«Assassinat»
(2014)
« Assassinat»
«Crépuscule»
«Pentagramme»
«Emphase de la nuit»
«Les Dix Séphiroth»
«Chevelure de Bérénice»
«Prophète du Passé»
«Hiver Noir»
«Dérivation»
Après une longue attente causée par les problèmes de santé du batteur Nicolas Gagné, puis par des problèmes techniques lors de sa postproduction, le premier album pleine longueur de Phosphorus est enfin disponible. En effet, le déjà célèbre quintette de Blackened Thrash Metal de Québec nous arrivait cet été avec un enthousiaste «Assassinat», une offrande composée de neuf pièces totalisant un peu moins de cinquante minutes de défonce musicale. C’est donc avec une certaine hâte que je pris possession de ladite galette pour l’insérer dans mon lecteur et en décortiquer le contenu. Après plus d’une vingtaine d’écoutes répétées, voici mes conclusions.
Tout d’abord, dès les premières secondes de la pièce titre, l’auditeur sera frappé par un assaut musical puissant, mariant les meilleurs éléments d’un Thrash Metal de la vieille école (rythmiques sautillantes presque joyeuses, jeu de basse «groovy» de Yvan Létourneau, motifs de guitares accrocheurs et solos rapides et mélodiques de Stanislav Stefanovski et Guillaume Lévesque) à de nombreux éléments plus sombres caractéristiques du Black Metal de la seconde vague (voix râpeuse hurlée dans un registre aigu, «blastbeats» et motifs en trémolo typiques) et à certains éléments de Death Metal avec des passages plus dissonants. Le groupe a aussi considérablement accéléré la vélocité de ses attaques comme pourront le constater les aficionados du groupe en comparant la nouvelle version de la pièce «Crépuscule» à celle de la démo du même nom de 2010. Soulignons à ce titre le travail du batteur susnommé de la formation qui nous présente une performance pour le moins digne de mention. L’auditeur sera aussi impressionné par la qualité de la réalisation de François C. Fortin alias Franky Blastbeat et du mastering de Chris Donaldson qui donnent à Phosphorus le meilleur son de leur carrière combinant à merveille qualité sonore et atmosphère sombre granuleuse.
Cependant, ce qui sera le plus à remarquer sur cet album sera la constance de la qualité des compositions de Phosphorus qui ne relâche jamais la pédale sur toute la durée de l’album avec des pièces toutes aussi pertinentes et accrocheuses les unes que les autres, ce qui laisse suggérer que le groupe a profité de sa longue pause involontaire pour peaufiner son produit final avec le plus grand soin. En résulte ainsi un album à forte valeur de réécoute qui saura maintenir l’intérêt des auditeurs dans la longue durée. Pour terminer mentionnons le côté lyrique de l’album, où PL Blanchet, le vocaliste du groupe, s’illustre non seulement avec ses paroles entièrement francophones aux thèmes mystérieux et occultes, mais aussi avec sa voix hurlée puissante et suffisamment variée introduisant parfois des aboiements plus clairs à une dominante d’agression Black Metal criarde.
En somme, Phosphorus frappe un très grand coup avec un premier album entier conçu avec un professionnalisme soigné, présentant un assortiment de compositions à la constance exemplaire, dépourvu de la moindre parcelle de remplissage et bénéficiant d’une production moderne de grande qualité où la performance de tous les membres du groupe est magnifiée au service de l’ensemble. Il s’agit donc très certainement d’un achat fortement suggéré pour tous les amateurs de Metal sombre québécois et d’une sortie extrêmement importante dans la carrière de Phosphorus. À consommer avec avidité!
9/10
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas





