Dimanche soir, je terminais une série de 5 shows en 5 soirs en allant voir Kamelot au Club Soda, une soirée organisée par Extensive Enterprise que je remercie encore pour l’étroite collaboration qu’ils nous offrent. J’étais un peu sul’cul comme on dit mais je n’avais pas l’intention de manquer cette soirée. J’ai donc donné rendez-vous à notre photographe Karolane pour 18h30 à la terrasse des Foufounes Électriques qui, je vous le répète pour ceux qui ne le savent pas encore, offrent la bière bouteille à $2,75 à cette heure-là. 18h20, je reçois 2 appels justement d’elle sans message ni texto. Je lève la tête et l’aperçois en discussion avec les portiers et fouillant dans son sac. Comme ça lui est arrivé l’autre jour à La Tulipe, je comprends immédiatement qu’elle cherche ses cartes d’identité. Je décide donc de m’avancer vers eux pour voir où s’en va la situation. Mon approche est immédiatement remarquée par Karolane dont le regard est suivi des yeux par le portier. La vue de mon look de « Vénérable du Sommet » (dixit Jef Fortin de Anonymus/MassMurderMessiah/Badass Studio) a dissipé toutes les hésitations du portier qui sans plus s’intéresser aux cartes a laissé passer Karolane qui semblait un tantinet énervée/irritée.
T’as pas tes cartes?
Oui, elles sont dans le fond de mon sac
Bon, je ne discuterai pas de toutes les pensées qui peuvent passer dans la tête d’un gars quand il entend cette phrase mais c’est sûr que la majorité de vous tous avez une anecdote … On s’est rendu à ma table et elle a plongé. Bon, finalement elle a repêché ses cartes du fond du ventre du dragon, est allée les montrer puis est revenue.
J’allais toujours ben pas lui montrer tout ce que j’ai dans mon sac
… Veux-tu une bière? J’en ai pris une pour toi.
Maintenant, qu’on était attablé devant une bière, il ne restait plus qu’à attendre et relaxer. J’ai remarqué que Marilie, la relationniste qui s’occupe de nous chez Extensive Enterprise était à une table voisine avec son chum. Le temps de présenter tout le monde et d’échanger 2/3 phrases, fallait partir pour le Club Soda. En tournant le coin de rue, vision de bon augure, il y a encore une file d’attente dehors malgré qu’il est très près de 19h00, ce doit donc être plein en dedans. Vision de mauvaise augure en même temps car s’il faut patienter un peu trop longtemps, nous manquerons le début du spectacle. Les 2 visions se sont finalement concrétisées et c’est dans une salle bondée que nous sommes entrés 7 minutes après l’entrée en scène de Eklipse. Bon, on aurait pu faire les temps mais pour une obscure raison, il n’y avait pas de bracelet/photo pour donner accès au pit de photographes à Karolane(!!?) et on a donc discuté un peu et patati et patata … on a manqué le début.
Après s’être fait expliquer de revenir plus tard, on a fait contre mauvaise fortune, bon coeur se disant qu »on aurait au moins des photos à partir de la salle et comme j’ai dit, on s’est engouffré dans la salle bondée pour voir la suite du spectacle des 4 angéliques sirènes qui envoûtaient l’audience tant par leur présence que par leur musique. Toutes vêtues de blanc et alignées telle des statues de marbre sur un socle commun auxquelles on aurait ajouté des enluminures, leurs archets tiraient des mélodies qui naturellement ne sont pas sans rappeler les précurseurs du genre, Apocalyptica. Des mélodies plaintives à l’archet pendant que les doigts pincent les cordes ou frappent les caisses. Une musique qui a le don de m’emmener en voyage même si je l’entendais pour la 1ère fois. Contrairement à moi, à la réaction de la foule, il y en avait un grand nombre qui n’était pas là pour découvrir mais plutôt pour acclamer Eklipse. Gageons qu’il y en aura plus maintenant car plusieurs ont fait la file à leur table de marchandise après leur prestation. Et à voir les sourires des demoiselles sur scène, il était évident qu’elles aussi appréciaient au plus haut point leur passage sur la scène du Club Soda et le plaisir de jouer devant une salle comble réceptive et enthousiaste. Enthousiasme qui a naturellement culminé lors de leur dernière pièce, une reprise de « Sweet dreams » de Eurythmics – que Marilyn Manson a remis à la mode du jour pour les plus jeunes ou plus gothiques d’entre vous. Mention pour les lumières qui illuminaient les contours des instruments et une toute spéciale au design du violoncelle de Helena.
Après une petite demi-heure en compagnie de Eklipse, il était temps de tenter une 3ème fois de récupérer le bracelet pour Karolane. Bingo, cette fois, c’est la bonne. Et Karolane part à travers la foule pour accéder au pit des photographes pendant que je retourne à ma place à l’arrière de la salle accoté au bout du bar dont j’utilise la surface horizontale pour prendre des notes dans mon calepin. Et comme c’est environ 1 mètre au-dessus du parterre, j’aime bien la vue que ça donne sur la scène.
C’était donc maintenant au groupe néerlandais Delain de fouler la scène pour nous présenter leur power rock symphonique et gothique. Encore une fois, l’accueil de la foule a été génial et comme précédemment, les sourires ne mentaient pas sur scène. Charlotte Wessels, leur chanteuse, en a profité pour nous enjôler de son charmant petit accent lorsqu’elle nous a dit en français qu’ils étaient très heureux de jouer ici. Les filles vont dire que Otto Schimmelpenninck van der Oije, leur bassiste, était aussi charmant lors de son « Merci beaucoup, Montreal ». Et je vous l’accorde. Tout au long de leur performance, ils ont su envoûter la foule avec leur musique et leur présence sur scène. Des envolées lyriques sur des mélodies béton très bien exécutées … et ils ont compensé l’absence de leur claviériste par des tracks. Ils auraient joué des heures que je n’aurais pas été surpris tellement la « vibe » était bonne. Charlotte a même pris la peine de filmer la foule pour immortaliser ce moment tout juste avant la dernière pièce de leur prestation, « We are the Others », la pièce-titre de leur dernier album qu’elle a pris la peine de dédier à nous tous qui faisons partie de la contre-culture. Pour faire une histoire courte, cette pièce a été écrite à la mémoire d’une jeune gothique qui est morte suite à un tabassage en règle motivé par le seul rejet de la différence.
L’entracte entre Delain et Kamelot a duré plus longtemps, une bonne demi-heure pendant qu’on écoutait Rammstein ou fumait une cigarette dehors. Ça a eu l’effet escompté parce qu’on sentait une certaine fébrilité plus l’attente s’étirait et dès leur entrée en scène, les clameurs ont jailli et ont continué par la suite à souligner chacune de leur pièce que ce soit à leur annonce ou à la fin de leur exécution.
Kamelot, qui revenait après à peine 1 an, ont définitivement apprécié eux-aussi ce qu’ils voyaient et on a eu droit à
It’s so good to be back. You’re always amazing.
Peu importe si ça sonne cliché qu’il dise ça, je peux témoigner que c’est vrai que la foule était « amazing ». Tout au long de la soirée, la foule avait donné une réponse énergique et maintenant, elle chantait une grande partie des paroles des chansons … même lorsqu’ils ont joué « Veritas » tiré de leur album « Silverthorn » paru en 2012 et dont ils font la promotion nord-américaine avec ce tour.
Cette tournée a aussi servi à montrer sur scène leur nouveau chanteur, Tommy Karevik qui je dois le dire, a ce qu’il faut pour rejoindre le public. Sa performance lors des vieilles pièces étaient aussi juste que lors des pièces du nouvel album, le seul qu’il a enregistré avec eux. Parlant performance je peux vous dire qu’ils en ont donné eux aussi toute une. Pendant près d’une heure trente, ils nous ont régalés de pièces pigées dans leurs divers albums pour compléter la présentation de « Silverthorn ». Pour leur spectacle, ils étaient accompagnés par Alissa White-Gluz de The Agonist qui a pu jouir d’un « riser » judicieusement placé à l’arrière de la scène pour qu’on la voit lorsque choriste et elle s’avançait à l’avant lorsque co-vocaliste invitée. Il y a également eu une autre demoiselle dont je n’ai pu saisir le nom, je suis désolé mais vite de même sans vérifier et vu de la place où j’étais, je dirais que c’était une des filles de Eklipse. Pour compléter le tout on a eu droit à un court solo de batterie de Casey Grillo, juste assez pour qu’on apprécie, un autre du clavier de Oliver Palotai et aussi un de Sean Tibbetts à la basse – je le répète pour ceux qui ne le savent pas encore, c’est mon instrument favori – où j’ai au moins pu identifier la passe connue de « Stray cat strut » de l’album de 1981 des Stray Cats et d’autres trucs à l’air familier dont je n’arrive pas à me rappeler les titres. Vraiment, Kamelot ont donné un très bon spectacle – leur meilleur selon Marc-André Jobin qui les a vu plusieurs fois et dont je respecte beaucoup l’opinion. Ce gars là a à peu près tout vu. Leur générosité ne s’est pas arrêtée là et ils ont signé des autographes et jasé avec les fans. Vraiment, je le répète, toute une belle soirée. C’était aussi très cool de voir le Club Soda ben plein.




















C’était tout un show! L’un de mes moment préféré a été quand Charlotte Wessels chantait Not Enough et qu’à la toute fin de cette chanson, sa voix de sirène me donnait des frissons pendant qu’elle était sous une lumière verte. On aurait dit un ange qui chantait. Et ce que j’ai apprécié de cette soirée, c’est qu’il y en avait plein des moments magiques comme celui-là qui faisait vibrer la foule. Les trois groupes se sont donné à fond et la foule leur en a donné autant en énergie.
Une soirée inoubliable.