784150

 

 

Erimha

« Reign Through Immortality »

(2013)

 

À une époque jugée immémoriale de nos jours, Sumer (signifiant approximativement « pays des rois civilisés ») était une civilisation florissante comprenant de nombreux États multiethniques établis dans la bande de terre fertile appelée Mésopotamie (qui en grec signifie au milieu des eaux) située entre le Tigre et l’Euphrate, dans l’actuel Irak. Les sumériens utilisaient le mot « erimha » pour désigner une armée ou une légion. Aujourd’hui ce mot est toujours utilisé pour désigner une armée de guerriers provenant de Valleyfield au Québec et qui utilise le Death/Black Metal symphonique comme arme pour conquérir la planète et faire revivre la gloire de l’Empire sumérien. Forte d’un excellent premier album intitulé Irkalla (2010), de la signature d’un contrat de disque avec Victory Records et d’une association avec Galy Booking, la formation nous présentait cet été son second album en carrière qui sera certainement à classer parmi les meilleurs disques métalliques québécois de l’année.

S’amorçant de façon assez classique pour le genre avec une introduction orchestrale («Enlightenment») nous donnant l’impression de passer à travers une porte spatio-temporelle qui nous ramène dans l’antique Sumer, superbement illustrée dans notre esprit par une mélodie épique et des tambours guerriers à saveur orientale, l’album se poursuit ensuite de façon impitoyable avec « Ascetic » et ses motifs hautement accrocheurs qui laisseront assurément votre cou meurtri. D’une constance honorable, Erimha enchaîne ensuite avec la tout aussi efficace « Condemned To Desolation » et l’auditeur averti sait maintenant à quoi s’attendre pour le reste de l’opus : des pièces magnifiquement bien composées, des motifs de guitare épique accrocheurs qui ne sacrifient jamais l’efficacité pour la virtuosité, des claviers rehaussant le côté épique et atmosphérique des compositions, une batterie puissante et précise, les voix râpeuses variées et efficaces de Gore et une production grandiose de Chris Donaldson (Mythosis, Cryptopsy).

Ne contenant aucun moment faible et aucun relâchement, Reign Through Immortality poursuit sur sa lancée à un rythme effréné interrompu seulement par un superbe intermède atmosphérique (« Saunter To Extinction ») et maintient l’intérêt grâce à des variations de structures bienvenues. On aura ainsi droit à des pièces courtes et agressives, comme : « Ascetic », « Condemned To Desolation », «The Ritual of Internicion », « Verdict of The Soul » et « Cataclysmic Tides ». Erimha nous présentera aussi une pièce au tempo plus modérée, comme « Metaphysic Countenance » qui me rappelle des pièces plus contemplatives de Keep of Kalessin. Enfin, le tout s’achèvera sur une pièce monumentale et épique de plus de dix minutes, la superbe « Metempsychosis ». Ne réinventant pas la roue et ne cherchant pas forcément à sortir des sentiers battus, Erimha nous présente tout de même un Death /Black symphonique qui brille par son efficacité, la qualité de son interprétation et la puissance de sa production. Les admirateurs du genre seront donc conquis dès la première écoute et l’efficacité des compositions en fera un album qui jouera assurément sur « repeat «  dans votre lecteur.

En somme, forts de trois années d’expérience marquées par de nombreux spectacles, une forte dévotion à leur musique et la consolidation de leur formation, les gars d’Erimha nous présentent cette année un deuxième opus de grande qualité. En effet, si Reign Through Immortality ne réinvente pas la roue, il présente cependant des compositions superbement efficaces, produites de façon experte qui placera inévitablement le groupe parmi les incontournables du genre. Surveillez l’arrivée des légions sumériennes!

9/10

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas