Ce Fan View, cette chronique où des fans nous offre leur résumé d’un show ou trip métal, nous est offert par un ami, Stéphane Lévesque, qui est impliqué dans mes deux passions: le baseball et la musique.  Il affectionne le progressif et les voix féminine pour sa musique et est marqueur officiel des Capitales de Québec depuis leur tout début.  Ça me fait vraiment plaisir de lui offrir une plateforme pour mettre en évidence son talent et sa passion.  Je te remercie beaucoup Stéphane pour cette excellente initiative et collaboration et j’espère bien revoir ta plume sur ce site dans un avenir rapproché. – Dave

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Atterrissage réussi! Après sept mois d’attente, ce voyage qui me paraissait si lointain est enfin arrivé. Le moment est donc venu de faire un peu de tourisme dans la capitale de la Belgique. En plus de cette semaine à Bruxelles, j’y ai ajouté une visite de Vienne. Cette dernière est une ville magnifique et le maniaque d’histoire en moi serait bien resté trois semaines de plus au royaume des Habsbourg. Par contre, vous n’avez pas cliqué ici pour lire mon compte-rendu sur l’aspect grandiose des appartements de l’impératrice Sissi, n’est-ce pas? La raison principale pour laquelle j’ai décidé de me lancer dans ce voyage? Le Metal Female Voices Fest (MFVF), qui se tenait du 18 au 20 octobre dernier. Ah, là je vous sens intéressés!

 

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Quand on pense à la gastronomie belge, les moules et les frites nous viennent en tête. Je confirme que je me suis régalé de ces spécialités locales, ainsi que du liquide fétiche de l’endroit : la bière. Le dégustateur que je suis s’est bien rincé la gorge avec toutes ces divines bouteilles disponibles un peu partout. Toutefois, malgré toutes ces réjouissances gustatives, c’est le MFVF qui s’est avéré le plus grand festin. Trois jours, 24 groupes, de très belles performances vocales et musicales et bien sûr des rencontres fantastiques avec des fans de partout dans le monde. Voici mon résumé de ce repas en trois épisodes…

 

Vendredi 18 octobre : l’entrée

Traditionnellement, cette soirée est considérée comme la soirée « d’échauffement » du festival. Au programme, deux groupes, ce qui permet de lancer en douceur les hostilités afin de se préparer à un long week-end. Dans l’autobus qui m’a mené au Oktoberhallen de Wieze, à environ 25 km de Bruxelles, l’ambiance était bien festive et les maniaques de musique sont tout aussi excités et nerveux que moi. Bien organisé, le festival mobilise des navettes en partance de Bruxelles et d’Alost, une ville située à environ 6 km au sud-ouest de Wieze. Pour quelques euros, la paix d’esprit est acquise et nous sommes assurés d’être à l’heure pendant tout le festival.

 

Liv Kristine

Le fait d’avoir choisi la voix de Leaves’ Eyes pour ouvrir le jeu peut paraître surprenant car lorsque l’on écoute le matériel solo de celle-ci (quatre albums), on constate assez rapidement qu’au niveau musical, c’est assez éloigné de ce que fait le groupe. Toutefois le tout a été livré de manière efficace et la jolie blonde aura su intéresser la foule par sa belle présence sur scène, enrobée par une voix douce et envoûtante pour livrer sa pop rock bien rehaussée de passages plus rock pour l’occasion. Les Skintight, Libertine, Fake a Smile et surtout Paris Paris (cette dernière jouée en entrée de jeu ayant tous les attributs d’un « hit »), ont conquis le public réuni. Belle surprise pour les amateurs, Liv est revenue plusieurs années en arrière pour interpréter quelques chansons de son ancien groupe Theatre of Tragedy.

 

 

Eve’s Apple

Je plaide coupable, j’ai menti un brin lorsque je vous ai mentionné que deux groupes seraient présents en ce vendredi soir. Eve’s Apple n’est pas vraiment un groupe. Il s’agit plutôt d’un collectif de chanteuses professionnelles, dont plusieurs font partie de groupes relativement connus du public présent. Au programme, un hommage aux grands classiques du rock. C’est deux par deux ou trois par trois que les dames se relayaient sur scène pour livrer ces classiques. Étant éloignées géographiquement, ce qui pouvait nuire à la préparation, les dames ont montré leur professionnalisme en « rockant » la foule avec un spectacle bien huilé. Une performance convaincante qui aurait plu aux membres de Rainbow, Iron Maiden, Led Zeppelin, Scorpions, Warrant, Guns N’ Roses et aux autres groupes honorés en cette soirée d’ouverture bien réussie. Bref, tout augurait bien pour le long week-end.

 

 

Samedi 19 octobre : le repas principal

Lorsque l’affiche finale du MFVF a été dévoilée, j’ai tout de suite constaté que pour moi, cette journée du samedi serait la pièce de résistance. Non seulement c’est la journée durant laquelle le plus grand nombre de groupes devaient s’exécuter (12, contre 10 le dimanche), mais c’est aussi celle qui selon mes goûts s’annonçait la plus intéressante. Début des spectacles à 10h30, et nous sommes en selle pour plus de 12 heures de musique. Ayant un dégoût prononcé pour les bains de foule, je m’affaire toutefois à passer outre cette réserve pour m’installer au deuxième rang juste devant la scène, la table étant donc mise pour une journée mémorable.

 

Magion

Gros défi pour les Néerlandais : activer une foule par grand matin. Bien motivé, le groupe nous avait promis « the greatest wake up call ever ». Bien menés par la superbe voix de Myrthe van Beest, les musiciens du groupe étaient visiblement bien réveillés, offrant une performance musicale des plus solides. Les moments complexes ne manquent pas dans la musique hautement symphonique de Magion et l’interprétation de pièces de leur tout nouvel album, A Different Shade of Darkness, a démontré qu’au niveau des compositions, le groupe avait fait un grand pas en avant. On peut donc dire que le défi a été relevé de belle façon car le « wake up call » fut en effet très convaincant.

 

 

Azylya

Changement de registre avec un passage au métal gothique de ce jeune groupe belge. D’entrée de jeu, je peux tout de suite vous affirmer quelque chose : Azylya a livré le spectacle le plus théâtral de tout le week-end. Nous avons eu droit au passage d’une jeune fille portant un ours en peluche (Ginger, le personnage principal de l’album Sweet Cerebral Destruction), à la performance de deux danseuses masquées et d’une belle démonstration de dextérité de la chanteuse Jamie-Lee Smit qui a chanté avec des chandeliers (allumés, bien sûr!) sur les mains. Tout cet artifice venait bien appuyer le propos musical plutôt sombre porté par l’album nommé ci-haut. Azylya était bien préparé et il est dommage que le groupe n’ait pas eu davantage de temps pour s’exécuter, ce qui lui aurait permis de jouer au complet son excellent album qui coule de source d’un bout à l’autre.

 

 

Victorians

Toujours parés de tenues victoriennes plus excentriques les unes que les autres, les membres de Victorians ne passent pas inaperçus! On se serait en effet cru à l’Halloween à l’avance avec ces Polonais qui offrent un métal symphonique qui m’avait charmé sur l’album Revival. En spectacle, je dois admettre avoir eu droit à une légère déception. En effet, la chanteuse Eydis n’était pas à 100% de ses capacités, étant essouflée après chaque chanson et n’étant pas capable de pousser sa voix à sa pleine mesure en raison de problèmes qu’elle éprouve actuellement avec sa glande thyroïde. Le groupe a quand même pris le pari de se produire et en raison des problèmes de la chanteuse et de la nervosité qui en a découlé, les musiciens n’ont pas été en mesure de démontrer tout leur savoir-faire. Dommage, car le propos musical du groupe est des plus intéressants et la présence sur scène des membres de Victorians se fait bien sentir. On ne peut donc que souhaiter revoir Victorians dans le futur, avec des effectifs en pleine santé!

 

 

 

Imperia

Parlant de présence sur scène, il est difficile de ne pas remarquer Helena Iren Michaelsen. Blonde plutôt plantureuse, elle sait attirer les regards mais, surtout, elle se démarque par une fougue sur scène qui laisse deviner une grande passion. C’est donc à une performance intense à laquelle nous avons eu droit, Michaelsen démontrant ses très belles capacités vocales et surtout le fait qu’elle pouvait chanter de façon très colorée, particulièrement sur The Calling, une pièce très fantaisiste. Avec dix années d’expérience sous la cravate, Imperia a su réussir sa première au MFVF autant au niveau vocal que musical car il serait injuste de ne parler que de la chanteuse : les musiciens qui l’accompagnent faisant preuve à plusieurs reprises de beaucoup de dextérité.

 

 

Serenity

Je ne vous mentirai pas, j’attendais ce moment avec impatience. En effet, je suis un grand fan de Serenity. Leur dernier album, War of Ages, est de loin mon disque favori de 2013, ce qui plaçait mes attentes très hautes en vue de leur spectacle. À mon grand plaisir, le groupe aura su me combler sur toute la ligne, livrant une performance impeccable. Étant surtout porté par les vocaux masculins, le groupe avait légèrement retravaillé certaines chansons pour le MFVF afin de placer en avant leur chanteuse Clémentine Delauney. Cette dernière a donc eu à interpréter des parties généralement réservées à Georg Neuhauser sur les albums, le tout avec un succès étonnant, particulièrement sur Coldness Kills, émouvant. La balade Fairytales, interprétée par l’attachant duo Delauney-Neuhauser s’est également affirmée comme un moment fort du spectacle. Belle surprise pour terminer la prestation, l’entrée en scène de Charlotte Wessels de Delain pour l’interprétation de Serenade of Flames (c’est elle qui chante sur la version studio de la chanson sur l’excellent album Death and Legacy). Définitivement, ce groupe a une « présence », ce petit quelque chose indéfinissable qui les place au-dessus de la mêlée et qui sait prendre l’auditeur droit aux tripes.

 

 

Chaostar

Curieuse parenthèse que la présence de ce groupe grec en milieu d’après-midi. Présentant une musique difficile à définir (néo-classique? métal atmosphérique?), le groupe est formé d’un batteur, d’un percussionniste, d’un violoniste, de deux claviéristes et d’un joueur d’instruments divers, dont plusieurs que je ne saurais identifier. En fait, le point n’est pas que la musique de Chaostar soit mauvaise car il est évident qu’on a affaire à une musique construite de manière brillante et complexe, le tout étant appuyé par la voix magnifique de Androniki Skoula. Ma réserve se situe sur le fait qu’on ne parle pas vraiment de métal ici, mais de musique ambiante, mystérieuse, évoquant des trames sonores de films sombres. Difficile donc d’émettre une opinion éclairée sur un groupe talentueux qui n’était juste pas au bon endroit.

 

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Kobra and the Lotus

La représentation de chez-nous au festival! Kobra and the Lotus est un groupe albertain qui ne fait pas dans la dentelle, c’est-à-dire qu’il ne s’embarrasse pas d’étiquette « mélodique », « black », « folk », ou autre. On a donc ici affaire à du gros heavy bien traditionnel, évoquant les bons côtés du métal des années 70 et 80. La chanteuse Britanny « Kobra » Paige brasse la cage pas à peu près sur scène et son style vocal n’est pas sans rappeler, de façon surprenante, Ronnie James Dio ou Bruce Dickinson. Ses musiciens, menés habituellement par l’as guitariste Charlie Parra del Riego mais qui n’a pu faire le voyage pour des questions de visa et qui fut remplacé par Alex Carelgard, l’appuient parfaitement dans cette démarche. Difficile de rester de glace devant ces hymnes que sont 50 Shades of Evil ou Forever One. Relativement méconnus par les fans européens, Kobra and the Lotus ont marqué des points avec une performance convaincante.

 

 

Asrai

Appelé à la rescousse à six jours d’avis en raison du désistement de Visions of Atlantis, le groupe néerlandais Asrai avait tout un défi devant lui, celui de préparer rapidement un spectacle qui se tient debout. Mission accomplie pour la formation gothique qui a démontré beaucoup de savoir-faire devant l’urgence. À ma grande surprise, j’ai découvert que ce groupe roulait sa bosse depuis la fin des années 80, ce qui explique les quelques sonorités électroniques typiquement « eighties » décelables ici et là qui éclairent favorablement une musique à consonance plutôt mélancolique. Au final, j’en ai été quitte pour une découverte agréable et Asrai a définitivement livré davantage qu’une performance de groupe de remplacement.

 

 

Kontrust

Drôle de « bibitte », ce groupe autrichien! Classé comme faisant du « crossover », Kontrust mélange les genres en teintant sa musique de nu metal, de répertoire folklorique et de pop; bref, un fourre-tout assez éclectique qui peut rejoindre tout un chacun. Misant beaucoup sur les accoutrements colorés et une énergie débordante et ludique, Kontrust sait animer une foule grâce à ses chansons vivantes et au travail des deux chanteurs, Agata Jarosz et Stefan Lichtenberger, qui sont des performeurs dynamiques et amusants. Tous les succès du groupe y sont passés, que l’on pense à The Smash Song, Sock n’ Doll (tordant de voir les deux chanteurs arriver sur scène avec leurs marionnettes), Hey DJ! et surtout l’incontournable Bomba (le vidéo de la chanson a dépassé les trois millions de visionnement sur YouTube). En bout de ligne, nous avons eu droit à 50 minutes totalement délurées qui ont fortement contribué à créer une ambiance de fête dans la salle.

 

 

Leaves’ Eyes

Une des grosses pointures de l’affiche, Leaves’ Eyes était très attendu avec son métal gothique bien imprégné d’histoires folkloriques scandinaves. Nous avions aussi droit à une deuxième dose de Liv Kristine, elle qui s’était bien démenée la veille pour ouvrir le festival. La chanteuse a une fois de plus démontré son savoir-faire, en glissant sa douce voix à merveille dans la musique plutôt musclée de ses acolytes et complétée à merveille par le chant rageur de Alexander Krull. Au programme, une belle rétrospective des quatre premiers albums du groupe, avec comme points forts Melusine, Elegy et My Destiny. Les Norvégiens se sont aussi permis de nous présenter cinq chansons de leur album à paraître sous peu, Symphonies of the Night. Si l’on se fie aux extraits qui nous ont été présentés, on peut augurer du mieux pour ce nouvel opus.

 

 

Delain

Cinquième présence au MFVF pour cet incontournable groupe néerlandais dont la popularité est constamment à la hausse. La recette du succès de Delain? Un métal aux mélodies accrocheuses, des performances musicales solides et le charisme indéniable de la chanteuse Charlotte Wessels. Le groupe a bien varié les extraits de ses quatre albums, au grand plaisir de la foule. Pas de doute, quand on entend entre autres les Frozen, April Rain, Mother Machine, Sleepwalkers Dream et We Are the Others, on sait qu’on a devant nous un groupe de haut calibre. Bien sûr, ce qui rendait la présence de Delain plus attendue cette année, c’était la présence annoncée de Sharon den Adel, populaire chanteuse de Within Temptation. La belle Sharon a fait son entrée sur scène sans surprise pour la chanson No Compliance, qu’elle interprétait sur le premier album de Delain, Lucidity. Ensuite, elle s’est retrouvée seule sur scène avec le pianiste Martijn Westerholt (membre fondateur de Within Temptation) pour nous livrer la toute première chanson du tout premier album de Within Temptation, Restless. Pas de doute, nous venions d’assister à un moment fort du festival.

 

 

Lacuna Coil

Après la belle performance de Delain et la fatigue accumulée par la longue journée que nous avions derrière nous, clore le bal s’avérait un défi pour Lacuna Coil. L’intense groupe italien a su soutirer toute l’énergie restante chez les spectateurs grâce surtout à un attrait fort intéressant : l’interprétation intégrale de l’album Karmacode, possiblement le plus accompli de leur discographie bien remplie. Dans ces conditions, la charmante Cristina Scabbia et son acolyte Andrea Ferro nous ont entraînés avec brio vers la fin d’une journée mémorable. Le groupe a aussi enfilé quelques extraits de son dernier album, Dark Adrenaline, dont le « single » Trip the Darkness est déjà un classique du répertoire des Milanais. Le point final de la journée aura été en rappel la superbe interprétation de Spellbound, ce qui nous chassait de la salle avec le sourire aux lèvres en se disant que d’autres moments forts nous attendaient le lendemain.

 

 

 

Dimanche 20 octobre : le dessert

Après une journée très intense la veille, je me demandais bien avec quel niveau d’énergie je me présenterais le dimanche. La nuit de sommeil ayant été très courte (le transport et l’adrénaline sont en cause), je me suis tout de même pointé pour cette journée avec le même enthousiasme que lorsque je me rend au dessert après quatre grosses assiettes dans un buffet à volonté, c’est-à-dire toujours prêt à faire de la place dans mon estomac pour que ça rentre bien, quitte à être ensuite un peu surchargé! C’est donc fatigué mais extrêmement motivé que je me remets les bouchons dans les oreilles, que je brave de nouveau mon horreur envers tous ces gens qui rentrent malgré eux dans ma « bulle » et que je me prépare pour un autre marathon de 12 heures de musique.

 

L’Endevi

À l’instar de Magion la veille, la formation espagnole L’Endevi occupait une place difficile dans la grille-horaire, soit celle où l’on doit réveiller les troupes. Armé d’un répertoire alternatif qui peut suggérer Nirvana ou les Cranberries, le groupe a envahi la scène avec beaucoup d’énergie afin de ramener les métalleux au niveau d’intensité de la veille. Personnellement, le genre de musique joué par L’Endevi ne me rejoint pas ou peu, mais force est d’admettre que la prestation était bien exécutée et que je me suis surpris à taper du pied à quelques reprises. La foule, elle, a décidément apprécié et les hostilités étaient lancées.

 

Hell City

Après l’excellente tenue de Azylya le jour précédent, Hell City devait s’assurer que la réputation musicale de la Belgique soit préservée. Dès leur entrée sur scène, on a senti que le pari serait tenu, Hell City s’imposant rapidement avec son rock musclé, extrêmement bien exécuté. Les solos de guitare et les prouesses musicales se sont bien enchaînés, permettant aux Belges de montrer sous leur meilleur jour les chansons de leur seul album, Demons to Rest. La formation en a aussi profité pour jouer une nouvelle composition, Ice Cold Rage, dont le vidéoclip nous a été présenté sur l’écran à la fin de la prestation. En plus de la solide prestation des musiciens, le groupe est très bien nanti à l’avant avec la chanteuse Michelle Nivelle, dont la présence sur scène en impose et dont la voix très solide est en parfaite symbiose avec le contenu musical.

 

 

Dalriada

Un peu de folk métal? Pourquoi pas! Les amateurs du genre avaient été laissés de côté pour l’instant, mais ils auront été gâtés par la solide prestation des Hongrois. Misant, comme plusieurs groupes de ce style, sur un mélange de vocaux clairs et de « grunt », les vocalistes ont apporté un beau support à la musique franchement entraînante délivrée par les musiciens. « The next song will be a very fast song », annonçait le batteur à la foule avant chaque chanson et en effet, la vitesse était au rendez-vous. Pour ajouter à l’énergie ambiante, Dalriada chante en hongrois, une langue incompréhensible à mes oreilles, ce qui ajoute une touche que je qualifierais d’« exotique » à l’ensemble et qui rend l’ensemble davantage coloré. Bref, dans un party métal, Dalriada sont de très bons invités!

 

 

Eleanor

Moment de curiosité, l’entrée officielle du Japon au MFVF. Alors, ça sonne comment du métal gothique japonais? Pas mal comme le métal gothique occidental, mais avec une touche particulière quand on voit la chanteuse arriver sur scène en portant un kimono. Eleanor nous a donc présenté une musique aux aspects mélancoliques teintée d’envolées légèrement progressives en raison du jeu du guitariste qui pouvait évoquer Steve Hackett (Genesis) et Robert Fripp (King Crimson) par moments. Les interventions de la chanteuse Shiori Vitus entre les chansons étaient particulièrement rafraîchissantes, elle qui s’affairait à nous expliquer avec le sourire dans la voix dans un anglais hésitant à quel point le groupe était honoré de jouer devant un si bon public. Sans avoir marqué l’audience, Eleanor a fait bonne figure et nous a démontré que l’Extrême-Orient aussi pouvait faire du bon métal.

 

 

Cadaveria

Cachez les enfants, Cadaveria arrive! En effet, la chanteuse italienne n’a rien de rassurant, elle qui s’est présentée sur scène en arborant un chapeau de deuil. Sous le voile, un maquillage digne d’un film d’horreur, ce qui ne laissait planer aucun doute sur le contenu musical qui s’attachait à l’accoutrement : un black métal aux ambiances sinistres et inquiétantes. Alternant entre le chant normal et le chant guttural, la chanteuse a entretenu cette ambiance au cours d’une prestation pleine de tension. Je serai encore une fois honnête : ce genre ne me colle pas dessus du tout, mais est-ce que c’était bien exécuté? Absolument! Dans le genre je suis bien obligé d’admettre que c’était très efficace. Il faut dire que Madame Cadavre est bien entourée, ses musiciens étant très solides.

 

Crimfall

Deuxième épisode de folk métal du jour, cette fois gracieuseté des Finlandais de Crimfall. Contrairement à Dalriada quelques heures plus tôt, Crimfall coiffe sa musique d’un chapeau beaucoup moins festif que celle des Magyars. En effet, on se retrouve dans le territoire des légendes guerrières scandinaves et vikings, ce qui se prête moins à la fête. Pour poursuivre ma comparaison avec Dalriada, la musique de Crimfall est d’ailleurs beaucoup plus sombre, présentant des aspects très conquérants qui sauront ravir les fans d’une démarche musicale un peu plus brutale. Si la prestation musicale des musiciens fut sans bavure, je dois toutefois m’avouer un peu déçu par la performance vocale de Helena Haaparanta, la chanteuse semblant incapable de pousser sa voix comme je l’avais entendue faire lors de mes écoutes préparatoires avant le festival.

 

 

Stream of Passion

Voici un groupe qui se trouve très haut dans mon échelle d’estime. Fondé par Arjen Anthony Lucassen (mieux connu sous le nom de Ayreon), Stream of Passion (SoP) poursuit ses activités sans son célèbre géniteur et a recentré sa musique sur un format très mélodique, le tout bien mené par la voix superbe de Marcela Bovio. Cette dernière a d’ailleurs dépassé mes attentes en poussant sa voix à des niveaux supérieurs à ce que je la croyais capable. Décidément, la Mexicaine gagne en puissance vocale avec le temps. Seule petite réserve, j’aimerais vraiment la voir s’exécuter davantage au violon, l’utilisation de cet instrument permettrait au groupe de se distinguer davantage des autres formations du genre. SoP s’est surtout concentrée sur son dernier album en date, Darker Days, en n’oubliant pas les deux opus précédents, surtout par de fantastiques interprétations de My Leader et de Passion. Comme les Néerlandais travaillent présentement sur un quatrième album, les musiciens en ont profité devant une foule conquise pour nous présenter le fruit de ce labeur en nous offrant deux pièces.

 

 

Anneke van Giersbergen

Très populaire en Europe, l’ex-chanteuse de The Gathering était très attendue par la foule présente. La grande force de la dame est qu’elle chante avec ses tripes. Elle possède en effet une voix très claire qu’elle peut pousser avec force au besoin, mais le caractère personnel de ses compositions solo lui impose une légère retenue qui la tient dans un registre plus en douceur, ce qui n’est pas sans séduire. Cette retenue mentionnée ci-haut ne l’empêche pas au niveau scénique de montrer une belle énergie, très positive. Bref, Anneke est une chanteuse charismatique et charmante. Musicalement, on flirte à l’occasion avec la pop, mais sans tomber dans le bonbon. En plus de plusieurs extraits de son plus récent album, Drive, Mme Giersbergen a conclu le spectacle en offrant aux vieux fans trois pièces datant de son passage avec The Gathering, ce qui aura contribué à ravir tout le monde.

 

 

ReVamp

Si je dois résumer Floor Jansen en un mot, je dirai « impressionnante ». Et j’ajouterai « très » avant le dit mot si on me le permet. Madame Jansen n’est pas que la nouvelle voix de Nigthwish, elle est d’abord et avant tout une chanteuse au talent remarquable, pouvant passer du « grunt » à de puissantes envolées d’opéra en un rien de temps. ReVamp est le véhicule musical personnel de la dame et ce véhicule est utilisé pour évacuer beaucoup de tension et d’énergie. Nous avons donc eu droit à une performance musicale très musclée et carrée, ce qui nous rappelle que derrière la colossale chanteuse (un remarquable bloc de près de six pieds) se trouvent des musiciens qui sont plus que des figurants. Le spectacle offert nous a surtout permis d’apprécier le matériel du dernier album du groupe, le très réussi Wild Card. Malgré la qualité des musiciens, c’est quand même Floor qui retient l’attention par une présence intense et une voix qui n’a pas d’égal, aux possibilités infinies. Oui, une grande chanteuse cette Floor Jansen.

 

 

Tarja

Pendant tout le week-end, il y a un prénom que j’ai entendu plus que les autres, c’est Tarja. Dire que les spectateurs attendaient Tarja Turunen avec surexcitation n’est pas exagéré. Il faut dire que pour plusieurs, cette dernière est une référence en la matière grâce à sa voix opératique que tous ont découvert avec Nightwish. Maintenant bien installée dans sa carrière solo, la dame accompagnée d’un solide groupe de musiciens (difficile d’ignorer le batteur Mike Terrana) a offert un bel échantillon de ses trois albums, misant davantage avec raison sur son dernier opus, l’excellent Colors in the Dark. De cet album, 500 Letters et Victim of Ritual se sont avérés les meilleurs moments. Il était aussi très touchant d’entendre la foule réciter le refrain de I Walk Alone, un incontournable de la discographie de la chanteuse. Bénéficiant du plus long temps de jeu du week-end (1h30), Tarja a livré une performance inspirée, transportée par une foule trop heureuse de retrouver sa favorite. Plusieurs m’ont déjà posé la question, a-t-elle chanté du Nightwish? La réponse est oui, elle qui a entonné Wish I Had an Angel en milieu de spectacle et comme pour poser la cerise sur le sundae d’un dessert sucré, mais ô combien délicieux, le festival s’est terminé par un duo d’anthologie Tarja/Floor Jansen sur l’entraînante Over the Hills and Far Away. Pour quiconque était sur place, on ne pouvait espérer meilleure conclusion.

 

 

 

Mes 5 concerts favoris du week-end

1-Serenity : une grande performance à tous les niveaux, je me permets de qualifier ce spectacle « d’émouvant », rien de moins.

2-Stream of Passion : un autre groupe qui a su me faire vibrer, Marcela Bovio nous a offert plusieurs moments de grâce.

3-Azylya : une performance très théâtrale, visiblement bien préparée pour en mettre plein la vue et les oreilles. On doit saluer l’effort couronné de succès pour en offrir plus.

4-Kontrust : un moment de pur plaisir où il s’est répandu une joie de vivre dans toute la salle. J’ai aussi été surpris du niveau musical du groupe autrichien.

5-Delain : un groupe extrêmement attachant qui dégage beaucoup d’énergie et dont le sens mélodique est hors-pair.

 

Mes 5 performances vocales du week-end

1-Floor Jansen (ReVamp) : une voix polyvalente qui a de la « drive » et une puissance incroyable. Voir et entendre Floor Jansen en personne, c’est quelque chose d’épique.

2-Marcela Bovio (Stream of Passion) : je l’admirais déjà, je l’admire encore plus maintenant. Quelle belle voix et quelle présence chaleureuse!

3-Georg Neuhauser (Serenity) : un gars sur la liste? Absolument, le type a une voix vraiment formidable qui dégage beaucoup d’émotions.

4-Michelle Nivelle (Hell City) : la chanteuse parfaite pour un groupe typiquement rock. Une solide voix et une très belle présence scénique.

5-Tarja Turunen : égale à elle-même, c’est-à-dire solide sur toute la ligne. Elle chante aussi bien en personne que je me l’étais imaginé.

 

C’est en terminant ce texte que je réalise que maintenant ce rêve est derrière moi. Oui, je peux parler d’un rêve car ce festival hantait mes pensées depuis longtemps et j’ai pris les moyens pour le vivre. Désormais, je ne pourrai plus écouter la musique de tous ces groupes sans penser à ce week-end où j’ai non seulement entendu de la bonne musique, mais où j’ai aussi échangé avec des gens de plusieurs pays, faisant de mon passage au MFVF une expérience humaine.

Je ne peux pas conclure le tout sans remercier Dave de Ondes Chocs qui m’a gracieusement offert de partager mon expérience avec vous, ce que j’ai fait avec plaisir. Ayant perdu mon appareil photo, je n’ai aucun souvenir visuel de l’événement qui m’a tant fait vibré. Mais dans le fond, est-ce si important les photos? Pour moi cette absence de preuves visuelles est facilement comblée par quelque chose de fondamental : des souvenirs gravés bien profondément dans mon cœur. Croyez-moi, c’est irremplaçable.

Stéphan Lévesque