent sur le respect de la nature qui nous entoure et sur l’importance de préserver nos fébriles écosystèmes de la main destructive de l’homme. Évidemment, tout cela gravite autour d’un fort sentiment athée. Des idées qui, vous conviendrez, détonne violemment avec l’habituel souhait de voir le monde brûler dans les flammes de l’enfer pour l’éternité ou encore de le voir disparaître sous le givre des neiges éternelles pour des siècles à venir.
La coupure est à ce point drastique qu’elle enflamme les passions sur les médias sociaux et crée de nombreux débats sur les forums de discussion du merveilleux monde de l’internet. Une récente anecdote en lien avec ceci m’a particulièrement fait rigoler et je ne peux m’empêcher de la partager avec vous. Vous me pardonnerez donc cette légère interruption mais je me dois de relater ce pathétique épisode.
Donc voilà, l’excellente formation allemande Thränenkind (qui a évolué vers ce style musical avec le temps) ayant décidé d’apporter un peu de nouveauté pour la sortie de leur prochain opus (album intitulé The Elk qui devrait sortir au courant de la prochaine année)ont publié, via leur mur Facebook, une image qui nous montrait à quoi pourrait bien ressembler un futur gilet et du même coup, nous donnait une bonne idée des valeurs véhiculées par la formation. Une publication qui, au départ, se voulait fort banale et routinière mais qui s’est vite transformée en un un débat endiablé sur l’orientation sexuelle des membres et sur le fait qu’il ne sont pas dignes de leur porte-étendard.
Voyez-vous, la banderole en question, sobre mais efficace, rappelait un peu celle du groupe punk activiste canadien Propagandhi du temps de leur très politisé album Less talk, More rock. En effet, tout en haut, on pouvait lire le nom du groupe en blanc sur fond noir et juste en dessous, un gros A dans un cercle nous laissait tout de suite deviner leur penchant pour l’athéisme purificateur. Autour de celui-ci, les slogans «green-minded, anti-fascist, drugfree et anarchistic» formaient un autre cercle. Mais la vrai perversion de ce logo, l’outrage ultime, l’odieux sacrilège commis par Thränenkind, était que tout en bas, on pouvait clairement lire en grosses lettres blanches: VEGAN STRAIGHT EDGE BLACK METAL. Voici le lien pour les intéressés.
En quelques minutes, des tonnes de commentaires haineux à leur égard commencèrent à pleuvoir comme le jour du déluge. Tous et chacun se permettant de donner son opinion et d’étaler ses théories sur le satanisme et blah blah blah. Un vrai cirque! Je vous ne vous dit pas.
J’imagine que le groupe suivit le débat avec recul, mais surtout avec un regard amusé puisqu’il ne fallut d’à peine quelques heures avant qu’une réplique de leur part ne soit publiée.
Devant autant de colère, de haine et d’inepties, Thränenkind décida donc de publier un commentaire indiquant qu’à l’avenir le groupe se dissocierait complètement du mouvement black métal et de tous ses belliqueux puristes et élitistes figés dans le passé. La formation laissait derrière elle la nature archaïque et rétrograde de ce mouvement en remplaçant tout simplement le terme black métal pour celui de post-hardcore sur leur bannière. Maintenant, on peut lire sur la page Facebook de la formation que Thränenkind pratique un post-crustcore agrémenté d’une touche de post-rock. Haha! Je ne sais pas vous, mais moi, ça me fait bien marrer!
Bien sur, ce ne sont pas tous ces groupes qui optent pour cette vision et qui la partagent mais on sent qu’un vecteur pousse dans cette direction et en ce qui me concerne, j’en suis plus que satisfait!
Bon, cette petite incartade terminée, revenons à nos moutons et au EP D’Harakiri For The Sky.
Comme je disais en introduction, j’adore tout simplement cet album (et grâce aux merveilles des convertisseurs de vidéo Youtube en mp3, ça doit faire plus ou moins un an et demi, sinon plus, qu’il tourne régulièrement sur mon Ipod) et je ne me lasse toujours pas de l’écouter.
Ce qui me plaît particulièrement est que la formation ne tombe jamais dans le cliché mélodramatique avec ses insertions Post-rock. On ne s’éternise pas pour rien et on circonscrit au minimum les moments planant. Choix judicieux qui donne exactement la bonne dose et vous garde en alerte pour la suite.
À dire vrai, la qualité des sections de ce type sont telles que je suis bien obligé d’avouer qu’elles sont parmi les meilleures que j’ai eu la chance d’entendre jusqu’à ce jour. Elles s’incorporent aisément et judicieusement au travers d’une musique meurtrie mais sans jamais s’enliser dans un vortex de douleur et de souffrance qui peut finir par dégoûter et nous donner l’envie de lancer le disque par la fenêtre. Cependant, et ce sans aucun doute, nous avons droit à une musique tourmentée. Mais à mon avis, elle se situe plutôt dans le cadre d’un black métal mélodique qui flirte avec le rock mélancolique plutôt qu’avec le black dépressif.
Certes, Harakiri For The Sky ne réinvente pas la roue. Mais avec ce premier effort, il réussi tout de même à la faire tourner foutrement bien. Les arrangements sont ingénieux, la voix est juste et les courts moments de clean vocal auxquels nous avons droit (02:19 AM, Psychosis) ne viennent en rien gâcher le ton mais polissent plutôt avantageusement le grain guttural de J.J., chanteur de la formation. Les positions restantes derrière chacun des instruments étant tous comblées par M.S., seul et unique compositeur du groupe, Harakiri For The Sky ne sont donc que deux pour accomplir la totalité des tâches mais réussissent sans contredit à créer une musique hyper immersive et dès les premiers instants de Lungs filled with water, première des 5 pièces du EP, on s’oublie et s’abandonne totalement dans l’ambiance.
Aussi étrange que cela puisse paraître, cette musique me détend et c’est plus souvent qu’autrement que ce disque m’accompagne dans les bras de Morphée ou encore qu’il vient combler le vide sonore d’une soirée illuminée de quelques lampes à l’huile et bougies. Un album parfait pour une trame de fond et structuré pour passer un moment plus tranquille avec soi-même, voire même, en bonne compagnie.
Je crois que finalement, il faudrait aussi souligner l’excellent travail au niveau des guitares qui nous bercent constamment de mélodies à la fois mielleuses et nostalgiques mais aussi plus dures et grinçantes. On joue constamment entre des riffs qui semble vouloir nous faire exploser les coutures du cœur et d’autres qui vous donnent tout simplement envie de démolir des villes entières. Une belle réussite si vous voulez mon avis.
Tout ceci considéré, je vous invite fortement à vous procurer le format DIGIPAK de ce EP juste ici car je ne crois pas que vous le regretterez et vos 11 Euros plus shipping auront été définitivement bien investis.
Pour ma part, j’attends toujours la version vinyle qui devrait sortir d’ici la fin de l’été (toujours via Art of Propagandha) et qui contiendra une pièce inédite.
Sur ce, bonne écoute.
Cheers!
by Coeur Noir | Avr 1, 2013 | Critiques d'Albums
Il n’y pas si longtemps, j’avais fait la critique du deuxième long jeu de la formation anglaise Momentum que vous pouvez trouver juste ici.
J’adore tout simplement ce groupe et en faisant un peu de ménage dans mes fichiers j’ai retrouvé un papier que j’avais écrit sur leur premier microsillon Whetting occam’s razor sorti en 2011. Après quelques secondes de réflexion, je me suis dit que je pourrais la proposer aux lecteurs du site étant donné que pour des raisons professionnelles hors de mon contrôle je serai dans l’incapacité d’écrire quoi que ce soit d’ici juillet.
Ceci étant dit, ce n’est probablement pas le meilleur texte que vous pourrez lire sur un blog, mais bon, le but c’est la musique, n’est-ce pas?
Cheers !

Momentum
« Whetting occam’s razor LP »
Aimez-vous ça pesant ? Aimez-vous ça intense ? Aimez-vous ça profond et intelligent ? Aimez-vous le punk hardcore mélodique ? Si oui, vous allez aimer le premier album de Momentum.
Directement du Royaume-Uni et issu de l’union de membres de Light Bearer, Fall of Efrafa, Plague mass et XZieglerX, c’est seulement un an à peine après leur formation que Momentum nous arrive avec son premier LP, Whetting occam’s razor.
Paru sur l’étiquette Halo of Flies en Décembre 2011, le premier Opus de Momentum est tout de suite venu me chercher dans les trippes. C’est rapide et agressif, franc et direct et la ligne directrice de l’album est dure et ne pardonne pas.
La production de ce petit bijou est lourde et complètement immergée dans la distorsion. Les mélodies de guitares sont omniprésentes, la tonalité de la basse est vaste et enveloppante et la batterie est toujours juste. Le vocal déchirant est sans aucun détour et sans aucun compromis. Mais détrompez-vous, nous n’avons pas affaire à un groupe qui ne fait que détruire ses instruments en les martelant violemment. Bien entendu, la musique est agressive mais la grande qualité de cet album reste son côté chevaleresque, comme si les membres de Momentum seraient en quête de savoir et d’une réconciliation avec nous-mêmes. C’est tout simplement épique.
D’après leur propre définition, ils s’inspirent de l’œuvre de Carl Sagan et de plusieurs éminents penseurs. On peut donc affirmer qu’ils sont une de ces formations avec un concept pré-établi et leur musique prend forme autour d’une prémisse bien définie, soit « l’incapacité à mettre en perspective notre place dans l’univers, de l’absurdité de toute la haine, la colère et la stupidité d’une race d’homo-sapiens sur une minuscule et insignifiante planète, mais également notre capacité à aller au-delà de ces idées simplistes et commencer à comprendre, apprécier et admirer humblement la grandeur de l’univers qui nous entoure » (traduction libre depuis la biographie de leur page FaceBook, février 2012).
A priori, ces idées peuvent sembler banales mais Momentum les extrapolent efficacement de par son côté très engagé politiquement et socialement. Ils préconisent d’ailleurs un style de vie végétarien en harmonie avec la nature qui nous entoure. On sent vraiment à travers leur musique un réel désir de faire de notre planète bleu un monde meilleur pour chacune des espèces qui y co-habitent. Les textes sont d’ailleurs livrés avec une émotion sans équivoque et emplis d’une sincérité sans borne. Rare sont les groupes qui m’apparaissent aussi convaincu de leurs propres idées et je n’ose à peine imaginer l’énergie qui doit se dégager d’une prestation en direct de nos quatre enragés.
Néanmoins, que l’on soit d’accord ou non avec leur propos, tout le monde saura apprécier Momentum puisqu’ils composent avec un son qui tire ses influences de nombreuse sources musicales. Que ce soit l’amateur de hardcore pur et dur, le disciple du métal et du trash, le junkie du Punk ou encore le plus puritain des intellos, tous et chacun pourront retrouver un petit quelque chose qui sera lui plaire et à la fin des 50 minutes de Whetting occam’s razor vous serez définitivement charmé. De plus, caché après les 15 titres inscrit à la table des matières de la pochette, nous avons droit a une reprise de NOFX livré à la façon de Momentum pour un total de 16 pistes incluant celle-ci.
Par contre, rien ne peut être parfait à ce point et faute est d’avouer que lorsque vous écouterez Whetting occam’s razor en vaquant à d’autres occupations vous aurez parfois l’impression d’entendre le même morceau plusieurs fois.
La batterie et le vocal semblent devenir redondant par instant, surtout vers la deuxième moitié de l’album. Comme s’ils avaient tout donné au début et qu’ils auraient perdu le ‘momentum’ en cours de chemin (à noter ici l’utilisation d’un très mauvais jeu de mots).
Le chanteur nous hurle toujours ses paroles avec passion et conviction, mais constamment dans la même gamme. Tout comme le batteur, qui ne manque absolument pas de talent mais qui livre une prestation timide et sans fioritures. Personnellement, j’aurais aimé un peu plus d’élaboration sur certains morceaux. La fin de l’album est beaucoup plus lente et viens remettre nos pulsations cardiaques à un rythme normal juste avant de nous laisser pour une prochaine fois.
En conclusion, le premier effort de Momentum reste un très bon album avec le potentiel pour devenir le premier témoignage d’un groupe qui pourrait s’imposer de plus en plus sur la scène underground et devenir une référence avec les années. Whetting occam’s razor ancre solidement ses attaches dans le sol et vous laissera sur votre faim; vous en redemanderez.
Si cette critique a su piqué votre curiosité et que vous êtes résolu à faire tourner Whetting occam’s razor dans votre Ipod ou sur votre table tournante, je vous conseille avant toute chose d’essayer d’écouter le septième morceau Lineage et de porter une attention toute particulière au texte qui nous est récité. À mon sens, From the stars Above (co-écrit par Greg Bennick et Alex CF, lu par Greg Bennick) représente l’essence même de ce qu’est Momentum et vous préparera à la remise en question existentielle auquel ils vous confronteront depuis la première à la dernière ligne.
by Coeur Noir | Mar 2, 2013 | Critiques d'Albums

Underling
« Crows »
2013
Il faut bien l’avouer, il n’y a pas si longtemps que ça, le black métal des USA (USBM) était regardé de haut et tourné au ridicule. Considéré avec mépris et dédain par des hordes de détracteurs récalcitrants (pour la plupart tous européens), ils ne leur suffisaient que de voir l’acronyme de nos voisins du sud dans la biographie du band pour aussitôt s’y en désintéresser avec antipathie et prétention.
Pour ma part, sans être en total désaccord avec eux, je me rangeais plutôt dans la catégorie de ceux qui préfère toujours donner une chance au coureur mais jusqu’à très récemment, force est de constater que plus souvent qu’autrement, peu de marathoniens réussissaient à franchir la ligne d’arrivée.
Or, avec le temps, la scène américaine a prit de la maturité en ne cessant d’évoluer et de se moderniser. Elle s’est concrétisée autour d’un petit noyau d’irréductibles et d’un ardent désir de s’affirmer à la face du monde – il ne suffit que de penser à une formation comme Deafheaven – et aujourd’hui, grâce à la persévérance de ces quelques acharnés, cette époque peut définitivement apparaître comme une histoire du passé. L’USBM se démarque et se fait remarquer de plus en plus.
Bien entendu et à ma très discutable opinion, aucun d’entre eux n’est encore parvenu à créer des particularités musicales uniques comme certains groupes de la scène hellénique ont pu le faire, mais on y arrive petit à petit et c’est bien comme ça.
Par contre, à ce jour, plusieurs formations arrivent tout de même à surprendre et à étonner; sans compter le fait qu’avec tous ces groupes qui, entre autre, émergent de la nouvelle vague dite de « cascadian black métal » (Fell Voices, Alda, Addaura, Ash Borer, Panopticon, etc.) qui innovent avec des tonalités et des idées qui contrastent énormément avec l’obsession de « l’élite black metal » pour le statu quo – et je ne fais pas seulement référence à la musique, mais aussi au concept idéologique – et hormis le fait qu’au-delà des Xasthur, Léviathan et Wolves in the throne room déjà bien établis et reconnus parmi les grands, plusieurs jeunes formations prometteuses semblent vouloir s’imposer avec leur prestance et leur son.
D’ailleurs, celle qui fera l’objet de cette critique ne fait pas moins honneur à ces derniers et semble nous arriver de nul part avec un excellent Démo/EP de trois titres qui impose sur toute la ligne. Je suis donc très enthousiaste à l’idée de vous faire découvrir (si ce n’est pas déjà fait évidemment) la formation de Los Angeles, Underling, et son mini album « Crows »
Mise à part la possibilité de le télécharger juste ici pour zéro dollar (à ma connaissance, il n’y a pas encore de version physique disponible pour le moment) et le fait qu’ils viennent de la chaude Californie, il n’existe pas vraiment d’informations à propos d’Underling sur le WEB. Je ne me bornerai donc qu’à vous entretenir à propos du EP comme tel.
La première pièce « Erosion » introduit de façon très convaincante la nature du groupe. Elle débute avec une ambiance rêveuse soutenue par des guitares grinchantes complètement submergées dans l’écho et le delay. Pour ma part, j’ai été captivé instantanément par cette atmosphère.
On surf aussitôt avec eux sur la vibe et on s’intéresse de facto à ce qui se produit dans les haut parleurs. Dès les premières mesures, on ressent aussi une forte inspiration post-punk et post-rock dans le black métal atmosphérique qui nous est proposé par Underling. Tout est amené en douceur et en subtilité et quand le vocal finit par vous cracher toute son amertume au visage, c’est la totale. Si vous n’êtes pas convaincu à ce moment, vous ne le serez probablement jamais.
Cependant, si vous vous attardez jusqu’à au moins 4 minutes 45 secondes, je crois que vous comprendrez comment il y a un énorme potentiel dans ce groupe. Le tempo monte ingénieusement et exactement au bon moment et vient donner une toute nouvelle dimension à une pièce qui aurait pu s’égarer dans la lassitude. Le seul hic, à mon avis, est qu’elle finit justement là où elle aurait dû exploser encore plus fort. Là où elle aurait dû nous amener encore plus loin dans son cheminement pour nous faire frémir et pour faire monter nos fréquences cardiaques en flèche, elle semble s’écraser et nous laisse sur notre faim. Reste que c’est quand même une foutue bonne pièce et que je ne peux tout simplement pas arrêter de l’écouter à répétition.
Le EP change un peu de ton avec le deuxième morceau et on se dirige lentement vers le gouffre amer d’un black un peu plus cru et brutal.
La pièce « Guided » démarre quand même dans une ambiance calme, mais évolue rapidement vers un « blast beat » virulent et tapageur pour finalement se restructurer autour d’une mouture un peu plus classique. Le côté post-rock/punk reste quand même bien présent, entre autre avec la ligne de basse, durant l’interlude médiane. Vraiment du beau boulot bien exécuté qui tombe efficacement en place pour une conclusion toute en violence.
Maintenant, si le ton passe de rêveur à enragé et de calme à orageuse avec le second titre, la vraie hargne, elle, commence définitivement avec le troisième et dernier morceau du EP soit, « Wandering ».
Après une courte introduction qui monte en crescendo, on nous plonge frénétiquement dans une tempête sonore qui se déchaîne presque durant la totalité des 6 minutes 37 secondes qu’elle dure. Parce que oui, tout juste avant de nous laisser pour la conclusion du EP, on nous ramène vers un tempo lent, puis moyen, pour malheureusement finir sur une fausse note.
On finit ça court, trop court. Court dans le sens de sec et dans le sens de « draite-là, draite de même ». Courte catastrophe, quoi !
Pour tout dire, la finale de ce titre est carrément « buttchée » et même si je dis finale je ne devrais pas parce qu’il n’y en a tout simplement pas. C’est comme si on avait manqué d’inspiration pour finir le tout et qu’on avait décidé de couper comme ça sans avertir et je déteste quand les choses finissent comme ça.
by Coeur Noir | Fév 18, 2013 | Critiques d'Albums

Mare Cognitum
« Extraconscious Lucidity »
2012
« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie » se tourmentait déjà le philosophe et mathématicien Blaise Pascal en 1669 dans ses « Pensées ». Évidemment, depuis cette époque, les avancées technologiques du monde moderne, les multiples découvertes scientifiques et l’exploration spatiale ont su répondre à certaines interrogations de l’homme par rapport à l’univers qui l’entoure et grâce à celles-ci nous savons maintenant, par exemple, de quelles matières sont faites les étoiles et comment elles réussissent à émettre de la lumière pendant des milliards d’années sans jamais s’épuiser. Nous savons que la Terre n’est pas plate, mais plutôt de forme sphérique et qu’elle n’est, jusqu’à preuve du contraire, qu’une épave stellaire qui a su engendrer la vie bien malgré elle. Nous avons une bien meilleure idée de la mécanique quantique et de celle qui anime les astres autour de nous, une connaissance relativement approfondie de la «fabrication du réel» et de comment la vie a pu voir le jour et nous avons même l’audace d’aller jusqu’à prophétiser comment elle pourrait bien s’éteindre.
Nos accomplissements sont tels que nous avons réussi à marcher sur la lune, mis des centaines de satellites en orbite autour de notre planète, envoyé des dizaines de sondes aux confins de notre système solaire pour voir de quoi il en retournait et avons pris des quantités monstre d’images d’événements qui se produisent à des années lumières d’ici. Les voyages à la station orbitale internationale sont devenus si banals qu’ils n’attirent presque plus l’attention des médias. Bordel, nous avons même envoyé des robots sur Mars pour étudier sa composition géologique.
Malgré toutes ces innovations, toutes ces réussites, toutes les reconstitutions en laboratoire, les théories et les spéculations du monde scientifique, les vraies questions, elles, demeurent toujours. Aucune de ces réalisations, aussi géniales qu’elles puissent être, n’ont réussies à ce jour à nous donner, ne serait-ce qu’un seul indice tangible sur notre nature intrinsèque et sur le but de notre existence; l’angoissant ‘Pourquoi?’ persiste toujours et nous restons recroquevillé sur nous-mêmes, isolé sur notre cailloux dans notre coin de galaxie, effrayé de ce qui peut bien se trouver au-delà des limites de notre compréhension.
Vous vous demandez sûrement pourquoi je vous radote tout ça, n’est-ce pas ? Eh bien loin de moi l’idée de transformer cette critique en un épisode de « Cosmos » de Carl Sagan, mais je ne peux faire autrement que débuter par une introduction comme celle-ci puisque la formation dont il s’agit aujourd’hui s’inspire directement de ce genre de réflexion pour créer son œuvre et j’ai nommé, Mare Cognitum.
J’utilise le terme « formation », mais à dire vrai, Mare Cognitum est un « One man band » de Santa Ana, USA, qui nous offre, à mon humble avis, un black atmosphérique des plus solide et qui se situe au-dessus de tout ce qui circule sur le net dernièrement.
Pour ceux qui sont peut-être un peu moins familier avec le terme « one man band », j’expliquerai ce dernier en disant qu’il s’agit d’une pratique assez fréquente dans le black métal et les « groupes » de ce type ne sont en fait composé que d’un seul membre qui fait tout, tout, tout.
Depuis la production du démo, en passant par l’écriture des textes et l’élaboration des pièces pour terminer par l’enregistrement final, tout est joué, composé, enregistré, produit, distribué etc. que par une seule et unique personne. Une discipline qui, vous comprendrez, demande énormément d’organisation et surtout de talent et Mare Cognitum ne fait pas exception à cette règle.
Ceci étant dit, formé en 2010 par Jacob Buczarski, Mare Cognitum n’a pas chaumé depuis ce temps et à déjà deux LP à son actif. Le premier, « The Sea Which Has Become Known », est un bon album mais tire plus ses racines dans le black dépressif et je vous laisserai le plaisir de le découvrir par vous-même si le cœur vous en dit. Celui qui nous intéresse plutôt ici est le deuxième, « An Extraconscious Lucidity« , sorti l’année dernière, soit le 26 Juin 2012.
Mais tout d’abord le nom : Mare Cognitum. D’où vient t’il ? Que veux t’il dire ?
En fait, c’est simple. Mare Cognitum est l’appellation donnée à la « mer de la connaissance », un bassin lunaire baptisé en 1964 par la NASA après que l’engin spatial Ranger 7 s’y soit déposé.
Tous ceux qui osent encore lever les yeux vers la nuit pour s’émerveiller devant l’éclat de son ciel comprendront pourquoi ce nom est un choix judicieux. Parce qu’en plus d’être une expérience extrêmement intéressante au niveau du son, Mare cognitum est aussi un essai sur la (non)connaissance de l’homme et de sa place dans le grand dessein de l’univers. Le nom colle donc tout à fait au concept du « band » qui est respecté à chaque mesure et, au final, on nous propose une musique aux allures glaciales et désolantes, mais aussi au paysage allégorique et harmonieux.
L’album s’ouvre en effet sur différents échantillonnages et sonorités qui rappelle un vieux film de science-fiction et pose rapidement la ligne directrice de l’ambiance recherchée. C’est envoûtant et feutré et dès les premiers instants on a l’impression de se retrouver passager à bord d’une navette spatiale pour un voyage d’introspection tortueux avec Mare Cognitum aux commandes.
Après quelques planantes secondes, c’est la guitare qui démarre habilement le compte à rebours. Les moteurs s’échauffent au son de la batterie qui annonce une mise en orbite éminente et le décollage s’avère parfait lorsque le ‘blast beat’ s’installe. On traverse rapidement la mésosphère musicale pour atteindre l’altitude désirée et ainsi reprendre une rythmique plus stable. C’est à ce moment que le vocal déchiré nous accroche à notre sinistre trajectoire pour une cinquantaine de minutes d’angoisse dans le vide sidéral.
Pour tout dire, les habiletés de musicien de monsieur Buczarski sont si étonnantes qu’il en vient presque impossible de conclure quel est son instrument principal tellement tout est exécuté de main de maître. Il contrôle tous les aspects de sa création de façon hyper convaincante et livre une impressionnante prestation. Et je ne fais pas seulement référence à la musique mais aussi à la qualité de la production. Je ne suis pas un expert dans le domaine mais après plusieurs écoutes, je n’ai su relever aucune fausses notes ou défaut d’enregistrement. Tout est immensément droit sur ce disque.
Les six titres du LP ellipses tous autour d’une structure composée de long « riffs » mélodique, d’une succession de tempo rapide, moyen et lent ponctués d’interludes ambiantes, glaciales et dépressives très prenante qui aide à garder l’effet « grim » tout au long de l’album. Personnellement, j’adore.
Pour terminer tout ça, je résumerai simplement le tout comme une excellente célébration musicale à propos de l’absurdité de notre espèce et de ses pseudo conflits de race, religion etc. qui apparaissent bien vide de sens lorsqu’on réalise toute l’insignifiance de notre place dans l’univers. C’est un hymne à la prise de conscience du fait qu’en fin de compte, l’homme n’est rien et qu’il se doit, malgré tout, de donner un sens à sa vie dans tout ce foutoir.
Si vous désirez vous procurer la copie physique de ce disque vous pouvez le faire pour la modique somme de 10.00$, livraison incluse, à cette adresse ou vous pouvez aussi choisir d’encourager Mare Cognitum via leur Bandcamp en téléchargement le tout pour le montant qui conviendra le mieux à votre portefeuille.
Cheers !