Comme je l’avais mentionné cet été dans ma revue du spectacle de Avantasia au Parc de la Francophonie, j’ai jadis été un fanatique de Powermetal européen et je n’ai aucunement honte de l’affirmer. Or, mon chemin de mélomane s’est détourné depuis un bon moment de ce sous-genre pour plusieurs raisons, ce qui ne signifie pas que je ne succombe pas parfois à la nostalgie en écoutant un des classiques du genre ou en allant assister à un spectacle d’un de ses grands maîtres. Ce deuxième cas de figure s’est présenté à moi jeudi dernier, lorsque le turbulent Dave Rouleau me demanda d’assister au spectacle des légendes de Helloween, qui s’arrêtaient à l’Impérial de Québec en compagnie d’un groupe de Thrash Metal dont je n’avais jamais entendu parler; les new-yorkais de Coldsteel. C’est donc avec joie, me rappelant le dernier passage flamboyant des Allemands à la Salle Albert-Rousseau en compagnie de leurs compères de Gamma Ray en septembre 2008, que je pris le chemin, seul cette fois, de la célèbre salle de spectacle de la Basse-Ville.
Arrivant sur place peu après l’ouverture des portes (18 h), je me dirigeai à l’intérieur après avoir bénéficié de l’accès à la salle accordé par Karl-Emmanuel Picard de District 7 (un gros merci!). Aussitôt, je rejoignis Marc Lavoie et Éloïse Chabot du Challenge Parkinson Metal près de l’entrée de l’arrière-scène et nous y discutâmes de divers sujets, dont le fait que seulement deux groupes étaient à l’affiche en cette soirée et que de très bons groupes de Québec, suggérés par District 7 pour compléter l’alignement, avaient été refusés par le management de la tournée. « Pas très sympathique tout ça! » me dis-je alors que les lumières se fermaient et que Coldsteel prenait place sur scène pendant une introduction épique au cours de laquelle le chanteur de la troupe agitait un drapeau du Québec. La salle étant à peine garnie au tiers, je me dirigeai dans la première ligne, suivi de peu par le photographe Alex Deleon-Cativo (Behind The Revolver) pour assister à la performance du groupe.
Coldsteel est un nom assez peu connu malgré le fait que le groupe a été fondé en 1986. En effet, évoluant d’abord comme un groupe hommage, la formation n’a jamais réussi à percer avec son matériel original, en raison de bien des facteurs dont la fermeture de son label (Turbo Music) juste avant une tournée européenne en 1992, et le groupe se sépara en 1993 pour cause de divergences musicales. Cependant, le groupe se réunit en 2012 et célébrait cette année la sortie de son tout nouvel EP America Idle en tournant avec Helloween en Amérique du Nord. Autre fait étonnant, en raison « d’engagements prioritaires » seul le chanteur original Troy Norr serait de la tournée et ses collègues (Eddie Campbell (guitare), Joe Shavel (guitare), Doug Odell (basse), Hal Aponte (batterie)) cèderaient leur place aux quatre membres du jeune groupe de Thrash Metal Progressif Sanitarius (http://www.metal-archives.com/bands/Sanitarius/13585), nommément : Robbie Padovano (guitare), Robb Quartararo (guitare), Stewart Ustick (basse ) et Dave Cordero ( batterie). Le résultat scénique de toute cette épopée me laissa plutôt perplexe. En effet, si le chanteur Troy Norr démontra un charisme impressionnant et un talent vocal certain, son attitude détonnait avec ses musiciens invités qui étaient énormément plus réservés, voire même invisibles à l’exception des guitaristes lorsqu’ils exécutaient leurs solos (seuls moments où ils bougeaient vraiment). Le chanteur, quant à lui, redoublait d’ardeur pour faire lever la foule en utilisant quelques phrases de français et en démontrant un entrain contagieux, mais tout cela ne suffisait pas à faire oublier la musique générique et médiocre qui nous était présentée. Effectivement, la musique de Coldsteel me laissa froid (Quel jeu de mot!), car il s’agit d’un Thrash Metal mêlé de Hard Rock sans originalité qui reste dans l’ombre des maîtres du genre en n’ayant rien de distinctif à proposer. De plus, de nombreux passages furent plutôt laborieux sur le plan de la synchronie, rappelant que ce qu’on avait devant nous n’était pas le groupe Coldsteel, mais son chanteur avec des musiciens invités. Malgré tout cela, le public de Québec fut magnanime et le groupe réussit partiellement à faire lever les spectateurs à l’avant-scène surtout grâce à Troy Norr qui alla chercher les spectateurs grâce à son charisme. Si Coldsteel vous intrigue, vous pourrez trouver des informations sur eux ici.
Suite à une pause d’une demi-heure au cours de laquelle je conversai de photographie avec Phil Rousseau avant de sympathiser avec Yvan Létourneau (Phosphorus) et Antoine Desgagnés (homme à la célèbre veste à écusson ), nous regagnâmes l’intérieur pour ne pas manquer le début de la prestation des légendes du Speed/Powermetal allemand qui n’ont plus besoin d’introduction. Quelle ne fut pas alors ma stupéfaction de voir que la salle était maintenant pleine aux deux tiers et que l’atmosphère s’intensifiait. Quelques minutes seulement après notre entrée, à 20h tapant, les lumières s’éteignirent et l’introduction se fit entendre, puis les membres de Helloween firent leur entrée avec la classique « Eagle Fly Free ». Aussitôt, n’ayant pas consulté la liste des pièces jouées au cours de la présente tournée, je me pris à penser que le groupe nous offrirait une manche de classiques mélangés à des pièces plus récentes et qu’étant donné l’heure précoce de leur entrée sur scène, ils joueraient pendant au moins deux heures. J’avais tout à fait tort. En effet, aussitôt la première pièce passée, Helloween se lança dans un set dominé par le dernier album Straight Out of Hell (2013), avec pas moins de six pièces de cet album. Les vieux classiques de l’ère Hansen-Kiske furent limités à quatre pièces issues de Keeper of The Seven Keys, Pt. 1 et Pt. 2 (« Future World », I’m Alive », « Eagle Fly Free » et « I Want Out »), le reste étant deux pièces de 7 Sinners (2010) (« Where The Sinners Go » et « Are You Metal »), « If I could Fly » (The Dark Ride( 2000)), «Power» (The Time of The Oath (1996)) et «Hell Was Made In Heaven» (Rabbit Don’t Come Easy (2003)). Compte tenu de la carrière trentenaire du groupe, la variété n’était donc pas au rendez-vous et leur prestation plutôt courte fut en plus rallongée par de nombreux procédés pour retarder au maximum l’orgasme musical qui n’arriva jamais dans mon cas, ce qui me laissa grandement sur ma faim. En effet, le groupe fit le choix de couper sa prestation en deux avec un solo de batterie trop long pour rien de Dani Löble (plus de cinq minutes en 4/4), ensuite le groupe interrompait presque chaque pièce pour jouer avec la foule et faire chanter les spectateurs, ce qui est bien plaisant une fois de temps en temps, mais qui se révéla agaçant lorsqu’utilisé de façon abusive et dans le but évident de rallonger une sauce un peu trop courte. Scéniquement parlant, le groupe performa comme à son habitude, de façon flamboyante et mouvementée avec un très bon contact avec la foule, qui démontra encore une fois que Québec est un très bon public pour le Powermetal. Sur le plan vocal, les choses furent toutefois moins évidentes. En effet, bien que ses collègues guitaristes, bassiste et batteur livraient une performance digne de leur statut, Andi Deris peinait de manière très évidente à rendre certains passages des chansons sur la note, et ce, autant dans les registres moyens qu’élevés. Je dois dire ici que selon moi, il n’a jamais été capable de rendre les pièces chantées originalement par Michael Kiske de façon convaincante, mais en cette soirée il peinait aussi dans ses propres chansons, ce qui semblait démontrer une fatigue vocale inquiétante. Cependant, son talent de frontman n’était aucunement affecté et il sut faire lever la foule avec son charisme impeccable. Comme mentionné plus haut, les spectateurs semblèrent tout de même apprécier le spectacle en chantant à tue-tête et en démontrant leur folie au parterre, mais pour ma part, lorsque le spectacle se termina à l’heure ridicule de 21 h 30, je ne pus faire autrement que de rester cruellement sur ma faim.
Setlist d’Helloween:
« Eagle Fly Free»
«Nabatea»
«Straight Out of Hell»
«Where the Sinners Go»
«Waiting For the Thunder»
Drum solo
«I’m Alive»
«Live Now»
«Hold Me in Your Arms»
«If I Could Fly»
«Hell Was Made in Heaven»
«Power»
Rappel:
«Are You Metal?»
«Dr. Stein»
«Future World»
«I Want Out»
En somme, ce fut malheureusement le spectacle le plus décevant auquel j’assistai cette année : une première partie médiocre, une sélection décevante de la tête d’affiche, les problèmes vocaux d’Andi Deris et une soirée beaucoup trop maigre pour les 45 $ en prévente et presque 60$ à la porte que coûtaient les billets. Il est d’autant plus étonnant et même choquant, dans ce contexte, que l’organisation de tournée de Helloween ait refusé d’inclure des groupes locaux supplémentaires pour donner plus de consistances à la soirée, d’autant plus que la région regorge de bons groupes qui correspondent aux sonorités recherchées par les amateurs de Powermetal et qui auraient certainement déclassé Coldsteel, qui n’était même pas vraiment Coldsteel, mais le chanteur de Coldsteel et des musiciens invités. Je me dois quand même de souligner le superbe travail d’organisation de Karl-Emmanuel Picard de District 7, qui aura tout de même fait de la soirée un succès sur le plan de l’achalandage. En terminant, je le remercie encore une fois pour les accès à l’équipe de Ondes Chocs, composée d’Alex Deleon-Cativo à la photo et de moi au chialage.
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas













J’suis presque rassurée de voir que je ne suis pas la seule qui n’a pas tout à fait « compris » la performance de Coldsteel..!
Je crois que c’est surtout inquiétant pour ceux qui ont aimé la performance de Coldsteel, Karo.