« Empire »
2014
Par où commencer? Bien d’abord, comme je parlais dans mon entrevue avec Irish Moutarde hier au Corsaire, il ne faut pas juger un livre par sa couverture, mais il est clair qu’une expérience complète avec un artiste ou un band commence avec le premier coup d’oeil sur leur pochette de vinyle, CD, cassette ou même le cover que l’on aperçoit lorsque la page Bandcamp se dévoile sous nos yeux. Ceci dit, je vais débuter avec une pointe au artwork qui a été choisi par Karkaos pour promouvoir leur premier LP, « Empire », dans le monde entier. Avec tout le respect que je vous dois et surtout la critique qui suit de votre musique… what were you thinking? Je n’ai pas de problème avec le concept, mais sa réalisation laisse à désirer et mettons quelque chose au clair: je n’aurais pas fais mieux, j’ai de la misère à faire un cercle digne de ce nom! Cependant, la première impression est un contraste clair avec la musique qui se fait entendre pendant que l’on essaye d’apprécier ce qui se passe avec nos yeux. Bon, fallait que ça sorte. Faites-vous en pas, it only gets better from here.
N’en déplaise aux haters, on ne doit pas juger la musique avec le nombre de notes qui est joué à la seconde/minute, mais bien dans son ensemble et son habileté à créer un ensemble qui est mémorable, créatif et intéressant. Si un band le fait d’une façon technique, je leur lève mon chapeau. Si, comme Karkaos, vous mélangez la simplicité avec des arrangements plus complexes, vous m’avez définitivement conquis.
Plus d’une fois les poils sur ma nuque se sont dressés lors de mes nombreuses écoutes de leur excellent album et ce n’est pas peu dire, car je consomme une quantité complètement débile de musique dans une semaine et tout comme mes albums classiques de mon jeune temps, je prends un malin plaisir à écouter « Empire » même quand je ne dois pas le faire pour une raison un peu plus professionnelle comme écrire cette critique. On parle ici d’un métal mélodique et je mets l’emphase sur MÉLODIQUE, car l’union de Vince Harnois (guitare) et Véronica Rodriguez (vocal) est une mélodie en soit et la plupart des pièces un petit bijou que vous voudrez entendre encore et encore.
Si vous étiez un fan de leur premier EP, « In Burning Skies », vous allez adorer la progression du band avec les moments plus ‘noirs’ qui le sont encore plus et des mélodies vocales qui vont vous garder éveiller la nuit, mais le tout servi de manière épique et très mature.
Le tout commence avec une intro, ‘Ode To La Resistance’, et le thème se poursuit avec ‘Leap of Faith’ et son début qui fait penser à une armée qui avance et s’installe pour son attaque finale et c’est exactement ce qui arrive avec un cri de guerre de Veronica et toute sa cavalerie qui tire en même temps, juste avant d’entamer leurs attaques répétées sur l’auditeur, mais en gardant toujours le fil conducteur qui est de créer une musique qui est pesante, mais sans jamais tomber dans l’exagéré.
‘Depths of Madness’ a surement été écrite pour me rendre fou, car bien que nous l’avons lancé sur la Compilation Métal Carnage, je suis encore accroché à celle-ci même après tant d’écoutes, une composition extrêmement efficace qui résume bien l’album en entier.
‘The Condemned’ et ‘Echoes of Perpetuity’ nous rassure que le côté heavy et la rapidité de la formation est toujours en place et ne changera pas. Ça devient aussi au courant de l’album une petite faiblesse, car ‘Awaiting the Clock’s Last Turn’ et ‘Eden’ nous servent des mélodies un peu réchauffées quand on porte attention à celles développées au début de ce nouvel album. Cette dernière s’en sort avec son côté épique et sa mid-section extrêmement bien balancée et travaillée, mais le plus de huit minutes de durée est un peu trop par rapport au contenu. Six minutes et un peu moins de répétition aurait aussi fait l’affaire, mais les mordus ne seront pas déçus si ils en veulent encore et encore.
Il est important de souligner l’apport de Sébastien Bélanger-Lapierre, Normand Martel et Eddie Levitsky aux keyboards, drums et basse, respectivement. Les trois ne tombent pas dans l’excès, mais s’assurent de bien compléter les guitares et vocals avec brio, il n’a clairement pas d’égo dans ce lot et c’est tout un avantage. C’est la force de Karkaos, soit créer un ensemble extrêmement bien ficelé qui ne peut tout simplement pas vous laisser indifférent. Impossible.
Sous la supervision de Jef Fortin derrière la console, le band s’est assuré un mix qui frappe fort et qui est très bien balancé. Son travail avec la voix de Veronica tout au long de cet opus et aussi l’ajout de layers comme la chorale entendue sur ‘Leap of Faith’ est plus qu’impressionnant, car il a su faire progresser la chanteuse dans la bonne direction et c’est à ce niveau que le band frappe fort, car il sait prendre avantage d’un de leurs atouts et c’est tout à leur honneur…. USE IT! Les growls sont menaçants et les mélodies extrêmement efficaces, même quand elle doit atteindre des notes plus hautes pour s’assurer une bonne exécution, comme ‘The Condemned’ et ‘Echoes of Perpetuity’.
Un modus operandi s’installe plus l’album avance, mais qui a dit qu’on voulait avoir de quoi de différent? Ils jouent avec leurs forces et celles-ci sont nombreuses, ce qui empêche de tomber trop dans la répétition, mais comme mentionné plus haut, il y en a et on ne peut pas passer à côté. Allez les encourager lors de leur lancement le 7 mars 2014 au Petit Campus et aussi lors de la finale montréalaise du concours En Route Vers le Heavy Montréal, car ils ont gagné la première ronde le 1er février dernier!
8.5/10
Dave Rouleau






