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Il n’est plus très courant d’assister à des spectacles métalliques complètement cohérents en matière de style. En effet, bien souvent de nos jours des mélanges de genres douteux sont présentés par les promoteurs qui sont désireux de rentabiliser leurs spectacles, ce qui est tout à fait légitime, mais cela a bien souvent un effet mitigé sur l’audience. Comprenons-nous bien, je suis quelqu’un de très ouvert musicalement, cependant je trouve qu’un spectacle a beaucoup plus d’impact lorsqu’il se tient à une ambiance homogène. Cela dit, pour que le spectacle ait l’impact voulu, il faut aussi qu’une certaine qualité y soit présente.

Dans cet ordre d’idée, la soirée du 22 novembre passé s’annonçait prometteuse, puisque Félix de Solaris Booking nous amenait Kaotik, un excellent groupe local de Death Metal de la vieille école, servi sur un plateau d’argent accompagné de formations représentant des déclinaisons du même genre musical : Undead Process, Feast of Flesh et les nouveaux venus de Atroce. Il n’en fallait pas plus pour que ma superbe tigresse et moi prenions le court chemin pédestre qui nous sépare de l’Autre-Zone pour aller assister au massacre projeté.

Arrivés sur les lieux peu avant 19 h, nous en profitâmes pour bénéficier d’une pinte de blonde à 3,50$ en compagnie du sympathique fanatique de Metal Sébastien DeBlois, tout en discutant de la future Messe des Morts III à Montréal. Vers 19h, les portes de la salle de spectacle située au deuxième étage s’ouvrirent et  nous y montâmes. Je bénéficiai de l’accès, gracieuseté de Solaris Booking, tout en saluant la gentille portière Dania Forget (merci beaucoup!). Quelques métalleux étaient déjà sur place et nous conversâmes un peu avant d’être rejoints par l’hyperactif Dave Rouleau et  vers 20h, Atroce entama sa prestation.

Atroce est un jeune groupe de Québec formé en 2012, qui ne fait pas dans la dentelle. En effet, le groupe joue des compositions qui se situent dans le registre du Death/Thrash de la vieille école présenté avec un contenu et une image satanique rappelant les origines du Black Metal. Le quatuor est composé de P-O au vocal, de D-A à la basse, de Alexis à la batterie et de Charles à la guitare, qui sont tous des visages connus dans les spectacles de Metal. À leur tout premier spectacle en carrière, le groupe fut très efficace malgré les problèmes de son qui allaient marquer la soirée. En effet, les musiciens peinaient à s’entendre sur la scène, ce qui amoindrit quelque peu leur présence scénique. Ainsi, bien que D-A et Charles aient eu le bon réflexe de s’avancer pour maintenir un bon contact avec les spectateurs, ceux-ci étaient fréquemment contraints de se retourner l’un vers l’autre pour rester à l’unisson. Cependant, cela ne nuit pas trop à leur performance musicale qui fut très bien menée dans l’ensemble. P-O fut quant à lui le clou du spectacle, livrant ses voix gutturales et hurlées avec un attirail de guerre tout en se roulant dans le sang et en plongeant ses mains dans les flammes de chandelles disposées aux extrémités de la scène. Le groupe nous offrit aussi une reprise de Entombed, Supposed to Rot, plutôt réussie bien qu’elle fut jouée avec une seule guitare. Avec des débuts aussi prometteurs, je vous encourage a aller consulter leur page Facebook.

Après une courte pause, Feast of Flesh étaient les prochains à prendre place sur scène. Composé de vétérans de la scène locale provenant de formations telles que Cervical Autopsy, Hanker et Fulgorth, le groupe trace lentement sa marque depuis 2011 sur la scène Death Metal de la ville de Québec avec une musique inspirée par des formations telles que Deicide, Jungle Rot et Cannibal Corpse. Le quintette est composé de Martin Bélanger (vocal), Jean François Gamache (guitare rythmique), Damien Langlois-Verret (guitare soliste), Rodrigue Savoie à la batterie et Denis Cossette à la basse. Sur scène, leur prestation fut elle aussi amoindrie par des problèmes de son que le technicien de son semblait incapable de régler. Non seulement, le groupe me confirma avoir été incapable de s’entendre sur scène, mais des retours de son agressants se manifestèrent tout au long de leur performance. Pour en rajouter une couche, le batteur du groupe éprouva des problèmes avec une batterie avec laquelle il n’était pas familier et un hi-hat qui décida de faire la grève. Malgré tous ces problèmes, le groupe réussit à tirer son épingle du jeu grâce au charisme contagieux de son chanteur, de ses guitaristes et de son bassiste qui donnèrent le meilleur d’eux-mêmes. D’ailleurs, je suis certain que les problèmes de son sont grandement responsables des difficultés que le groupe a subies, car je les avais déjà vus sur scène avoir un superbe impact dans de meilleures conditions. Feast of Flesh réussit donc à faire lever la foule moyenne présente dans l’adversité. C’est comme ça qu’on reconnaît les vrais! Suivez leurs activités ici!

Une autre petite pause et c’était maintenant à Undead Process de venir s’exécuter sur scène. Originaire de la Beauce et existant depuis 2009, ce groupe évolue présentement sous forme de trio au sein duquel se trouve Vincent Poulin à la guitare 7 cordes et au vocal, Rémy Morin à la basse et Benoît Fortier (Hérode, Difamation) à la batterie. Le groupe pratique un Death Metal de la vieille école non dépourvu de mélodies intéressantes. Sans cérémonial et sans s’annoncer, le groupe entama sa prestation de façon un peu froide et distante. Cependant, leur musique bien exécutée, malgré une erreur évidente au début de la seconde pièce du set qui peut être imputable aux sempiternels problèmes de son de la soirée, me surprit plutôt agréablement. Le groupe mentionna plusieurs fois au cours de la soirée être à la recherche d’un chanteur permanent et pour cause, cela améliorerait grandement leur présence scénique comme on a pu le voir dans la seconde partie de leur prestation, quand leur ami Benoît a pris place au chant. Ce n’est pas que Vincent n’a pas un vocal intéressant, mais l’exécution du vocal et de la guitare ne lui permet pas de bouger librement et de s’exprimer pleinement avec son instrument. En somme, le groupe peut capitaliser sur de très bonnes compositions, mais il gagnerait à compléter sa formation pour livrer une prestation encore plus convaincante. Le groupe travaille actuellement sur un premier album intitulé : When The Horde Has Arrived. Allez consulter leur page Facebook!

Un dernier entracte et on était prêt pour la prestation Kaotik. Formé en 2007, ce groupe est devenu un incontournable sur la scène locale grâce à son excellent Death Metal traditionnel rappelant grandement Entombed, Asphyx, Morgoth…etc. La formation a sorti un EP en 2009 et l’album Starving Death en 2011 produit par nul autre que Dan Swanö et comptant sur la participation de Luc Lemay de Gorguts au vocal. Les cinq disciples du chaos sont Pierre-Luc Simard au vocal, Samuel Paré à la guitare, Jeff Tremblay à la batterie, Alexis Goulet-Bouchard à la basse et Fred Tremblay (Outre-Tombe) à la guitare. Comme par enchantement, les problèmes de retour de son éprouvés par les deux groupes précédents disparurent à la minute où Kaotik entama son massacre. Je ne sais pas si le groupe s’entendait mieux sur scène, mais leur performance fut impeccable musicalement et le groupe semblait tout à fait à l’aise sur scène. Ne lésinant pas sur les mouvements et l’interaction avec la foule, leur présence scénique fut aussi excellente. Les spectateurs, tout de même assez nombreux, n’hésitèrent pas à déclencher les hostilités dans la foule et de la bière et du verre cassé jonchaient le sol comme il se doit dans un vrai massacre métallique. Sans vouloir rien enlever aux autres groupes de la soirée, Kaotik prouva sans équivoque qu’ils méritaient pleinement d’être en tête d’affiche avec une prestation qui fut indubitablement le meilleur moment de cette soirée. Si vous ne connaissez pas ce groupe dirigez-vous de ce côté.

En somme, malgré la cohérence de l’alignement entièrement consacré au Death Metal présenté en ce vendredi soir de novembre, le spectacle fut quelque peu en dent de scie principalement en raison des problèmes de son qui empêchèrent certains des groupes présents de performer à leur plein potentiel. Sans vouloir blâmer qui que ce soit, il va sans dire que les artistes mériteraient d’avoir de meilleures conditions pour se produire en ce qui concerne la qualité sonore dans la salle et le son de scène. Un groupe qui ne s’entend pas aura presque certainement des difficultés. Cela dit, le spectacle ne fut aucunement un désastre, tous les groupes réussirent à livrer la marchandise malgré tout et je passai une très belle soirée. Merci beaucoup à Solaris Booking pour les accès à l’équipe de Ondes Chocs!

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas