Seulement quatre jours avant le 16 janvier 2014, mon Papi préféré (Lex) me confirme qu’on a l’opportunité d’aller couvrir le spectacle de Skinny Puppy. Je dois avouer que ma réaction a été très positive, jusqu’à ce qu’il me dise:

Tu vas couvrir le show, seule.

 

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Eh bien, je l’ai fait. Je suis allée au spectacle comme une grande fille, laissée à moi-même. J’étais très excitée par cette soirée pour plusieurs raisons: j’adore le groupe Skinny Puppy, j’étais seule et c’était la première fois que j’allais au Club Soda sur le Boulevard St-Laurent. Alors, un énorme merci à Evenko et Greenland Productions pour ce merveilleux laisser-passer.

Je mentirais, si je disais, que je n’étais aucunement stressée de couvrir un spectacle seule, sans point de repère, puisque je l’ai toujours fait avec Lex jusqu’à maintenant. Par contre, dès mon arrivée, tout s’est calmé. Les portiers étaient courtois et rigolos ainsi que la demoiselle qui donnait la passe média. J’étais fière de mon bracelet rouge qui affichait la mention « photo ». Je me suis aventurée dans la salle, un peu perdue. Je trouvais la pièce un peu vide. Je me suis immédiatement dirigée vers la scène, pour savoir où j’avais le droit de photographier. Il y avait là un jeune garçon qui surveillait le « pit » de photo. Il m’a gentiment expliqué les règles. J’étais super contente d’être à l’extérieur de la foule pour photographier. Je suis retournée voir mes accompagnateurs jusqu’au début du spectacle. Juste avant que le seul autre groupe de la soirée, Army of the Universe, entre sur scène, je me suis retrouvée à l’avant-scène, l’endroit pour les photographes. À ma grande surprise, nous étions deux filles.

Pour ceux qui ne les connaissent pas, Army of the Universe est un groupe de Milan en Italie qui existe depuis 2008. Leur musique a été décrite comme du NIN ou du Ministry des années 1990.

Le show s’apprête à commencer. On voit arriver Lord K., chanteur, avec un drapeau. La foule se rapproche de la scène et la musique s’enchaîne. Personnellement, je n’avais aucune idée qui était ce groupe et sérieusement, c’est à connaître. Il n’y avait aucun décor sauf le logo du groupe en background. Il y avait beaucoup d’intensité et de changement de lumière. À un moment donné durant le spectacle, on a perdu la voix du guitariste, Dave Tavecchia et de Lord K., mais rien de très catastrophique. Le problème a été rapidement réglé sans trop que ça paraisse. À la troisième chanson, le producteur/claviériste, Trebla (Albert Vorne), a sorti une guitare/synthétiseur avec un gant équipé de cinq laser vert. J’ai trouvé cela vraiment génial.

 

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Un mélange de Ministry, de Nine Inch Nails et de trance donne un amalgame très différent de ce que j’ai entendu dans ma vie. La légère touche techno favorise la danse et nous emporte dans une autre sorte d’industriel. On avait la chance d’entendre autre chose qu’une voix criarde ou scream. Le chanteur, Lord K. a une magnifique voix. Avec un peu d’humour, j’ai remarqué que le mot « Universe » revenait souvent dans toutes les chansons. C’est à ce moment que je me suis demandée quelles étaient leurs intentions. J’ai alors pensé qu’il voulait rassembler l’univers pour en faire une armée de fan.

 

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Après l’entracte, la salle est comble pour Skinny Puppy. Les retardataires sont arrivés pour la pièce de résistance délaissant pourtant une entrée plus qu’intéressante. On a maintenant de la difficulté à se déplacer dans la salle tellement c’est plein, en haut et en bas. Je remarque que même dans la zone réservée aux photographes, on est rendu six.

Des gens de tous âges sont réunis pour voir la légende de l’industriel de Vancouver. Les membres se font attendre un peu moins d’une demi-heure et enfin le spectacle commence. Enfin, c’est ce que je croyais. Un espèce de personnage totalement loufoque habillé en habit anti-nucléaire sort de la coulisse et fait un genre de rituel de purification sur la scène. Ensuite tout s’enchaîne. cEvin Key, rentre à son poste et Nivek Ogre suit. Il est vêtu d’une grande robe noir qui reflète la lumière. Il porte un masque macabre et tient dans sa main un parapluie qui affiche le logo danger de radiation nucléaire et une machete. J’étais en train de prendre des photos quand j’ai pris quelques secondes pour le regarder attentivement. Je ne suis pas très peureuse de nature, mais j’ai eu un petit malaise en le regardant dans les yeux. Très réussi le personnage. Digne d’une créature sortie d’un cauchemar. Les deux autres membres, cEvin Key et le drummeur, Justin Bennett, étaient habillés normalement, mais en retrait. Je crois que les caméras de surveillance installées sur scène permettaient de mieux les voir.

 

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Il y avait beaucoup d’éléments sur scène, ce qui naturellement m’a tout de suite fait comprendre la petite demi-heure de transition entre les groupes: animal étrange, cube qui se transformait en écran, projection de vidéo en arrière plan (à la fois kaléidoscopique ou liquéfiés), projection des images des caméras de surveillance qui présentaient en direct ce qui se passait sur scène, un coffre louche, un vase rempli d’un liquide « glow in the dark » et tout plein de trucs que le chanteur sortait aléatoirement de l’arrière du cube. Les images projetées sur le fond étaient un peu vagues. Il y avait des images de murs, déchets, personnages médiatiques, personnages politiques, etc. J’ai eu un peu de misère à suivre l’histoire derrière tous ses éléments. Est-ce que c’était un rituel contre le gouvernement? Contre la société actuelle? Je ne sais pas trop ce qui devait en ressortir, mais avec leur histoire avec le Pentagone, on se doute que le groupe n’est pas content que leur musique soit illégalement utilisée à des fins de torture. J’ai vu un lien entre les deux, surtout quand il a clairement mentionné son amour envers notre cher Harper. (sarcasme)

 

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Le deuxième costume, était une espèce d’homme des cavernes, toujours masqué. Tout au long du show, il nous a donné une performance très forte, autant pour les yeux que pour les oreilles. J’étais très surprise de voir autant de matériel sur une moyenne scène comme celle du Club Soda. Je n’ai pourtant pas trouvé que c’était ‘’TOO MUCH’’. Bien au contraire, même si je n’ai pas tout compris, j’ai trouvé que chaque élément avait sa place dans son histoire totalement burlesque. Il avait beaucoup d’interaction entre le chanteur, les objets et les « techniciens » déguisés en personnage post-apocalyptique qui déplaçaient les éléments du décor dont le cube écran.

Vers la fin du spectacle, le chanteur s’est fait enfermer dans la boite, j’ai cru la fin du spectacle arrivée. Quelques minutes plus tard, il est ressorti sans costume, ni artifice pour repartir le bal pour encore quatre chansons de leur classique du bon vieux temps. La foule s’est mise à se déchaîner et tout le monde dansait. Même les gens qui étaient sur leur cellulaire, ont rangé leur machine pour bouger sur les vieilles pièces de Skinny Puppy. Chaque bon spectacle finit bien, surtout pour un groupe comme Skinny Puppy qui nous ont offert Assimilate comme dernier rappel.

Ce fut une excellente soirée à revivre encore et encore. Elle va rester graver dans ma mémoire très longtemps. Merci encore!

Marie-Noëlle