Akrasia (EP)
(2013)
Indépendant
Liste des pièces
«Spitting Teeth»
«Ashen Scabland»
«Akratic Seminar »
«The Pseudoscientist»
Rae Amitay, connue comme percussionniste de Thrawsunblat et du défunt groupe ontarien Woods of Ypres, lançait en décembre dernier le premier EP de son projet dénommé Immortal Bird où elle tient le double rôle de batteuse studio et de vocaliste. Localisée à Chicago en Illinois, la formation pratique un Death Metal teinté d’influences progressives et Doom placées dans une atmosphère malveillante inspirée du Black Metal. Avec une telle description, considérant la généalogie musicale de la fondatrice du projet et étant toujours friand de nouvelles découvertes, je me précipitai avec avidité sur cette sortie afin de me concentrer pour vous sur les moins de vingt minutes de musique présentées sur « Akrasia« . En voici donc le résultat.
Tout d’abord, dès les premières secondes de l’opus, nous sommes accueillis par les motifs de guitares dissonants, bientôt suivis et accompagnés de la mitraillade de batterie sur une rythmique déjantée et changeante de la pièce « Spitting Teeth« . Aussitôt, le trio complété par John Picillo (basse) et Evan Anderson Berry (guitare) se signale par un son puissant, violent, sale, malsain et une approche sans compromis, tout en présentant un raffinement technique certain. En effet, bien que Immortal Bird opte pour une approche directe et sans détour, le groupe sait aussi intégrer des rythmiques originales et variées ainsi que des passages poussés qui ajoutent des couleurs à l’ensemble. Ainsi, après le coup de poing en plein visage de la première pièce, on passera d’un assaut tout aussi brutal, mais plus varié et technique avec un passage progressif plus posé au centre sur « Ashen Scabland« , à une pièce lente aux vibrations très Doom laissant ensuite place à un assaut central avec « Akratic Seminar » avant un retour à un Death Metal puissant et lourd, mais aux accents plus groovy sur « The Pseudoscientist« .
Immortal Bird présente donc des compositions très solides et suffisamment variées pour maintenir l’intérêt de l’auditeur éveillé et cela est complété à merveille par une production exemplaire de Kurt Ballou (mixage) et Brad Boatright (mastering) qui rend le tout encore plus intéressant. Effectivement, la production est moderne, superbement définie, résolument lourde tout en conservant le petit côté sale et méchant qui donne une aura bienvenue de méchanceté et de folie à l’ensemble, en évitant l’écueil de la propreté stérile. Avec un accent sur les basses et une qualité qui magnifie la performance individuelle des musiciens. On sera donc en mesure d’apprécier avec panache les superbes motifs de guitares saturés, la basse lourde et puissante et le jeu de batterie varié et technique de Immortal Bird. La voix hurlée aiguë et râpeuse à souhaits de Rae Amitay sera aussi un des aspects forts de ce EP, ajoutant au côté plus Black Metal de la musique du trio.
Seules deux petites faiblesses seront aussi malheureusement à relever. En premier lieu, sur une sortie aussi bien produite et exécutée que « Akrasia« , les quelques voix claires douteuses en qualité et étouffées dans le mix de « Akratic Seminar » détonnent un peu sans trop endommager le résultat final. Deuxièmement, la très courte durée de l’effort opposée à sa qualité excellente fera certainement que plusieurs amateurs souhaiteront en avoir beaucoup plus à se mettre sous la dent.
En conclusion, le tout premier effort de Immortal Bird présente un Death Metal original et varié en moins de vingt minutes de musique, ce qui est déjà un exploit en soi en cette ère très générique pour le courant musical en question. Avec une production impressionnante et des compositions superbes, le groupe aura tout pour ravir les amateurs à la recherche de nouveauté dans un genre saturé. Seule la courte durée de l’EP et des voix claires un peu moins réussies sur une des quatre pièces de l’effort seront à signaler au chapitre des points à améliorer sur cet EP fort intéressant. À écouter en boucle en hochant la tête frénétiquement!
8/10
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas





