Le Québec est reconnu pour produire de nombreux groupes de métal brutal et technique qui déplacent à chaque fois leur lot d’adeptes comme si une séance de vaccination d’un sérum progressif avait été prescrite et c’est ce qui s’est passé vendredi dernier alors que Beyond Creation montait sur la scène des Foufounes Électriques de Montréal pour tenir la tête d’affiche d’une inoculation qui si elle peut s’avérer déroutante au niveau des effets secondaires, finit par apporter tous les bienfaits qu’on peut s’attendre d’un tel sérum. C’est Obsolete Mankind, Deviant Process et Archspire qui en complétaient les ingrédients. Une occasion de découvrir encore une fois de très bons groupes car outre Beyond Creation que j’avais vu il y a quelques mois en ouverture au Club Soda, les 3 autres groupes m’étaient connus principalement que de noms.

 

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Arrivé un peu à la dernière minute, je croise Alain « Québec-Métal » – que je remercie pour les photos qui agrémentent ce texte – dans la cour d’entrée des Foufounes Électriques et on discute un peu avec Frank Camus, batteur de la formation Hybreed Chaos de leur projet de groupe qui prend tous les jours un peu plus d’ampleur pour ce qui à l’origine ne le devait pas vraiment. Finalement, je m’enligne pour récupérer mon accès dont m’a fait bénéficier Dominic Forest Lapointe, bassiste de Beyond Creation qui organisait le spectacle et que je remercie ainsi que la demoiselle à l’entrée pour sa gentillesse.

Il était temps de monter dans la salle parce que j’entendais les 1ères notes du groupe montréalais Obsolete Mankind. Pas besoin de vous dire ma surprise quand je suis entré dans la salle et que j’ai vu que le vocal monstrueux que j’entendais était celui de la jolie Marie-Hélène Landry qui dans la plus pure tradition death/grind nous beuglait de courtes phrases en scream dans les passes plus vites alors qu’elle nous défile des phrases plus longues en growls quand le rythme est plus death. Tout ça avec une efficacité qui m’a fait penser à Amélie de Retardnation/Fatal Flaw ou encore Mélanie de Fuck the Facts. D’ailleurs, la pièce Concentric circles m’a donné l’impression qu’elle nous crachait des lames de rasoirs tellement son scream était tranchant. Une excellente maîtrise de sa voix dans les 2 registres et également dans les transitions. Parlant de maîtrise, on a affaire à des musiciens,  Yan Thiel et Samuel Dufour aux guitares, Jean-Philippe Sigouin à la basse et Jean-Sébastien Gagnon au drum, qui ont participé ou font partie de plusieurs projets de métal extrême et toute cette expérience transparait dans leur musique qui est d’une violence plus qu’appréciable tout en demeurant parfaitement contrôlée. Des passes tech hyper rapides aux accords grindés, tout fittait à sa place. Et ce contrôle est assuré de belles manières par JS Gagnon que je classe dans la catégorie des drummeurs olympiques. Ce gars-là est aussi actif des bras que des jambes qu’il en est essoufflant à suivre. J’ai trouvé par contre que leur spectacle manquait un peu de fluidité mais c’est surtout – et c’est à peu près ma seule idée qui n’est pas extrêmement positive de leur prestation – parce que je trouve ça un peu platte quand tout le monde sur le stage se retourne en même temps dos au public mais de toute façon ils devaient bien se retuner par boutte. Ils n’ont pas de misère à embarquer la foule pendant les pièces mais surtout entre faut pas les laisser aller. Surtout que le public était déjà présent en assez grand nombre et fait à remarquer, il y avait une grande proportion de musiciens de la scène locale montréalaise venus encourager et apprécier leur prestation.. Un album s’en vient en 2014, manquez pas ça.

 

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En revenant dans la salle après la pause, j’ai pu remarquer qu’il semblait y avoir un problème avec l’ampli de basse de Pierre-Luc Beaulieu et la soundgirl faisait des va-et-vient entre la console et le backline pour vérifier ses trucs puis Deviant Process, qui était aussi sur le menu de la veille à Québec, leur ville d’origine, ont lancé leur prestation. Malheureusement, le problème est réapparu, on perdait la basse et il a fallu une 2ème intervention de la soundgirl qui a dû changer un fil pour l’ampli de basse et aussi celui du micro principal de Jean-Daniel Villeneuve pendant que celui-ci prenait une respiration entre deux phrases. Une belle job faite avec finesse et rapidité. Bravo! Tout ça s’est passé pendant les 1ères tounes et on a donc pu mieux ensuite se laisser embarquer dans leur death plus old school mais en même temps et je devrais dire encore une fois, avec 2 guitaristes, Jean-Daniel Villeneuve et Stéphane Simard – qui fait les back vocals -, hypertechniques qui font des courses sur leurs manches. Côté technique, je tiens aussi à souligner que le drummeur est Antoine Baril, un autre prétendant à une médaille Drumympique. Ils ont terminé leur prestation avec une nouvelle pièce, Obsolete, qui m’a semblé encore plus prog et j’ai cru voir que Pierre-Luc prenait plus de place sur celle-ci au niveau des leads de basse au lieu d’être plus en rythme et je lui en ai parlé après leur prestation. Il me disait que ce type de pièces représente l »évolution du groupe. On a déjà hâte d’entendre la suite car nouvelle pièce veut dire nouvel album, et ceux qui comme moi les découvraient ont sûrement pensé la même chose.

 

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C’était maintenant au tour du groupe de Vancouver, Archspire qui ont fait cette tournée dans notre coin sans leur bassiste, Jaron Evil, dont la santé reste une préoccupation constante pour le groupe depuis son accident cérébral l’an dernier. Il est encourageant de constater qu’il a tout de même repris sa place dans le groupe pour certains concerts dans leur région. C’est donc sans basse qu’ils nous ont joué leurs pièces mais on en a eu encore en masse à se mettre dans les oreilles. Des blastbeats et des roulements de baguettes à haute vitesse et niveau d’intensité de Spencer Prewett – je vous ai parlé d’athlète au drum et bien ça se poursuivait – pendant que les riffs s’échangent entre les guitares de Dean Lamb et Tobi Morelli en même temps que les sourires. Les gars ont l’air d’avoir du fun et pendant ce temps leur chanteur, Oli Peters entretient entre les tounes une atmosphère rigolote que certains dans la foule semblaient trouver douteux mais comme Oli le disait lui-même, les jokes de bébés morts sont l’essence même du death/grind. Bon, mettons que ce n’était pas nécessairement le sujet général des jokes mais plus l’absence de vrais punchs qui fait qu’il est mieux de rester chanteur que stand up comic et de ce côté, il est particulièrement efficace. Il a une façon de défiler ses phrases à grande vitesse et aussi une façon d’envoyer ses vocaux qui sonnent assez particulier.

 

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Quand un groupe comme Beyond Creation donne une prestation, que dire qui ne paraîtra pas faible comparativement au niveau de leur musique. Plusieurs groupes se la jouent technique mais en même temps, il faut se l’avouer, ils sont souvent plus appréciés pour le côté destructeur de leur musique et moins pour les mélodies cachées dans leur brutalité. Dans le cas de Beyond Creation, c’est un juste dosage de brutalité, de technicalité et surtout, et finalement c’est pas mal ça à la base la musique, des harmonies mélodiques toutes douces. Un dosage médical pour rééquilibrer ses ions métalliques. C’est donc devant un parterre rempli et conquis d’avance, certains me disant les suivre partout au Québec, qu’ils nous ont joués leurs pièces dont certaines à paraître sur leur prochain album. Si vous penser que The aura est un superbe album, l’écoute des nouvelles pièces promet que le prochain sera de ce calibre. Et peu importe, pièces connues où certains chantaient les lyrics en headbangant ou pièces moins connues, tous poundaient les beats le poing ou les horns en l’air pendant que le pit ne dérougissait pas vraiment d’action. Et en même temps, on pouvait voir les gens se déplacer face à la scène pour pouvoir mieux observer spécifiquement pour un temps Dominic Forest Lapointe à la basse ou encore Kévin Chartré ou Simon Girard aux guitares, s’exécuter et moi-même j’ai pris la peine d’aller sur le côté de la scène pour mieux voir Philippe Tyrant Boucher parce qu’il est tellement tout petit derrière son drum, mais lui aussi c’est une vraie machine et j’adore le regarder jouer. Il vous reste une chance de les voir avant la fin de leur tournée et je vous invite à être de la partie au Trois-Rivières Metalfest où ils se produiront vendredi le 11 octobre à 19h50 selon la programmation officielle du festival que vous pouvez consulter sur le site en cliquant ce lien.

 

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Le passage à Montréal du Tech Trek Tour 2013 mettant en vedette Beyond Creation a définitivement fait plaisir à tous qui se sont déplacés et après le spectacle, plusieurs me parlaient avec un mélange d’admiration et de respect devant ce groupe. Je crois qu’il est raisonnable de penser que le timing constitue leur principal obstacle présentement et espérons que les bonnes personnes regarderont bientôt dans leur direction.

Je m’en voudrais de ne pas souligner avant de terminer que le vendredi aux Foufounes Électriques, en plus du spécial quotidien à $2,75 la bière entre l’ouverture et 20h00, la bière tombe à $2, deuxfuckinpiasses à partir de 21h00. C’est quasiment pas croyable de pouvoir également régler le problème d’une autre prescription à ce prix.

Cheers!

Lex