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LachrymAnopsia

« Released »

2013

 

Liste des pièces
The further I search, the less I comprehend
A hypoplastic masterpiece
Cryptic identity
3km left
Nailed down, hammered on
Nature’s leprosy
Le naufragé

Il y a de ces albums qui tombent sur ma table de travail et qui, pour des raisons souvent plus obscures les unes que les autres s’y attardent, non par manque d’intérêt puisque j’ai écouté Released de LachrymAnopsia à de nombreuses reprises et l’apprécie de plus en plus. C’est plus parce que, à prime abord, rien de bien inspiré ne me vient à l’esprit pour rendre justice à cet album qui n’en est pas un facile d’approche.

Et d’ailleurs, j’en suis encore là. Le syndrome de la page blanche m’afflige et surtout le titre de la 1ère pièce de l’album me résonne en tête.

The further I search, the less I comprehend

C’est donc avec la ferme intention de transcender cet état que je me suis installé les écouteurs et envoyé l’album pour une Xème fois – j’aurais pu écrire une XXXème fois tellement mon nombre d’écoute devient indécent pour le nombre de lignes écrites. Enfin, que voulez-vous? Si je regarde vers le haut de la page, il me semble que les lignes commencent à s’accumuler. C’est peut-être bon signe… surtout si je finis par finir cette intro et vous parler de l’album!!

Pendant ce temps, les premières notes d’intro de la dite pièce, une mélodie au son clair à la guitare, joue sur du grichage de fond (ben oui c’est la trame de fond d’intro, un feed de statique d’une dizaine de secondes). Tout de suite, j’ai reconnu le son clair caractéristique des guitares utilisées dans le metalcore et le progmetal. Leur page facebook dit melodic death metal, je m’attendais donc à entrer, après cette intro, dans une passe de chug-a-chug si chère au death metal pour aboutir dans des breakdowns. Et bien non, ils m’ont envoyé leur 1ère surprise de l’album. Oui, ça l’a une tendance death mais juste pour dire parce que finalement c’est pas mal plus progressif ce qu’ils nous jouent.

Dès la fin de cette intro, dont le riff reviendra par intervalle pour faire le lien entre les divers segments de la pièce, on est introduit au vocal de William, un growl râpeux et rauque avec juste assez de crasse.  Le riff de guitare clair est ramené après une 40aine de secondes comme pour fermer la boucle de ce premier mouvement alors qu’on a droit au refrain agrémenté par le tintement clair d’un clavier. Cette structure sera répétée puis peu après la 2ème minute de la composition, on change l’approche et le mouvement suivant, le plus intense mais en même temps le plus court, sera propulsé par des blastbeats alors que, par opposition aux 2 mouvements précédents, il sera instrumental outre un hurlement à mi-parcours. Retour de la mélodie pour annoncer le dernier mouvement qui contient quelques riffs techniques à la guitare que je connaissais, je ne sais d’où mais je suis sûr que j’ai reconnu des trucs de musique classique. Le dernier pont qui nous ramènera le clavier et le refrain, mènera à l’outro dont le riff de guitare m’a suggéré une impression de fuite.

Comme vous pouvez le lire et c’est la raison de tout ce bla-bla technique, je voulais souligner que les pièces de LachrymAnopsia sont composées selon une trame progressive qui fait en sorte qu’elles évoluent, se libérant des carcans imposés par les structures répétitives trop souvent utilisées lorsqu’un groupe s’en tient aux formules génériques du death metal. Cette approche à la composition crée des pièces au cheminement imprévisible mais jamais incohérent sur la rythmique desquelles survolent les mélodies des guitares de Alex et Isaac subtilement accompagnées de la basse de Marc-Antoine; toutes ces diverses transitions pourraient en rebuter plus d’un mais non car elles sont très bien amenées par le jeu varié de Emeric à la batterie qui est parfaitement à sa place, allant jusqu’à nous placer de judicieux silence à certains moments cruciaux. Finalement, notons l’utilisation du français saupoudré dans certaines pièces pour quelques strophes, ce que pour ma part je les encouragerais à continuer car la façon dont William nous chante ses paroles est intéressante et bien audible à l’oreille ce qui permet d’apprécier une belle sensibilité d’écriture.

Maintenant, sans rentrer dans le détail, je vous fais un survol de mes impressions des autres pièces.

La 2ème pièce, A hypoplastic masterpiece, débute par un dialogue de guitares rapidement rejoint par le drum pour être entraîné dans ce qui est pour moi, la pièce la plus sombre et torturée de l’album au niveau du vocal; l’utilisation des 2 voix superposées apporte pour l’occasion un peu plus de screech au vocal rajoutant cette touche désespérée. C’est quand même drôle que ça reste celle qui contient tout de même les moments les plus ludiques avec cette passe comme jazzy au début et à la fin de la pièce alors que le milieu de la pièce est so dark. Soulignons que c’est pendant cette passe dark, accompagnée d’effets eerique au clavier qu’il y a une 1ère apparition du français dans les paroles d’un couplet.

La 3ème, Cryptic identity, débute encore une fois avec un intéressant dialogue de cordes pour se poursuivre avec des riffs plus death traditionnel sans toutefois laisser de côté ces transitions qui gardent mon attention. Elle restera pour moi, avec Nailed down, hammered on, les plus death de l’album. J’aime bien l’utilisation des choeurs à la fin de la pièce, qui amène cette présence solidaire typiquement hardcore nous rappelant que leur musique puise également dans le core.

La 4ème, 3km left, pièce instrumentale placée au centre de l’album, fait le pont vers la 2ème moitié de l’album mais se veut plus qu’un simple intermède.

La transition entre la beauté tranquille du piano qui termine 3km left, vers Nailed down, hammered on peut paraître assez brutale surtout que celle-ci commence dans un esprit beaucoup plus death. Encore une fois, l’utilisation du clavier pour installer une trame de fond eerique créer des petits moments intéressants dans leurs pièces qui rajoutent aux jeux des guitares.

L’avant-dernière pièce amène l’utilisation du vocal clean et aussi retour du choeur de chant hardcore pour encore une fois montrer cette solidarité « Because this is what we fucking are » mais ne vous méprenez pas, ce n’est rien de joyeux parce que « we are Nature’s leprosy« .

C’est sûr une rythmique militaire à la batterie que débute la dernière pièce de l’album, Le naufragé, avec une déclamation en français, une autre facette du vocal introduite de façon judicieuse le temps d’un couplet que je vous reproduis ci-bas pour que vous puissiez vous aussi en apprécier la teneur.

J’ai la liberté de choisir et l’aptitude d’agir,
La vision pour voir, les paroles pour faire valoir.
Mais, malgré tout pour me motiver…
Face à sa majesté, le temps,
Je suis impuissant et condamné.

La dernière pièce se termine sur un fade out ce qui me dérange habituellement mais comme il mène au grichage du début, ça clos la boucle et représente bien la fin des émissions compte tenu du fait que le protagoniste de la pochette de l’album s’est suicidé d’une décharge de télécommande à la têtv.

Au final, je dois dire LachrymAnopsia ont composé un album intéressant à plusieurs niveaux et qui devrait plaire aux amateurs de brutalité qui apprécient les envolées mélodiques. Pour vous donner le goût de vous le procurer, ils l’ont mis en écoute totale sur leur canal youtube et vous pouvez maintenant l’écouter ici-bas.

Lex

 

 

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