Voici mon entrevue avec Bursting, un band de Thrash belge que j’ai rencontré à l’été 2012 lors d’un superbe périple sur le vieux continent. Ce sont vraiment des bons gars qui sont drôles, très accueillants, mais surtout qui sont sur la brosse pas mal, bref des bons vivants ! – D-A
Entrevue – Bursting
Tout d’abord un petit historique du groupe Bursting qui est né dans les bas-fonds puants de la ville de Huy (entre Liège et Namur) en mai 2004. Sur une idée de Stef (guitare) et de Rebhell (batterie) qui souhaitaient lancer un groupe de Thrash. Peu après, Streel (basse) et Laurent (voix) ont intégré le groupe. David, la 2e guitare, a rejoint le groupe quelques mois plus tard.
Pendant quatre ans, le groupe se maintient, joue sur pas mal de scènes (« peu de groupes thrash en Belgique, donc plus facile pour nous »), participe à des concours, certains sont gagnés, d’autres pas (« il faut bien en laisser un peu aux autres aussi »). Sur ce lapse de temps, nous avons enregistré un EP, « Vision of reality », et un album, « … And don’t deliver us from temptation ». Juste après cet album, David les quitte pour raison personnelle (« pas trop de temps pour les répètes, les concerts, bref, la vie de famille a gagné cette bataille »).
Loin de se démoraliser, ils continuent et embarquent Alekseï en lieu et place de David. Depuis 2008, ils continuent d’explorer les zones d’ombres du métal (« à savoir les cafés concerts, les bars, les MJ (maison de jeunes), les festivals, … bref, on a encore du pain sur la planche. »)
Fin 2011/début 2012, ils ont sorti leur second album, « Cervical : 7’’, qui pour le moment a l’air de bien plaire aux kids. Actuellement, ils sont en phase de composition pour sortir un EP de 5 titres, prévu théoriquement pour la fin de l’année 2013.
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– Pourquoi le nom Bursting, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Bursting (qui signifie éclatement au sens littéral) est un regroupement de potes aimant les mêmes choses : le métal, la bière, l’humour foireux, la déconnade, faire des bouffes entre nous et le Thrash surtout. C’est Rebhell qui a trouvé le nom, nous voulions quelque chose de court, d’incisif et un brin violent. Bref, on a fait un brainstorming où chacun a amené 5 noms de groupes et c’est « Bursting » qui a gagné la timbale.
– Quelles sont vos inspirations, en dehors de la Jupiler (marque de bière)?
En fait, notre divine bière nous aide surtout dans la compo … cela dit, les paroles sont rarement écrites sous influence, mais les idées des morceaux le sont. En dehors de la picole, nous abordons des thèmes qui sont parfois (rarement) sérieux comme des sujets sur la société (digne des groupes de Thrash), du métal en général et puis du foutage de gueule et notamment de l’invention la plus stupide (pour nous), à savoir les religions (sorry si j’en choque, mais c’est comme ça), nous traitons de sujets plus lights comme les MILF.
Bref, nous n’avons pas un seul terrain sur lequel basé nos paroles.
– Quand on jette un coup d’œil à vos pages sur Metal-Archives, Facebook et votre site officiel, on voit que vous faîtes tous parti de divers groupes, alors soit que vous vous échangez les postes ou vous êtes tous une bande d’hyperactifs qui n’ont trouvé que la musique distortionnée comme exutoire ?
En Belgique et plus particulièrement en Wallonie, il y a pas mal de groupes et nous nous côtoyons assez souvent dans les différents festivals… il est vrai qu’on finit par bien se connaître. À Huy, il existe 4 groupes plus anciens (Bursting, Catarrhal, Nevrlight Horizon et Slaughtery), nous sommes tous potes et certains se retrouvent dans plusieurs bands.
Il y a d’autres groupes plus jeunes, mais ils oscillent plus dans la lignée du « metal-core ». Certains d’entre nous ont des boulots « physiques » et d’autres ont un job plus relaxant « physiquement » donc la ‘zique peut effectivement servir d’exutoire (ce qui est mon cas).
– Comment se porte la scène métal en Belgique? Il y en a une ?
Oh que oui, mais elle change, elle évolue selon les années et les lieux. On va dire qu’il y a la scène flamande et la scène wallonne même si j’ai tendance à croire qu’elles se rapprochent toutes deux. De plus en plus de groupes wallons jouent en Flandre et de plus en plus de groupes flamands jouent en Wallonie … mais le nombre de groupes est assez élevé. Il faut arriver à faire son trou comme on dit. A Huy, il y a une scène bien atypique avec les 4 groupes nommés plus haut. Il y en a pour tous les goûts.
– Vous avez participé à quelques fests cet été, comment ça s’est passé?
Nous avons joué à la Fiesta du Rock avec Channel Zero et Aqme notamment, pour le reste, nous avons été en voir quelques-uns … cela s’est passé comme d’habitude, la tête qui tourne le matin et un gros con qui fait tourner le plafond lorsque l’on s’endort.
Sérieusement, cela se passe toujours bien, nous croisons les doigts pour que cela continue de la sorte, les gens viennent, bougent même s’ils ne te connaissent pas spécialement. On se donne à fond et les gens le ressentent et te le rendent … c’est un bel échange, presqu’une communion (aaaah curé, sors de ce corps). Après le concert, j’apprécie le contact avec le public pour échanger un mot, boire une chope (ou 2 ou 3 …), parler de musique, prendre de leur nouvelle (à force on finit aussi par les connaître).
– Des bons souvenirs ?
Dans nos shows, nous n’avons pas de mauvais souvenirs (genre bagarre ou autres dérivées), mais en voilà quelques-uns ! Nous avons ouvert pour des clubs de motards qui croyaient que nous allions reprendre du AC/DC, leurs têtes, ha ha ha ! C’était extraordinaire. Au tout début, nous avons joué aussi pour des anniversaires sous une tonnelle dans un jardin.
Nous avons aussi joué pour un autre anniversaire pour un gars qui aimait le métal quand il était jeune (il s’était arrêté à Metallica au niveau puissance). Là, on s’amène et se retrouve dans une salle de tennis métallique qui ressemble à un demi-fût. Devant le court se trouve une tonnelle (encore) de 3m sur 4m. On joue devant 5 adultes et 4 enfants, les autres sont postés dans la cafétaria située au-dessus attendant que les barbares aient fini de faire du bruit. Il faut dire qu’avant nous, il y a eu un magicien et après nous, une danseuse du ventre.
Dernièrement, nous avons été joué dans un mariage où se trouvaient la plupart des politicards de notre région (et les alentours).
– En dehors de la musique, vous avez tous des vies ‘’normales’’ et des boulots à temps plein, par exemple Laurent (chanteur) est prof (tortionnaire de jeunes adolescents), comment concilier vous tout ça, les tournées, les pratiques, les enregistrements et la ‘’vraie’’ vie ?
Cela demande une sacrée organisation effectivement car nous sommes obligés de concilier avec les congés des uns et des autres; notez que le prof ne travaille qu’un jour sur deux. En général, on se fait des concerts les vendredis, samedis et parfois le dimanche. Il faut prévoir, s’envoyer des sms ou se téléphoner. Nos répétitions étant fixes, on ne se casse pas trop la tête, on a un agenda et on fait pour un mieux pour tout le monde.
– Prévoyez-vous sortir de l’Europe pour faire des concerts ?
C’est dans l’idée, pour le moment, nous visitons un peu la France, nous allons aller en Hollande aussi et nous aimerions taquiner les Teutons aussi mais si une possibilité s’offre à nous pour aller jouer par hasard au Québec ou au Canada, nous ne dirions pas non.
– Vous avez déjà quelques releases à votre actif, mais maintenant que nous réserve Bursting pour l’avenir ?
Comme je l’ai mentionné plus haut, nous prévoyons un cinq titres (plus quelques bonus) pour la fin 2013. Nous avons un contact avec un label italien mais cela ne veut rien dire pour le moment, nous préférons composer des morceaux sans trop de pressing et faire du son que nous aimons. Pour la suite, quelques concerts sont prévus dans l’agenda mais certains sont encore secrets, les orgas veulent garder la surprise.
– Pourquoi avez-vous choisis de présenter vos œuvres en anglais ? Est-ce venu naturellement ou était-ce un choix volontaire ?
Nous trouvons que le métal en anglais «sonne» mieux qu’en français … bien que nous soyons fiers de notre langue. Je ne vois pas d’autres explications.
– Dans l’avenir il y aura-t-il des chansons en français ?
Non, mais nous avons déjà fait des passages en wallon dans notre dernier album (dialecte typiquement belge du sud du pays). Sinon, je ne pense pas que nous ferons un titre en français (en tout cas, pas dans l’immédiat).
– Un dernier mot pour les metalheads du Québec ?
Qu’est-ce que vous attendez pour nous inviter les mecs? On va venir vous le retourner votre beau Quebec !! Si vous voulez jeter un œil et une oreille, rendez-vous sur notre site officiel. Pour les filles, vous trouvez nos corps affriolants, un petit mail à: bursting@hotmail.fr
Pour les mecs, si vous avez une envie de commander un CD, un t-shirt ou pour nous invitez pour une tournée, envoyez un mail à la même adresse email!
Pour le reste, stay metaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaal ! You rule, dudes !
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Editeur – Voici une update retrouvée sur leur page Facebook:
« Salut à tous, un peu de neuf … maintenant que c’est officiel, nous pouvons le dire : Bursting jouera au prochain Mass Deathtruction avec Unleashed et Death (même si certains vont dire que sans Chuck ce n’est plus death, hein), Enthroned et Azarath. »





