Pour une première escapade en 2014, suite à des vacances bien méritées, j’ai décidé de rester fidèle à mes habitudes et d’aller assister à un spectacle dont les quatre groupes m’étaient tout à fait inconnus. Breaking The Cycle, Decline of Faith, DARKAEON et The Poor Generation étaient en vedette au Café Chaos en ce vendredi soir, 17 janvier. D’abord et avant tout, j’ai décidé aussi cette année de me lancer dans une aventure particulière, celle du montage vidéo. Bon, j’en suis encore à mes premiers balbutiements et je n’ai tourné que quelques images qui accompagnent cette chronique, mais je suis décidé à m’y mettre davantage dans le futur, question d’agrémenter visuellement le récit de mes escapades. Enjoy!
L’estomac bien vide, c’est au restaurant Au Pied de Cochon que j’ai décidé de faire le plein. Rien de tel qu’une bonne poutine au foie gras pour se remplir la panse et être fin (faim) prêt pour apprécier une soirée musicale qui s’annonce fort agréable. Je ne peux m’empêcher de mentionner au passage que chemin faisant, vers le restaurant en question, j’ai aperçu un bol de toilette et un évier tout à fait impeccables entre deux véhicules stationnés en parallèles. J’ai presque eu envie de les utiliser. Bon, cela dit, j’arrive au resto et il reste quelques places dont une au bar qu’on m’accorde. Je lisais, en attendant ma commande, du Françoise Dolto. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, c’est une psychanalyste française pour enfant qui a définitivement le don de rendre accessible des notions compliquées. Je lisais ce livre encore une fois pour une raison surtout logistique, en ce sens que c’était un des seuls livres qui se logeait assez facilement dans la poche intérieure de mon manteau (Pour ceux qui auraient des suggestions de livre qui se logent facilement dans une poche pour alléger les lectures du Doc, vous êtes les bienvenus NDLR).
Une fois arrivé au Café Chaos, je constate que je suis un peu tôt et les bands commencent à arriver et dépaqueter leur matériel. Je crois entendre entre les branches qu’un musicien est à l’hôpital sans que je sache à quel groupe il appartient. La situation ne semble pas particulièrement inquiéter outre mesure les musiciens présents et je ne pose pas de question pour l’instant. Je me suis dit que j’allais attendre un peu et que j’allais prendre le temps de m’immerger dans un esprit réceptif à de la nouvelle musique pour mes oreilles. Je savais cependant minimalement à quoi m’attendre, compte tenu que j’avais écouté au moins un morceau de chaque groupe, mais sans plus.
À l’intérieur du Café Chaos, au premier étage, règne un calme relatif avec seulement quelques personnes qui jouent une partie de babyfoot. En arrière-plan, l’album Follow The Leader de Korn me rappelle mon adolescence et le bon vieux temps du nu-metal de la fin des années 90, début 2000. Fred Durst (vocaliste de Limp Bizkit) et Jonathan Davis (vocaliste de Korn) qui s’échangent des vers violents dans la chanson All in the family qui m’apparaît définitivement comme un must de cette tendance musicale qui amalgame le rap et la musique lourde. Dommage pour les plus jeunes d’entre nous qui n’ont pu connaître de l’intérieur cette « glorieuse » époque. Par ailleurs, j’étais loin de me douter que cet amalgame allait renaître aujourd’hui… J’y reviendrai en fin de chronique.
Les tests de son terminés, Breaking The Cycle entame leur performance. Je réalise immédiatement l’absence du batteur. Peut-être est-ce lui qui est à l’hosto? Je me dis que je le saurai bientôt. Prestation très bien effectuée somme toute, malgré cette absence. Étant un grand adepte de drums, je dois avouer qu’un sampling me laisse énormément sur ma faim. Il manque une énergie évidente dans ce genre de prestation. C’est dommage car les autres musiciens se débrouillent très bien avec leurs instruments, malgré leur timidité apparente sur scène. Le chanteur, qui arbore un t-shirt de Sylosis (groupe que j’ai connu grâce à Rock Band), et ses deux acolytes nous offrent des riffs et des solos dignes de la scène underground metal québécoise. Leur musique ressemble en effet à Sylosis dans la mesure où il y a quelques blastbeats entrecoupés de riffs plus lents et relax. Un heureux mélange qui réchauffe bien la soirée.
Suite à leur prestation, je m’enquiers auprès du bassiste de ce qui est advenu de leur drummer. J’ai perçu clairement la déception dans sa réponse… Nouveau drummer dans le groupe, du nom de Maheu (nom qui a été scandé plus ou moins joyeusement à de nombreuses reprises au cours de la soirée), qui était prêt et qui ne l’était pas à la fois. Apparemment, avant Noël et juste après, il avait tout appris les morceaux et était très tight. Le sampling l’était, en tous les cas. Toujours est-il que Maheu a écrit à ses comparses la journée même du spectacle pour leur dire qu’il avait des étourdissements et qu’il ne cessait de vomir, ce qui fait qu’il était donc à l’hôpital. Par conséquent, il ne pourrait remplir sa tâche de ce soir au grand dam du reste du groupe. Il semble, selon ses comparses du groupe, que ces symptômes aient l’apparence d’une psychosomatisation. En d’autres termes, il a « choké » parce qu’il était trop stressé. Reste à savoir si le groupe lui pardonnera et s’il pourra se reprendre et montrer ce dont il est capable live. En tout cas, ils en ont profité pour faire quelques jokes.
Pendant que je parlais aux membres du groupe, mon accompagnateur de ce soir est venu me flatter le dos en guise de salutation et il m’a offert du même coup une Boréale rousse. Que demander de mieux! De suite après, je m’empresse d’aller fumer une clope avant le début de la prestation de Decline of Faith.
De retour à l’intérieur, la performance commence et je constate illico que le niveau de technicité musicale vient de monter d’un cran. Le professionnalisme de Decline of Faith est beau à voir et la chanteuse à la tignasse rose nous en met plein la vue. Cela sans compter la performance extrêmement solide de chacun des autres musiciens sur scène. Aussi, la présence d’un drummer est cette fois palpable; ça fait toute une différence au niveau de l’impact visuel et sonore. Une performance qui m’a envoûté et qui a mis la barre assez haute pour les deux autres groupes à venir. La musique de Decline of Faith est franchement plus mélodique que celle du groupe précédent, ce qui m’enthousiasme au plus haut point.
Autre bière, autre clope. J’attends avec impatience la suite car dehors, j’ai cru déceler une certaine assurance, pour ne pas dire une pointe de condescendance, de la part d’un des membres de DARKAEON. J’appréhende donc leur performance avec un œil et une oreille de juge un peu plus sévère qu’à l’habitude.
Les voici en action et je ne suis pas déçu! Au niveau du chant, il y a clairement plus de versatilité que les deux groupes précédents. Le range du vocal est beaucoup plus vaste, alternant de cleans bien exécutés à des growls et des screams qui feraient l’envie de plusieurs. Leur présence sur scène est un peu inconstante mais cela est grandement compensé par le talent de chacun des musiciens. Inconstante en ce sens qu’on les sent parfois en pleine confiance et parfois hésitants devant un public qui semble à demi impliqué. Il faut dire que la salle est petite et que la foule n’est pas très nombreuse; tout de même, on sent que les gens apprécient ce qu’ils entendent et voient. Les compositions ont une structure très éclatée qui me fait penser à certains égards à Within The Ruins, mais à d’autres égards à complètement autre chose. Des petits passages tranquilles qui préparent la tempête qui s’amène pour former un tout complexe et très bien rendu. J’avoue que je suis plus que satisfait.
Lors de ce dernier entracte, je suis témoin d’une scène pour le moins cocasse. Mon comparse avait apporté son manteau et sa tuque au deuxième étage et pour une raison que nous ignorons, le préposé au coat-check a considéré bon de monter et de ramasser tous les manteaux qui traînaient parce que le vestiaire était « obligatoire ». Or, lorsque fut le temps d’aller chercher son manteau, la tuque manquait. Une tuque investie de sentiments couvrant une dizaine d’année ne laisse pas indifférent la personne concernée. J’ai eu droit à un flot émotionnel agressif considérable compte tenu du couvre-chef manquant. Le personnel du Café Chaos était mieux de retrouver cette tuque me dis-je, autrement ça allait mal se terminer. Heureusement, en toute fin de soirée, la tuque est réapparue comme par magie, à mon grand plaisir et à celui de mon complice spectateur.
Le clou de la soirée, The Poor Generation, s’est aussi avéré être le clou dans le cercueil pour Maheu, qui a eu droit à une chanson spécifiquement dédiée à son absence. Nul besoin d’ajouter que le sarcasme était plus que présent lors de cette présentation… Cela dit, les headliners de ce soir n’ont pas chômé et nous ont servi une prestation digne d’une fin de soirée bien brutale et bien grindée. Les rythmes très rapides s’enchaînaient les uns après les autres parsemés ici et là de quelques breakdowns bien placés. Ça rappelait du bon vieux death metal des années 80. C’était clairement moins technique que DARKAEON, mais c’était ô combien plaisant à entendre. Les musiciens avaient l’air d’avoir une complicité de quelques années derrière eux, ce qui a de toute évidence ajouté à leur performance.
Le public était tellement satisfait qu’il en a redemandé après la dernière pièce. Un peu pris au dépourvu (à moins que le tout ait été prévu), les membres de The Poor Generation nous ont servi quelque chose d’assez inattendu. Je vous disais plus tôt que l’époque de Korn et Limp Bizkit était glorieuse… Eh bien j’étais loin de m’attendre à ce que le rappel consiste effectivement en un échange de vers bien « rhymés. Eh oui, le flow de deux chanteurs (dont un invité) accompagnés à la basse et à la batterie sur un beat de rap tout ce qu’il y a de plus classique a servi de clôture à cette soirée dont je me rappellerai inévitablement. Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à un show de metal qui se termine sur un flow de rap. Très bonne exécution et je ne peux que saluer l’ouverture d’esprit qui caractérise des musiciens qui savent apprécier et rendre des styles musicaux qui apparaissent d’emblée aux antipodes.
En terminant, un gros merci à Hellstorm Productions qui a rendu cette soirée non seulement possible, mais plus important encore, agréable!
Dr Light
PS N’oubliez pas qu’il y a un petit vidéo de la soirée plus bas après les photos de The Poor Generation et parlant justement de ces photos, voici le lien pour voir toutes les photos de la soirée prises par Karolane


















