« Nihilism »
2014
Darkaeon de Montréal nous accueille dans son univers avec une couverture artistique qui représente bien le titre de son 1er album, « Nihilism« , cette doctrine qui invoque que l’existence humaine est dénuée de sens, de buts ou même de valeurs.
C’est la pièce-titre de l’album qui sert d’introduction pour leur attaque de sept pièces de Death metal mélodique et progressif et j’ai toujours été craintif par rapport aux introductions comme celle-ci pour la simple et bonne raison que les bands les utilisent un peu trop souvent sans même leur donner une raison d’être. On en est encore une fois témoin avec cette aventure de 2:35 qui ne mène nulle part. On peut entendre une porte qui s’ouvre pour laisser passage à un piano et un crescendo dramatique, mais qui mène ensuite vers un coït interrompu avec l’arrivée de « Beautiful Illusion« . Pourquoi un coït interrompu? Parce que j’aurais préféré que cette pièce soit dans le prolongement de l’intro et construise à partir de celle alors que plutôt nous sommes confrontés à une pièce qui débute tout doucement avec la guitare et le chanteur… une autre intro…
Une fois ce moment passé et maintenant refocusé sur « Beautiful Illusion« , on est tout de suite confronté à tous les éléments qui font de cet album une très belle réussite: mélodie, technique, structure intéressante et une voix qui se veut diversifiée. Plus que tout, je crois que le band a réussi à intégrer la voix parfaitement avec leur style de metal, soit en la laissant de côté par moment pour laisser «parler» la musique et l’introduire ensuite pour arriver à des moments encore plus forts et intenses. Hugo McSween est clairement un atout pour cette formation et le petit dernier arrivé dans le lot en plus de ça.
Un autre as est sans contredit Émile Sylvestre avec qui j’avais eu la chance de parler de l’album en entrevue. Sans bien sûr oublier le travail de Michael Ménard à la guitare rythmique, Émile y va d’envolée inspirée et inspirante, surtout quand on considère que le band en est à son premier album. À vrai dire, tout le monde dans le band se démarque musicalement et c’est difficile de trouver du négatif dans leur performance respective, les commentaires étant plus concentré sur les pièces en général étant donné le travail magistral de chaque membre avec son arme.
Pour toutes les subtilités et le travail retrouvés sur cet effort, dont des pièces telles que « Collapsing Skies » et « Beneath the Fading Sun« , j’aurais aimé entendre la troupe nous sortir une composition un peu plus directe et in your face, car ils ont tous les atouts (lire musiciens) pour le faire. Ceci dit, ce commentaire n’est pas totalement objectif car il est dicté par mes préférences, mais il y a aussi une ligne directrice à cet album qui aurait dû être brisée à mi-chemin pour surprendre l’auditeur et lui donner une perception différente avant d’enchaîner avec le reste de l’opus. Ceci dit, Darkaeon a le mérite de ne PAS tomber dans le piège que plusieurs bands plus techniques se tendent; leur talent sert à composer des chansons accrocheuses et intéressantes, pas à démontrer leur capacité à faire le plus de notes à la minute.
Glen Robinson (Voivod, Annihilator) a été retenu pour la production, le mixage et mastering, mais c’est encore plus impressionnant lorsqu’on pense que c’est ce réputé producteur qui a demandé au band de travailler avec eux en studio. Une bonne production est offerte sans toutefois être à tout casser. Ce qui est le plus satisfaisant est que tous les instruments respirent très bien dans le mix, ce qui est essentiel avec leur approche créative. Cette sortie québécoise devrait plaire à tous les fans de Nevermore et Dream Theater, quoique surtout pour le style qu’ils se sont forgés, car bien qu’on peut nommer des influences, c’est plus difficile de les comparer et c’est tout à leur honneur.
8.5/10
Dave





