On vous revient encore une fois avec un « fanview ». Ceux qui nous suivent savent qu’il nous arrive dans certaines circonstances de faire appel à des personnes qui ne font pas partie de notre « staff » pour couvrir certains shows auxquels nous ne pouvons pas personnellement assister. Dans ce cas-ci, nous avons opté pour cette option car il ne faut pas se le cacher, notre « staff », c’est des métalleux principalement et comme nous voulons nous investir plus dans le monde de la musique gothique et industrielle, c’était une occasion parfaite pour donner la chance à une petite nouvelle qui pourrait venir agrandir notre famille et combler peut-être un vide de ce côté. Je vous présente donc Marie-Noëlle Anctil, aussi connue sur facebook en tant que Lady-Trash Theresa. – Lex
L’autre jour, je reçois un message via facebook de la part de Lex que je rencontre souvent lors des pauses cigarettes à l’extérieur en face du Café Chaos quand je suis moi-même à l’étage du dessous, au Passeport. Il me demande si j’ai l’intention d’aller au show de Velvet Acid Christ le 2 octobre aux Katacombes de Montréal. Devant mon hésitation, il me dit qu’il a besoin de quelqu’un pour faire la revue du show et que connaissant mon abonnement au Passeport, il considère que je serais parfaite pour l’accompagner à ce show. Pas besoin de vous dire que j’ai répondu
Ouiiiiiiii! Ça me tente vraiment!
Puis j’ai commencé à stresser un peu. Ma 1ère revue de show m’était offerte out of the blue. On s’est donc donné rendez-vous sur la terrasse des Katacombes vers 19h30, heure annoncée pour l’ouverture des portes – et je n’ai pas pensé à amener ma caméra … j’ai donc essayé de prendre quelques photos avec mon téléphone pour au moins vous donner une idée. Quand j’y suis arrivée un peu après l’heure prévue, la porte n’était toujours pas ouverte et la petite porte d’accès à la terrasse était cadenassée, signe que la terrasse était close même si j’y voyais des gens prenant une bière dont Lex qui vient au bord me dire qu’il va passer par l’intérieur et me faire entrer. Le doorman ouvre la porte et me demande par mon nom parmi la foule qui comme moi attend l’ouverture des portes. Lex est à l’entrée et nous récupérons nos accès offert gratuitement par l’organisateur de la soirée, Apo Kalex que nous remercions. Le gars a organisé la soirée tout seul sur un coup de tête parce qu’il est un fan de Velvet Acid Christ et ne voulait pas laisser au hasard ou à un autre le soin d’assurer qu’il les verrait en spectacle dans le cadre de la tournée At the end of the world. Félicitations car la soirée a été un succès.
Et maintenant place au spectacle.
La prestation de Silent & Cold a commencé avec une chanson ambiante et très douce. İls ont enchaîné par la suite avec des chansons plus rythmées où on sentait beaucoup les influences des années 80. On a su reconnaître des variations musicales à la Joy Division, Sisters of Mercy, Fields of Nephilim et même Indochine. Ils nous ont aussi proposé une belle reprise (à leur sauce) du hit de discothèque, Major Tom de Peter Schilling. Leur chanteur, Benedict, possède une voix très puissante où il mélange du « clean », des « screams » métal et du chant classique en plus d’utiliser des pédales à effets. Sa voix est vraiment magnifique. Par contre, le tout était peut-être un peu trop contrôlé par ordinateur ce qui parfois donnait une vague impression de lipsync. Pendant ce temps, Myrko placé à sa droite, envoie les leads de guitares et fournit tout le mouvement sur scène. Une performance accompagné d’un éclairage simple mais efficace qui suivait bien les changements d’intonation de la voix de Benedict. Une belle opportunité pour ce groupe de Montréal qui est à découvrir. Pour ça par contre, il faudrait qu’ils prennent la peine de nous jaser un peu plus au moins pour nous répéter le nom de leur groupe et présenter quelques pièces car la salle s’était tranquillement remplie et plusieurs, comme Lex et moi d’ailleurs, n’avaient aucune idée avant cette soirée qui était Silent & Cold. On s’en rappellera à partir de maintenant.
Avec le groupe suivant, Twilight Garden, l’ambiance a totalement changé. C’est à l’aide de 2 claviers et des « samplings » qu’ils nous ont joué leur musique inspirée des groupes The Cure et Skinny Puppy avec une touche Bowie époque Ziggy Stardust et des variations aiguës qui m’ont tout de suite fait penser à la trame sonore du film Antartica. Une ambiance très romantique et noire. Une musicalité douce, mélancolique, mais très intéressante à l’oreille. Cette sonorité lourde et sombre accompagnée de notes aiguës rendait la musicalité très atmosphérique. Dans quelques chansons, on sentait le désespoir dans un cri du cœur des paroles.
Sur une note un peu plus négative, on sentait une timidité de la part de Elegia (Todd Loomis) leader et chanteur du groupe. Il a même insisté pour baisser l’éclairage sur scène en mentionnant qu’avec toute cette lumière il se sentait naked and exposed. Il a eu peu de communication avec le public au début mais par contre, il a su se rattraper un peu au cours de la prestation. Faut croire que c’est vrai que l’éclairage dérangeait.
Surprise, nous avons eu un changement de tempo vers le milieu de la prestation et du coup la chance d’entendre les différents talents du claviériste, HexFix93 (Bryan Erickson) en plus d’entendre une rare partition de batterie. Dans cette partie plus rythmée du spectacle, un petit clin d’œil tout de même au groupe Pink Floyd, avec une touche période The Wall/Final Cut. Aussi, une touche un peu gothique vampirique qui nous a fait penser à la trame sonore écrite par Jonathan Davis pour le film Queen of the damned. Malheureusement, un petit problème technique a un peu brisé l’ambiance mais on était à la fin ou presque de leur prestation et on avait pu apprécier amplement. Pour ceux qui ne connaissaient pas les membres, certains n’ont pas réalisé que les deux membres de Twilight Garden sont le duo de Velvet Acid Christ qui inversent les rôles pour ce groupe.
Le plancher est quasiment plein pour la prestation de Velvet Acid Christ et l’ambiance dark/batcave/gothique est là. On sent la foule fébrile à l’attente du groupe. Galvanisée par plusieurs années d’attentes, les premières notes ont allumé la foule. Encore plus sombre que les performances précédentes, les musiciens – dont les rôles, je le répète, sont inversés alors que HedFix93 chante et Elegia est au clavier – nous emportent dans un univers digne de la fin du monde. Si l’on ferme les yeux, on voit défiler les images apocalyptiques dans notre tête. Les ambiances électroniques très lourdes, percussives et rythmées, sont accompagnées d’une mélodie légère dans les aiguës. On reconnait là une touche du groupe précédent ou peut-être est-ce l’inverse. Une touche à la Skinny Puppy aussi nous plonge dans un trou noir mélodique. Cela nous présente une ambiance très industrielle agressive.
La glace est brisée, le public est déchaîné. Tout le monde danse (même Lex, oui notre Lex). Les beats très underground, mélangées à une track rythmée nous emportent dans une autre époque. On sent un mélange de dark/new wave très électronique, réminescence de l’atmosphère batcave sombre des eighties qui nous rappelle avec nostalgie certaines discothèques des années 80 – euh … je n’y étais pas mais Lex, oui et il me parle du Limelight, du Cargo, du Lézard, du début des Foufounes Électriques. Ils enchaînent les succès qui font de plus en plus danser la foule. Dans un des mix, on reconnaît l’inspiration de You spin me round de Dead or Alive. Les succès plus ambiants versus les bons vieux classiques rythmés du groupe ne nous laissent pas indifférents. Ça crée une ambiance palpable et agréable. Par contre, les pièces sont entrecoupées de longs discours peut-être forcés par des problèmes techniques ou de décision « on the spot » des musiciens quand à la prochaine pièce à jouer. On a pensé à la dernière option parce que HexFix93 a mentionné que par respect pour les fans qui était à Ottawa la veille, ce ne serait pas la même liste de chansons alors les conciliabules servaient peut-être à loader les tracks dans l’ordre de la nouvelle playlist. Personne ne le sait et personne le saura, mais c’était bizarre, douteux et étrange. D’ailleurs, le changement de rôles a eu un impact sur la dynamique du show-off. C’est un peu « wild » comparativement à la prestation épurée et timide précédente des mêmes membres. Après environ une heure de prestation, on croyait la fin arrivée mais …
Un rappel – youpi! Commencé par une chanson très distorsionnée et lourde. Le public continue de danser. Les gens sont heureux de ce revirement de situation. Après trois pièces au cours de ce rappel, une musique très électronique, distorsionnée et ambiante clôture un spectacle à la fois très sombre – il ne faut pas oublier la thématique fin du monde – mais à la fois colorée par les délais entre les pièces et les commentaires parfois douteux de HexFix93. Après le show, on se demandait ou on comprenait pourquoi ils n’ont pas fait de tournée depuis plus d’une dizaine d’années! Par contre, maintenant que tout semble vouloir se replacer dans leur vie, on espère ne pas avoir à attendre une autre éternité avant de les revoir.
Maintenant que le spectacle était terminé, il était temps de se transporter à l’aftershow qui se déroulait au Passeport où DJ Kommandandt et DJ Harshangel tiennent la console à tous les mercredis pour les soirées Rebirth Nights consacrée à l’industriel, le EBM, le gothic et le harsh. Et pour l’occasion de l’aftershow, ils avaient invité DJ Leslie qui d’ordinaire fait danser le Zaphod Beeblebrox de Ottawa lors des Industrial Strength Tuesdays. Pas besoin de vous dire que l’atmosphère du Passeport était exactement ce qu’il fallait pour compléter cette très belle soirée. Merci encore à Lex et Ondes Chocs de m’avoir offert cette opportunité et surtout à Apo Kalex qui a comme fait que son trip de fan a viré en un gigatrip pour tout le monde qui y ont participé.
Marie-Noëlle








