Après avoir assisté au show de Deicide le 7 octobre, c’était à un tout autre genre de spectacle auquel j’allais assisté mercredi le 9 octobre. J’avais mis à mon agenda la tournée USA Fall 2013 de Title Fight, Balance and Composure, Cruel Hand et Slingshot Dakota, à laquelle s’ajoutait Gulfer pour ce spectacle organisé au La Tulipe de Montréal par Extensive Enterprise que nous remercions pour leur collaboration. C’est toujours plaisant en plus quand le spectacle se tient à 15 minutes de marche de la maison.

 

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Quand je suis arrivé sur place, il était à peine passé 19h00 mais déjà le groupe montréalais Gulfer était placé sur scène … en triangle. Tellement en triangle que le guitariste/chanteur était placé de profil à la foule et regardait vers son bassiste de l’autre côte de la scène. Enfin, j’imagine parce qu’on ne lui voyait pas la face, cachée derrière son toupet qui lui pendait quasiment jusqu’au menton. C’est à peu près tout ce que j’ai pu apercevoir du personnage mais il est évident qu’il n’est pas là pour les contacts avec la foule. Enfin, pas du genre sourire et jasette. Lui, c’est à travers la musique qu’il s’exprime passant la majeure partie de son temps à 2 mains sur son manche de guitare pendant qu’il nous chante ses pièces avec un style un peu emo mais pas le emo cheesy, plus mettons à la At the Drive-In. C’est donc leur bassiste qui s’occupe de jaser avec la foule, présenter les tounes et aussi de l’action sur la scène sautant à gauche et à droite. Certaines pièces sont post hardcore mélodique parfois un peu naïves mais correctes et même entraînantes, d’autres sont carrément jazzy et permettent d’apprécier leur talent de composition, surtout celui du drummeur qui utilise aussi ces pièces jazzy pour sortir de son moule somme toute assez générique.

Le duo clavier/drum Pennsylvanien Slingshot Dakota suivait sur scène. Carly Comando jouait du clavier et chantait d’une très belle voix aux sonorités charmantes pendant que Tom Patterson bûchait sur son drum. Et quand je dis bûcher, ce n’est pas peu dire. Carly a d’ailleurs souligné alors qu’il terminait une pièce sur un petit solo de drum qu’elle devait le surveiller car il partait en transe quand il drummait. Avec les grimaces qu’il faisait en jouant, je suis d’accord avec elle qu’il sort le méchant. D’ailleurs, non seulement il frappait plus fort mais le volume de son floortom et de son bassdrum était significativement gros et le son en était d’autant plus puissant et sourd. Une musique post-rock, parfois indie folk mais en même temps un peu plus que ça. On a même eu une pièce où le clavier sonnait drone. Leur musique douce ou entraînante selon le moment a fait onduler la foule créant une atmosphère gentille. C’est drôle à dire mais Carly m’a donné cette impression de gentillesse qu’on retrouve souvent chez ces gens qui font les choses pour le pur plaisir de partager. Love and Hope. En tout cas, ils nous ont partagé leur plaisir d’être sur scène.

Le 3ème groupe, Cruel Hand, de Portland dans le Maine, était complètement autre chose. Les tounes sonnaient fortement influencées par le bon hardcore côte est. Un show qui sentait aussi la testostérone. Des bouncings riffs qui s’enchaînent avec des riffs crossover thrash. Un show où on sentait encore une fois un engagement – Love and Respect! – et la foule réagissait super bien, ceux frontstage gueulant les tounes dans le micro que leur tendait leur chanteur quand il ne faisait pas du jump around. Une super belle découverte pour moi qui trippe encore sur cette musique old school tellement intense et pourtant festive dans ses beats. Une demi-heure de prestation vraiment trop courte à mon goût. J’en aurais pris plus considérant que Balance and Composure était absent. Enfin, je me pointerai au prochain show.

Le groupe qui devait suivre sur scène, Balance and Composure ont malheureusement eu un accident avec leur tour van après le show du 6 octobre à Cleveland et bien qu’ils s’en soient tirés sans blessure grave, il leur était impossible de poursuivre la tournée pour les 2 dates prévues au Canada à Toronto et Montréal et tant mieux s’ils ont pu rejoindre la tournée le 10 à Boston.

Pour revenir au spectacle, Title Fight, eux aussi de Pennsylvanie, clôturait la soirée avec leur musique post punk mélodique aux vagues accents grungy centrée principalement sur le jeu de leur lead guitariste qui partage aussi les vocaux avec leur bassiste. Après la performance du chanteur de Cruel Hand qui aurait aimé devenir ami avec tous devant lui, je suis surpris du peu d’interactions que Title Fight ont eu avec la foule. Il devait bien se rendre compte que tout le monde trippait. Dès les 1ères notes, la foule s’est massée de façon compacte au devant de la scène remplissant tout le parterre et il y a eu une parade de stage diveux ininterrompue. Pourtant leur performance est restée assez tranquille et il passait plus de temps à tripper entre eux et à se retuner entre les tounes. Ça n’a pas eu l’air de déranger la foule qui a continué à apprécier leur spectacle avec le même enthousiasme et plaisir. Faut dire que les pièces font la job comme on dit et je vous invite à découvrir leur nouveau EP Spring songs tout frais sorti.

J’ai passé une belle soirée qui m’a permis de découvrir un côté de la scène heavy underground souvent moins couvert par Ondes Chocs, le post que ce soit post-punk, rock ou hardcore dans une atmosphère super cool. La salle était bien remplie en ce mercredi… surtout de jeunes qui ont eu du fun et chaque groupe, dans ce line up très varié, peut se vanter d’avoir attirer son lot de spectateurs sinon d’en avoir gagner des nouveaux. Merci encore pour une belle soirée.

Cheers!

Lex