1146459_10151501419310826_2006022150_n

 

 

C’était un vendredi soir plutôt frisquet et sombre de la fin septembre. Une superbe petite amazone de cuir vêtue et son critique et grand escogriffe d’amoureux se dirigeaient allègrement vers un spectacle à l’affiche étonnamment diversifiée proposé par le sympathique Fred End de E.N.D. Productions. Arrivé à l’intérieur de l’Agitée peu après 19 h, le critique reçut la bénédiction de Fred pour avoir accès à la soirée (un gros merci!) et alla aussitôt se joindre à la bande de virtuoses d’Acédia attablée tranquillement dans le bar presque désert. Aussitôt, des conversations ludiques et sérieuses furent entamées pendant que divers visages connus faisaient leur apparition dans la salle : le mousquetaire anesthésié Pat Graham, le grand patron de la firme internationale Ondes Chocs; Dave Rouleau, Jonathan Gauthier (Haeres) et mon collègue de groupe Krist Godin (Endless Horizon). Le houblon coulait en cascade et des sorties enfumées eurent lieu avant que Shatter it All fasse son entrée en scène peu après 20 h.

Shatter it All est un trio qui nous provient de Saint-Hyacinthe et fait dans le Grindcore fortement teinté de Death Metal et de Thrash Metal agrémentés de quelques épices Black par moment. La formation se compose du rouquin barbu Mo Morel à la guitare et à la voix, de Dave Després à la batterie et de Doom Ostiguy à la basse et à la voix. Attaquant les spectateurs avec son mélange de musiques brutales interprété de façon précise, le groupe livra une performance endiablée qui fit le bonheur des quelques spectateurs présents (la foule était encore en train de grossir). Avec une bonne assurance scénique et un rendu efficace de ses pièces, la formation surprit grandement votre humble serviteur et lui donna envie d’aller découvrir leur matériel de façon plus approfondie. Shatter it All fut donc une agréable découverte de votre scribe et ceux-ci marquèrent encore des points en distribuant gratuitement leur nouvel EP Sacrifice of The Lunatics aux spectateurs. Malheureusement, le critique ne put mettre la main dessus puisqu’il n’en restait plus lorsqu’il se décida trop tard à aller voir Mo pour en avoir un. Les amateurs de Grindcore sont conviés à aller consulter cette page pour en savoir plus sur Shatter it All

Après une courte pause, c’était au tour des psychopathes musicaux d’Acédia de nous déballer leur sac à malices. Acédia est un quatuor de Québec qui pratique un Black Metal musicalement très élaboré basé sur une rythmique changeante, des influences jazz et classiques prédominantes et des thématiques lyriques dépressives et suicidaires. La jeune formation, qui a déjà un album à son actif (L’exil, 2012 disponible en téléchargement gratuit sur Bandcamp) et enregistre déjà son second album avec Antoine Baril derrière la console, est constituée sur scène de Zéphyros (Endless Horizon) à la batterie, Ascèse à la guitare de tête et au vocal, Erebos à la guitare rythmique et Christian Proteau à la basse. Très en forme et faisant preuve d’un talent musical hautement impressionnant, le groupe se lança dans une interprétation sans faille des titres les plus agressifs de son premier opus précédemment évoqué. Le public, maintenant beaucoup plus nombreux fut aussitôt conquis et éberlué par les prouesses sonores exécutées devant lui. Votre critique tatillon se doit de souligner, à ce chapitre, la performance épatante de Zéphyros à la batterie qui ne portait aucunement ombrage au jeu superbe de ses collègues avec leurs instruments à cordes dont Erebos avec son plaisir évident à jouer devant un public. Votre scribe put ainsi voir Pat Graham se délecter de la prestation d’Acédia et le troisième mousquetaire Pascal Chenard arriver au beau milieu de celle-ci et en être totalement impressionné. Pour terminer avec Acédia, l’agaçant rédacteur de ces lignes se doit de souligner l’amélioration flagrante de l’aisance scénique d’Ascèse par rapport à leur premier spectacle en avril dernier. En effet, celui-ci semblait beaucoup plus confortable avec le public et n’hésita pas à s’adresser à celui-ci entre les pièces, ce qui fut grandement apprécié. Ne perdez pas de temps et allez télécharger le premier opus d’Acédia sur Bandcamp, vous en serez marqués à vie!

Suite à la performance légendaire d’Acédia, le patron Dave Rouleau décida d’aller interviewer Shatter it All avec nul autre que votre dévoué rapporteur comme caméraman, pendant que les deux autres mousquetaires profitaient sans gêne de la pipe qu’il venait de bourrer d’une substance illicite. L’entrevue terminée, votre scribe constata avec stupeur que la pipée était vide et qu’Alcoholator jouait déjà à l’intérieur, il se précipita donc à l’intérieur pour aller assister à leur prestation. Avec un tel nom, il ne vous surprendra pas d’apprendre qu’Alcoholator fait dans le Thrash Metal de la vieille école en suivant à la lettre les codes développés par les maîtres de ce genre dans la décennie haute en couleur des années 1980. Le quatuor montréalais comprend Matt Butcher à la guitare et à la voix, Oli Whiskey à la guitare et aux chœurs, Gord à la basse et Phil Macht à la batterie. Bien que leur musique semblait souffrir d’une certaine linéarité et prévisibilité (qui sont inhérentes au style de prédilection du groupe) suite à celle présentée par le groupe précédent, celle-ci fut exécutée de manière extrêmement compétente et efficace par Alcoholator. En effet, le groupe donna une prestation endiablée et démontra son expérience de scène avec une attitude typiquement thrash très divertissante. Les spectateurs maintenant à leur maximum de la soirée s’en donnèrent d’ailleurs à coeur joie dans la fosse, ce qui démontre que la performance d’Alcoholator fut très appréciée. Si vous souffrez de la nostalgie de l’ère du Thrash Metal triomphant et des hymnes à l’alcool et au vice, allez jeter un coup d’œil du côté de cette page.

Après la performance d’Alcoholator, le patron d’Ondes Chocs fit ses adieux  à ses sbires pour aller couvrir un autre spectacle au Dagobert. C’est alors qu’Insurrection se prépara à présenter sa rébellion contre l’ordre établi, ce que les membres du groupe firent avec un talent foudroyant. Avant d’entrer dans le vif du sujet, Insurrection est un groupe originaire de Gatineau qui officie dans l’univers du Death Metal moderne teinté de quelques influences Hardcore modérées. Leur musique est technique sans être masturbatoire et donne une belle part aux motifs accrocheurs et à la langue française dans les paroles. Stef Jomphe (voix de tête), Mart Samson (guitare et support vocal), Vince Laprade (guitare et support vocal), Frank Girard (basse et support vocal) et Phil M. Latreille (batterie) sont les membres de cette formation forte de trois albums pleine longueur. Sur la scène de l’Agitée ces derniers opérèrent un véritable carnage mené de main de maître par Stef Jomphe et sa prestation psychotique et énergique à souhait. Les musiciens n’étaient aucunement en reste avec une prestation précise et mouvementée qui avait tout pour faire décoller le public. Tout au long de leur prestation, l’intensité ne se relâcha jamais d’un cran et la fosse se déchaîna à plusieurs reprises, ce qui est toujours très bon signe. Assistant à un spectacle d’Insurrection pour la toute première fois, votre humble critique fut donc ravi et fortement impressionné par le quintette qui est une véritable machine de guerre sur scène. Le nouvel album du groupe intitulé Prototype sera disponible dès le 15 octobre sur Galy Records et les fanatiques de bon Death Metal pourront découvrir cette troupe ici.

Un dernier entracte eut lieu et ce fut maintenant au tour des têtes d’affiche de la soirée, le quatuor Montréalais SpellDown, de monter sur les planches de L’Agitée pour nous présenter son Death/Thrash Metal aux motifs puissants. Groupe à l’historique mouvementé remontant jusqu’à 1996, SpellDown est le projet du guitariste-chanteur Alex Duhamel, accompagné d’Oscar Souto (Anonymus) à la basse, de Carlos Araya à la batterie et de Marco Paradis à la guitare. Comme évoqué plus haut, leur musique est un amalgame pesant de Thrah Metal et de Death Metal comptant sur l’apport de motifs de guitares à sept cordes, donc très lourds et sales. Sur scène le groupe nous présenta son matériel avec conviction et une aisance scénique proportionnelle à l’expérience de ses membres. La précision était aussi au rendez-vous et bien que plusieurs personnes désertèrent la salle en raison de l’heure tardive et de l’alignement peut-être un peu trop varié du spectacle, le groupe fut très apprécié des spectateurs qui firent le choix judicieux de rester pour assister à sa performance. La fosse fut ainsi infatigable et ses participants se rentraient dedans avec le sourire un de ceux-ci en perdit même la semelle de son soulier gauche, sans compter les bières renversées et les tables retournées. Ne connaissant le groupe que de nom et de réputation avant cette soirée, votre scribe fut donc très satisfait de sa découverte. Si SpellDown semble être votre tasse de thé, allez jeter un coup d’œil à cette page.

En somme, L’Agitée fut encore le théâtre d’un excellent spectacle de Metal très varié en cette soirée nuageuse de septembre et tous les groupes invités y présentèrent quelque chose d’intéressant dans leurs genres respectifs. Félicitation à Fred End pour sa bonne organisation et encore une fois merci pour l’accès donné aux membres d’Ondes Chocs!

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

944770_10151692385629020_1952736848_n