Ocram
Praeludium (EP)
Le Black Metal a longtemps été dominé par les formations scandinaves, à quelques exceptions près, et ce n’est pas un secret. Cependant, depuis la glorieuse époque des années 1990, le mal et l’obscurité se sont répandus, ignorant les frontières et les différences culturelles. C’est ainsi qu’aujourd’hui, on peut retrouver des artistes de ce courant dans les lieux les plus improbables, comme sous le soleil de plomb de l’Andalousie en Espagne, où naquit le projet Black Metal éponyme du chanteur de la formation Blackened Death Metal Tsar Bomb et ancien bassiste-chanteur du défunt groupe de Black Metal mélodique Nox Invicta. Celui-ci nous livrait, le 30 mars de cette année, sa toute première offrande, un EP entièrement autoproduit de 7 pièces, qui plaira sans aucun doute aux amateurs de la seconde vague de Black Metal.
Dès la sinistre introduction éponyme de l’album et la première pièce intitulée « Rebirth », la qualité de la production se fait remarquer. Œuvre de l’unique membre d’OCRAM, celle-ci conserve l’aspect malsain et crasseux inhérent au Black Metal tout en étant superbement bien équilibrée. Tous les instruments sont audibles et nous permettent d’apprécier le talent de l’homme-orchestre qui est tout aussi habile avec sa guitare, sa basse, ses hurlements de possédé et sa programmation de percussions. Concernant ce dernier aspect, les percussions programmées sont particulièrement réussies, nous faisant presque oublier qu’il ne s’agit pas d’une vraie batterie.
En ce qui concerne le contenu musical, OCRAM demeure en terrain connu. En effet, « Rebirth », « My Last Prey », « My Death », « This is My Throne » et « Arrogant To The End » rappellent immédiatement Marduk et 1349 avec leur vélocité, leur blasbeats et leurs motifs cycliques aux mélodies infernales, mais contiennent aussi des passages au tempo traînant qui rappellent parfois le vieux Satyricon et les pièces plus lentes de Marduk. L’album s’achève d’ailleurs sur une reprise de l’éminent groupe suédois; l’ambiante « Opus Nocturne ». Si la qualité sonore et le talent musical sont au rendez-vous, l’originalité elle fait donc quelque peu défaut et l’auditeur expérimenté ne pourra s’empêcher de remarquer les influences évidentes de l’artiste, ce qui laisse une impression de déjà entendu qui en laissera certainement quelques-uns insatisfaits.
Cependant, entendons-nous bien, cela ne va quand même pas jusqu’au plagiat, c’est plutôt que les modes, mélodies, tonalités et les voix utilisées par OCRAM s’inscrivent clairement dans la tradition développée par les artistes susnommés. Cela dit, l’exécution est quant à elle impeccable et l’album plaira sans doute à ceux qui cherchent du bon Black Metal typique à se mettre sous la dent, sans trop se soucier de l’originalité.
En conclusion, le démon andalou connu sous le nom d’OCRAM nous a livré cette année une première offrande caractérisée par une production impeccable et un talent musical certain. Toutefois, cette première œuvre restera sans doute dans l’ombre des grands piliers historiques du Métal noir, car elle ne s’éloigne aucunement des sentiers que ceux-ci ont défrichés depuis les années 1990. En somme, cet album plaira certainement aux plus puristes des fanatiques du malin, alors qu’il laissera malheureusement les amateurs avides d’innovation plutôt froids. Découvrez cet album, sans la reprise de Marduk, en suivant ce lien.
7/10
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas





