Urban Aliens, Buffalo Theory Mtl, Gypsy Chief Goliath et Branded by PainPiranha Bar, Montréal le 17 septembre 2016

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Samedi dernier, Urban Aliens m’avait invité à assister à leur spectacle où le line up présentait des groupes offrant a priori des styles différents mais qui se rejoignaient pas mal tous par la groove que dégage leur musique respective. Je suis donc arrivé sur les lieux à l’heure d’ouverture des portes mentionnées soit 19h30, question de profiter de la demi-heure d’attente avant le début du spectacle pour jaser avec plusieurs personnes que je n’avais pas vues depuis un certain temps. Bref, le temps s’écoulant plaisamment au gré de ces conversations pendant que la salle se remplissait, il était finalement vingt minutes après l’heure prévue quand Branded by Pain s’est présenté sur scène pour nous offrir son mix de Thrash/Death en se concentrant sur les pièces les plus lentes et groovy de son répertoire question de «…s’harmoniser avec la suite de la soirée…» comme Martin (guitare) me mentionnait après leur solide performance. Branded by Pain a également profité de ce moment opportun où il précédait un groupe Stoner pour offrir pour la première fois sur scène, leur reprise de «Lifer» du groupe Down. Pour l’occasion, Annick Lussier, chanteuse du groupe Guttrot, les a rejoints et a offert une très belle interprétation dans un style bluesy très bien porté par sa voix qui, même dans ses moments les plus clairs, garde ce côté éraillé nécessaire à tout bon Blues. Interprétée en milieu de parcours, cette reprise a fait le pont vers la suite de leur set qui a monté en intensité alors que la dernière pièce s’est avérée la plus thrash du set. Branded by Pain a lancé la soirée avec aplomb se permettant même, avec sa reprise de «Lifer», d’offrir une belle surprise pour ses fans mais également pour ceux dans la foule venus pour la portion plus Stoner de la soirée.

Après un entracte de vingt-cinq minutes amplement nécessaire pour installer tout l’arsenal – trois guitares, une basse, un clavier et une batterie – dont se sert Gypsy Chief Goliath, le quintette ontarien s’est installé pour nous offrir son Stoner fortement bluesy mais aussi teinté de pleins d’influence 70’s. Ne connaissant pas le groupe, j’avais peur que cet armada de guitares additionné d’un clavier ne créent un mur de son mais au contraire, leurs compositions laissent de l’espace pour respirer alors que le jeu des guitares se complète bien et j’aurais d’ailleurs apprécié plus de claviers dans le mix de sons. Naturellement, les gars étaient tassés sur scène mais ils ont su utilisé leur espace et on les sentait bien embarqué dans leur prestation à voir les regards complices qu’ils se lançaient. À la réaction de la foule, je crois bien qu’elle a embarqué aussi dans leur musique car les acclamations se sont intensifiées à mesure que celles-ci passaient de découverte à appréciation. Gypsy Chief Goliath a su utiliser sa quarantaine de minutes à bon escient et j’espère, se gagner de nouveaux fans.

Après une quinzaine de minutes de pause, c’était maintenant au tour de Buffalo Theory Mtl, groupe formé de plusieurs vétérans de la scène dont le nom n’est plus à faire. À noter que la foule présentait un bon nombre de métalleux à têtes blanches qu’on voit moins souvent dans les shows mais sortis pour l’occasion afin d’encourager leurs vieux chums. Buffalo Theory Mtl allait donc poursuivre dans la veine Stoner, cette fois avec un penchant certain vers les ambiances à la Black Sabbath. Les musiciens ont offert une performance solide telle qu’on est en droit de s’attendre de ces musiciens chevronnés mais, tout comme sur leurs enregistrements, leur chanteur ne m’a pas convaincu. J’ai toujours trouvé qu’il manque un peu de punch. À sa défense, il a annoncé sur son facebook être malade et prendre des pastilles pour la gorge alors il ne devait pas avoir sa voix des grands jours et il a lui-même avoué avant la dernière chanson que là il n’avait vraiment plus de voix. Enfin, peu importe semble t’il car leurs fans ont bien apprécié la prestation et les acclamations ponctuant la fin de chaque chanson le démontraient bien.

C’est après tout près d’une demi-heure d’entracte que les joyeux lurons d’Urban Aliens sont montés sur scène. Toujours menés de façon interactive bizarroïde par Frank Da Skank (chant) à l’attitude de mononcle un peu (pas mal) pervers, Urban Aliens ont enchaîné leurs succès saugrenus accompagnés des grimaces de Whoe Henry (guitare) et peut-être aussi de Fil Hermouth (guitare) mais comme il a toujours les cheveux dans la face, on ne peut pas savoir. Ce fut encore une fois une solide performance pimentée par une passe de Chippendales de Whoe Henry telle que promise lors d’une gageure d’avant spectacle. Je ne peux confirmer s’il a gagné ou perdu la gageure car le connaissant, il est bien capable de dire «ok si je gagne, je me sacre en bobette sur le stage». Bien qu’offrant un répertoire plus brutal que leurs prédécesseurs, leur musique contient une dose de groove amplement suffisante pour garder le ton de la soirée. Leur Death a aussi fait monter l’intensité dans le pit au plaisir de leurs nombreux fans présents comme toujours arborant le t-shirt du groupe. Même un bris inopportun de fil de basse à mi-chemin de leur set n’a pas miné l’énergie de la prestation et ils ont su clôturer cette soirée en force.

Je tiens à remercier Stewie pour l’invitation de même que les groupes, les fans et le personnel du Piranha Bar pour m’avoir fait passer une autre belle soirée.

Lex Ivian