25 août - Montréal - Deathbringer (lancement)

Après avoir vu leur baptême de scène prévu en mai être reporté dû à un malencontreux accident au chanteur/guitariste de Dopethrone qui devait être en tête d’affiche de la soirée et avait dû annulé le spectacle, les gars de Deathbringer avaient hâte de se deviarger et c’est jeudi dernier qu’ils ont pu se faire plaisir alors qu’ils foulaient la scène de l’Hémisphère Gauche de Montréal en compagnie de Spectral Wound et avaient invité DJ Satannick pour agrémenter les temps morts et être certain qu’on ne serait pas torturé de musique insipide et pas rapport comme c’est trop souvent le cas dans certains établissements avant et après le spectacle et surtout pendant l’entracte entre les deux groupes.

C’est donc par un début de soirée très chaude et très humide que je me suis dirigé vers l’antre où se tiendraient les hostilités. Arrivé un peu avant l’heure annoncée pour accueillir la horde des fervents amateurs, j’ai eu le plaisir d’y rencontrer plus d’une face connue ce qui ne m’a pas vraiment surpris puisque j’ai été DJ à l’Hémisphère Gauche pendant plusieurs années au tournant du siècle et connait la majorité des vieux de la vieille qui s’y rassemblent toujours pour se désaltérer et aussi parce que certains membres de Deathbringer font partie du personnel des Katacombes et que, finalement, son chanteur est une bonne connaissance. C’est donc avec la sensation d’arriver dans une réunion de vieux et nouveaux chums que j’ai rejoint la masse de spectateurs attroupés à l’extérieur du bar et que j’en ai profité pour jaser en attendant que le spectacle débute.

C’est quelques minutes après 22h15 que Spectral Wound est monté sur scène pour sa prestation. Offrant un Raw Black Metal d’influences scandinaves sans fioritures, principalement basé sur la vitesse et non sur la variété tout en s’appuyant sur les mélodies typiques au genre, le groupe nous a joué quatre pièces pendant le temps qui lui était alloué. Personnellement, je ne suis pas un grand fan de ce style musical mais je suis capable de constater qu’ils connaissent leurs références scandinaves et qu’ils maîtrisent très bien leur instrument. Leur prestation s’est déroulée rondement mais j’aurais aimé qu’il se crée un contact plus intéressant entre la scène et la foule mais ici, à part quelques phrases lancées entre les pièces par le chanteur, la prestation s’est déroulée comme si le groupe se foutait pas mal qu’il y ait du monde dans la salle alors que la bassiste s’est installée à l’arrière de la scène dos à la foule tout au long de la prestation en plus d’être partiellement cachée par le guitariste qui, pour sa part, s’est contenté de regarder par terre. Certains diront en me lisant que je suis chiâleux mais j’ai tout de même entendu ce commentaire de plus d’une personne présente. Je sais bien qu’ils ont le droit d’avoir l’attitude qu’ils veulent bien mais dans ces situations, je me demande toujours ce qu’ils penseraient si justement la foule agissait comme eux et se tournait dos à la scène pendant la prestation… Remarquez que plus d’un s’en foutait aussi qu’ils se l’aient joué grim nihilistic et ont bien apprécié leur performance qui fut solide musicalement.

Après une entracte d’environ 20 minutes pendant laquelle DJ Satannick nous a régalé de vieux stock Doom, Death et Black, c’était maintenant l’heure pour Deathbringer de briser la glace, le tout annoncé par une toune rigolotte de la catégorie de «Old MacDonald had a farm» ou du générique des cartoons d’Hanna-Barbara qui a aussitôt attiré mon attention vers la scène. Quand je les ai vus installés avec les deux guitaristes et le bassiste dos à la foule, je me suis dit «pas eux autres aussi» mais c’était seulement pour débuter le spectacle car ils se sont tournés vers nous peu après le début de la première pièce me permettant du coup de donner une mention spéciale à la guitare «glow in the dark» du guitariste de gauche.

S’en est suivi une performance sans faille saluée avec enthousiasme par la foule et où le quintette n’a pas donné l’impression d’en être à sa première prestation ensemble sur scène. Tous les musiciens ont bien fait sentir leur présence sur scène et le rendu de leur pièce était solide. Faut tout de même savoir que ce ne sont pas des novices puisque tous ont une expérience dans d’autres groupes sauf le chanteur qui m’a avoué avoir eu des papillons dans l’estomac dans les heures précédant le spectacle. J’avais un peu peur qu’il veuille trop en donner et force sa voix indûment mais ce ne fut pas le cas et il a bien rendu le vocal que j’ai découvert sur le EP. J’aurais bien aimé qu’il soit plus présent dans le mix de son parce qu’il manquait un peu de volume et se perdait parfois dans le son surtout lors de certains growls Death plus graves. Si on oublie ce petit ennui, je le répète, ce fut un excellent baptême de scène qui s’est terminé avec leur chanteur qui a sauté dans le pit pour finalement faire bouger cette foule qui, bien qu’appréciatrice, a tout de même été statique tout au long.

La prestation de ±45 minutes leur aura donc permis de nous jouer le EP «From Silence Was Born The Sound of Death» en entier plus trois nouvelles pièces de leur musique qui marie très bien le Doom, Death, Crust et Black pour former un tout qui leur est particulier. C’est intéressant de constater que quelques semaines après la sortie de leur EP, ils offrent déjà de nouvelles pièces en spectacle, laissant penser avec plaisir qu’une nouvelle galette s’en vient.

Après le spectacle, pendant que DJ Satannick oeuvrait à offrir un beau complément musical à cette soirée fort réussie, les commentaires concernant la prestation de Deathbringer étaient des plus positifs ce qui augure bien pour leur prochain spectacle montréalais qui aura lieu en ouverture de Blood Incantation le 22 septembre au Piranha Bar. Une bonne occasion pour ceux qui les ont manqués jeudi dernier de rejoindre le peloton de leurs fans qui ont maintenant un show d’avance sur eux. Ils seront aussi au Rock Café Le Stage de Trois-Rivières le 24 septembre en compagnie de Dopethrone. Je vous suggère de ne pas les manquer.

Lex Ivian