Mardi le 4 Octobre 2016, Métropolis de Montréal
Heavy Montréal présente Opeth «Sorceress World Tour» accompagné de The Sword.

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Mardi passé avait lieu l’arrêt d’Opeth à Montréal dans le cadre de la tournée qui suit la sortie de leur nouvel album «Sorceress» en septembre dernier. Pour l’occasion, c’est au Métropolis qu’Evenko/Greenland présentait cette soirée qui offrait également le groupe The Sword en ouverture. Je dois avouer qu’en voyant cette affiche et prenant note de la présence de The Sword, groupe montant de la scène Stoner tout en sachant que le nouvel album d’Opeth incorpore justement des influences Stoner, je m’attendais à une soirée sous cette égide où Opeth naturellement nous présenterait principalement son nouvel album.

Après être arrêté à deux portes de ma destination, aux Foufounes Électriques, question de prendre une bière ou deux (les moins chères du coin) en jasant avec quelques connaissances dont Louis, le sympathique barman, qui arborait son t-shirt d’Opeth et regrettait bien d’être de service pour la soirée, je me dirigeai vers le Métropolis question de récupérer mon accès pour lequel je remercie Evenko. À mon entrée dans la salle, le parterre est déjà bien rempli et en m’avançant vers l’avant-scène, je constate que le balcon semble plein. Une belle foule pour le retour d’Opeth. Le temps de me procurer une bière, une Molson Canadian, à un prix raisonnable ce qui est un gros plus pour le Métropolis, je m’installai pour voir ce que The Sword avait à nous offrir.

C’est sûr l’heure tapant prévu à l’horaire qu’une petite intro musicale s’est fait entendre et que les quatre musiciens se sont avancés sur scène pour nous offrir leur musique fortement teintée par les atmosphères sabbathiennes. Campés sur place pour la totalité de leur prestation d’un peu plus de trente minutes, ce fut une performance somme toute fort sobre avec un minimum d’éclairage. Les gars se sont contentés de nous jouer leurs pièces sans trop de mouvement ou d’intensité ce que je trouve toujours un peu dommage. D’ailleurs, l’interaction avec la foule s’est limitée à un simple «Thank You» après quelques chansons. Pourtant, la foule leur témoignait son appréciation par plusieurs acclamations saluant la fin des morceaux. Peu importe finalement qu’ils aient cette attitude statique car la foule semblait contente et c’est vrai qu’ils ont très bien exécuté leur musique qui utilise bien le côté catchy des riffs groovy et fuzzy. Ce ne fut pas une performance enivrante mais elle a eu l’heur de plaire.

Après plus de trente minutes d’entracte qui, je le constaterais plus tard, étaient fortement justifiées, il était maintenant temps d’accueillir la troupe suédoise menée de main de maître par Mikael Akerfeldt. Dès les premières notes, le décor s’est animé et outre les projecteurs bleus et blancs qui inondaient la scène de leur jet lumineux, il y avait à l’arrière-scène, deux colonnes de téléviseurs, responsables de la demi-heure d’installation, qui projetaient des images abstraites à un rythme stroboscopique. Je suis peut-être de la vieille école ou même quétaine mais j’aime ça les jeux de lumières sur scène alors j’appréciais d’autant cette entrée en scène alors qu’Opeth débutait son spectacle avec la pièce-titre de leur nouvel album «Sorceress». Comme j’avais déjà des appréhensions tel que vous l’avez lu plus haut, j’avais hâte de voir quelle pièce suivrait. À mon grand plaisir, ils ont enchaîné avec «Ghost of Perdition» et «Demon of the Fall» entrecoupé d’un «Merci beaucoup» en français de la part d’Akerfeldt et d’un petit laïus où il a annoncé qu’ils joueraient d’autres vieilles chansons et a aussi parlé, entre autres, de son manque d’intérêt pour le hockey bien qu’il soit suédois. Il a également tenu à mentionner son bonheur d’être de retour à Montréal tout en soulignant le côté cliché de le dire. Akerfeldt se sentait d’humeur bonhomme et profitait bien de la réception qu’il obtenait de la foule compacte au parterre. En fait, il tenait vraiment à jaser car il a fait de nombreuses interventions entre les pièces ce qui contrastait amplement avec la façon que le chanteur de The Sword a tenu son rôle de frontman.

Déjà après seulement trois pièces, Opeth démontraient qu’ils comptaient visiter leur discographie au grand plaisir de la foule qui scandait «Harvest» et due être tempérée par Akerfeldt car elle ne figurait pas au setlist de la soirée. On eut droit plutôt à «The Drapery Falls» de l’album «Blackwater Park». De toute façon, considérant l’ampleur de leur discographie et la valeur de leurs compositions, il reste difficile de satisfaire tous et chacun mais il est impossible de déplaire alors qu’il est certain que la qualité sera au rendez-vous tant au niveau des compositions que du jeu sans faille des musiciens peu importe les pièces jouées. Ceux qui n’ont pas eu leur chanson favorite en ont peut-être quand même eu une petite portion lorsqu’ils ont fait un medley de quelques compositions dont certaines n’ont jamais été jouées en spectacle. Après cette exécution que j’ai trouvé pas mal cool, ils se sont retirés question de chauffer la foule pour le rappel qui fut «Deliverance» et qui a clôturé une prestation généreuse de plus de deux heures.

En résumé, nous avons eu droit à une soirée en deux temps. Premièrement, nous avons eu la prestation sobre et tranquille de The Sword qui sans fla-fla nous ont envoyé leur musique. Ensuite, nous sommes passés à un autre niveau avec le spectacle haut en couleurs d’Opeth  où ils nous auront joué un set varié ne contenant que trois pièces de leur nouvel album et reculant jusqu’en 1999 avec «Face of Melinda», le tout agrémenté des interventions sympathiques d’Akerfeldt. Ma première expérience avec ces deux groupes me donnent envie de revoir Opeth alors que je me contenterai bien d’écouter The Sword sur album s’ils ne font pas monter leur prestation d’une coche.

Lex Ivian