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Agalloch

«The Serpent & The Sphere»

(2014)

Profound Lore Records

 

 

«Birth and Death of the Pillars of Creation»

«(Serpens Caput)»

«The Astral Dialogue»

«Dark Matter Gods»

«Celestial Effigy»

«Cor Serpentis (The Sphere)»

«Vales Beyond Dimension»

«Plateau of the Ages»

«(Serpens Cauda)»

 

Peu d’artistes métalliques peuvent se targuer d’avoir créé une musique aussi distinctive que John Haugm et son célèbre projet musical nommé Agalloch. En effet, mélangeant musique folklorique acoustique, postrock, Doom Metal, Death mélodique et Black Metal, ces derniers sont parvenus à se construire une niche unique et enviable dans les corridors souterrains du Métal. Quatre ans après le très bon, mais plus unidimensionnel que leurs autres opus, «Marrow of the Spirit (2010)», Agalloch nous revient avec un nouvel album pleine longueur piquant ma curiosité de fidèle admirateur dudit groupe. Est-ce que le groupe reviendra à son mélange musical unique qui a connu son apogée avec «The Mantle (2002) » et «Ashes Against The Grain (2006)» ou est-ce qu’il continuera l’exploration de son côté plus Black Metal atmosphérique comme sur son dernier album? Voici donc ma réponse après une trentaine d’écoutes : Agalloch nous sert son album le plus achevé depuis leur gloire du milieu des années 2000.

Tout d’abord, la troupe nous accueille avec «Birth and Death of the Pillars of Creation», une superbe pièce de plus de dix minutes aux saveurs doom, postrock et folk suscitant une atmosphère résolument et merveilleusement sombre. Aussitôt l’auditeur remarquera une production beaucoup plus léchée et beaucoup moins crue que sur «Marrow of the Spirit» et le retour à une musique symbiotique et multidimensionnelle. Le tout se poursuit avec un très bel interlude de guitare acoustique à la mélodie typiquement folk intitulé «(Serpens Caput) », œuvre de Nathanaël Larochette de Musk Ox, invité maniant la guitare acoustique de superbe façon sur tout l’opus. Le groupe se lance ensuite dans un trio de pièces cohérent composé de «The Astral Dialogue»,«Dark Matter Gods» et «Celestial Effigy» alliant vibrations résolument postrock sur de solides bases Death/Black mélodiques, comme en témoignent, par exemple, les voix râpeuses typiques de John Haugm, ainsi que des motifs de guitare en trémolo entrecoupés de motifs plus rock. Ce trio constitue sans doute le moment charnière de l’album en raison de son côté plus accessible, concis et accrocheur que le reste de l’album composé de pièces plus longues et atmosphériques. Un autre interlude acoustique de monsieur Larochette et le groupe présente ensuite peut-être la pièce la plus faible de l’album avec «Vales Beyond Dimension», une chanson bien construite et somme toute agréable qui présente cependant un certain caractère de déjà entendu tant elle récupère toutes les marques de commerce d’Agalloch et ne parvient pas aux mêmes sommets atmosphériques que le reste de l’album. La consécration arrive toutefois avec la magnifique épique instrumentale de plus de douze minutes «Plateau of the Ages» qui transporte réellement l’auditeur avec ses motifs de guitare composés avec un soin évident et ses mélodies sombres et glacées nous conviant dans d’obscures vallées forestières enneigées où se déroulent d’étranges rituels païens. D’ailleurs, la finale mélodique à saveur très rock indépendant de cette pièce provoque encore des frissons d’extase musicale dans ma colonne vertébrale au moment d’écrire ces lignes, alors que le groupe nous laisse sur une finale acoustique sombre et poignante avec «(Serpens Clauda)».

En conclusion, avec «The Serpent & The Sphere» Agalloch effectue un véritable retour en force avec un album qui renoue avec l’héritage mixte de l’acclamé «Ashes Against the Grain» tout en présentant une élaboration acoustique rappelant «The Mantle». Présentant ainsi à nouveau toutes les facettes de sa musique si particulière, Agalloch nous sert un album brillant qui transporte l’auditeur à travers une palette d’émotions impressionnante. Cet album constituera un véritable bijou pour les fervents admirateurs du groupe autant qu’un excellent point de départ pour les néophytes qui souhaiteraient découvrir toute la profondeur de la musique d’Agalloch. À consommer comme nourriture de l’âme avec une voracité égoïste, accompagnée de chandelles et de bon vin rouge!

Pièces favorites : «Birth and Death of the Pillars of Creation», «The Astral Dialogue»,«Dark Matter Gods», «Celestial Effigy» et «Plateau of the Ages».

 

9/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas