Insurrection
« Prototype »
2013
Pièce de l’album
1-Overprocessed (Intro) pièce électronique
2- Abattoir :
3-The Chronophobes
4-Checkmate
5-Sueurs Froides
6- Hellfire
7-Trois minutes de carnage
8- Archetype
9- Prototype
10- They Rise
11-Bruits sans fin
Insurrection, groupe de Death Métal de Gatineau, se soulève à nouveau contre l’ordre établi en nous livrant leur 3e album, « Prototype ». En 2008, leur premier album, Prologue, avait créé au groupe une opportunité de se faire une notoriété au sein de la scène métal québécoise… Et ce n’était réellement qu’un Prologue puisque Fracture était venu confirmer leur potentiel en 2010. Quant à Prototype, il agrandira sans aucun doute leurs possibilités de convertir la populace à leur musique et d’élargir la puissance de leur légion. Les membres du groupe sont Stef Jomphe à la voix, Mart Samson et Vince Laprade S. à la guitare et aux »backvocals », Frank Girard à la basse et aux »backvocals » ainsi que Philippe Latreille à la batterie. Ce qui est particulièrement intéressant chez Insurrection est que, bien que l’album contient beaucoup d’éléments techniques, les gars ne se lancent pas aveuglément dans la technicité, au dépend de la musicalité. Ils ont leur propre style qui demeure très accessible et fluide. Ainsi, ils n’ont pas peur de nous servir un rythme de tremolo et de blast-beats rapide suivi d’un riff plus lent, propice à l’établissement d’une ambiance plus lourde et plus »epic ». Prototype, album enregistré au Studio Apartment 2 par Topon Das de Fuck The Fact sera mis en vente en magasin par Galy Records dès le 15 octobre. Le travail de production est très réussi.
Prototype est composé de 11 pièces dont 4 écrites en français. L’intro, « Overprocessed », est une pièce instrumentale progressive d’une quarantaine de seconde qui laisse rapidement place à la 2e pièce, intitulée « Abattoir », une de mes préférées de l’album. Les paroles françaises sont vraiment intéressantes et restent en tête. Elles sont une dénonciation imagée de l’emprise qu’exerce le pouvoir étatique sur le peuple. Cette pièce est songée, accrocheuse et rassembleuse. Elle donne l’image d’un soulèvement de masse où le peuple se réveille enfin et le fait avec grande solidarité, avançant en troupe vers le siège du gouvernement, scandant les paroles de cette pièce :
Prise en-rang à l’abattoir, toute la masse sous le hachoir.
Érigeons nos bannières noires avant qu’il ne soit trop tard.
Les paroles sont facilement distinguables par dessus les »riffs » techniques et la batterie qui est très présente et imposante. La guitare laisse suffisamment de place aux paroles et la voix de Stef Jomphe est ressentie et très versatile. L’album se poursuit avec les pièces « Chronophobes », « Checkmate » et « Sueurs froides ». Les deux dernières sont des pièces qui »groove » à souhait et donne envie de danser violemment. Voici la pièce « Checkmate ».
« Sueurs froides », pièce qui raconte la perte de sang froid pendant un cauchemar terrifiant concernant la mort, est composée de cris en »backvocal » qui correspondent bien aux paroles du texte. Celle-ci se termine avec une courte partie de guitare mélodique qui se termine brusquement par un accord. S’en suit « HellFire’ qui est une pièce plus calme, donnant un peu plus envie de lever notre poing fermement dans les airs que de danser. « Trois minutes de Carnage » est une pièce aux paroles, encore une fois, très originale, qui aborde le simple geste d’un électeur lors d’un scrutin et l’importance de l’exercice de son vote, trop souvent pris à la légère.
Un instant suffit laissé à soi-même. Pour porter une nation au bord du gouffre.
À feu et à sang, seulement trois minutes. Seul à chaque instant, en isolement.
La 7e pièce de l’album, « Archetype », se démarque encore par ses paroles consciencieuses qui évoque le fait que nous sommes tous des clones d’un modèle original qui nous est imposé d’avance et qui mène à la destruction de l’humanité :
Archetypes, we hate, behavior written in our veins
Replicas, we fail; impossibility of change.
Dans « Prototype », la pièce titre de l’album, le chanteur incarne l’image d’un nouveau prototype d’homme optimisé, qui prend l’humanité en main suite à l’échec de dieu. Anéantissant toute peine, douleur et haine; rétablissant la paix et créant une espèce sans faille, sans croyance et qui ne ressent rien du tout. Insurrection arrive, s’approchant de votre ville pour convertir et assembler sa légion!
Praise! The perfect new prototype : Man optimized
I bring the peace that you have failed, termination.
L’avant dernière pièce de l’album, « They Rise » est suivi par « Bruits sans fin », qui traite de la propagande et du gavage de crâne réalisés par les nouvelles, la radio et autres médias populaires. Autant pour les bonnes causes que pour les mauvaises, les médias contrôlent la pensée populaire et ont le pouvoir d’implanter des idées chez les gens par leurs « Voix insensées sans autorité ».
Je ne crois pas avoir besoin de vous dire que je suis vraiment captivée par les textes de cet album. Ils sont engagés, philosophiques, actuels et phrasés avec habileté. J’ai bien aimé que parmi leurs nombreux remerciements figure la langue française. Si la langue française sortait un album, Insurrection figurerait, sans aucun doute, dans ses remerciements puisqu’ils ont su lui rendre honneur avec « Prototype »! Si tu es un amateur de musique qui bûche, un musicien, un philosophe, un citoyen, un mouton, un dieu ou un humain… « Prototype » de Insurrection, ça te prend ça!
\m/ C@w0o0o \m/





