28 novembre 15 - Drummondville- Erimha Affiche

 

Pour les besoins de ma troisième chronique pour Ondes Chocs, je débarque à Drummondville en cette froide soirée de fin novembre, cette ville où j’ai habité presque 20 ans plus tôt, pour découvrir sur scène six groupes que je n’avais jamais vus «live» et dont un seul que je connaissais l’existence, Erimha. À mon arrivée dans ce pub, un peu à l’écart du centre-ville, j’ai la chance d’être fort gentiment accueilli par l’une des propriétaires, Stéphanie Desmarais, qui me disait que ce genre d’évènement arrivait 2 à 3 fois par mois, et ce, depuis un peu plus d’un an. Voilà qui est fort intéressant! Tout s’annonce très bien ! Je discute ici et là avec les membres de The Apex et les girls de Smirkling Revenge, ces dernières m’intriguant fortement avec leur make-up; je me sens interpelé avec mes antécédants de manager de lutte au Québec en ayant arboré moi-même un visage peint pendant plus de 15 ans. Les groupes arrivent les uns après les autres, la place se remplit, je sens l’effervescence dans la place. Il n’y a pas de doutes possibles, la soirée s’annonce survoltée et pas une seule note n’a été jouée encore ! Un dernier coup d’oeil à ma liste des groupes au menu et une visite aux tables de merchs…

Les Requins Malins
Slaved By Numbers
Smirking Revenge
The Apex
Killitorous
Erimha

Sans crier gare, cinq joyeux lurons originaires de Granby entrent en scène avec une énergie très contagieuse. D’entrée, ils démontrent leur mordant. Rien d’étonnant si l’on considère leur nom fort sympathiques de Les Requins Malins! Dès les premières notes, j’ai tout de suite perçu leurs influences hardcore du genre Exploited et Fate 2 Hate, du bon thrash et une teinte Oi dans certains segments. Un cocktail efficace pour attirer la foule dans l’emblématique danse chaotique. Avec des titres et paroles fort évocateurs dans, non pas la Langue de Molière mais beaucoup plus celle de Falardeau! Du varlopage bien en règle pendant un bon 20 minutes! Contraste intéressant de vocal et attitude entre le bassiste et le lead vocal; l’un très extraverti, l’autre plus calme mais tout autant décapant, laissant quelques chums à eux faire des back-vocals dans un esprit festif aux mouvements de bonnes bières se consommant.

Faits amusants: Une basse décorée avec du duck-tape; le «front-singer» armé d’un micro d’une main et d’une grosse 50 de l’autre; un des deux guitariste arborant un chandail approprié de «Surfin’ M.O.D.», j’adore!!! Hell yeah!

À peine le temps de m’en griller une que le deuxième band prenait déjà place sur le minuscule stage. Directement de Cowansville… Slaves By Numbers! Croyez-moi, malgré leur nom, ils n’avaient certainement pas l’étiquette «d’esclaves », bien au contraire! Nul besoin d’être un profileur pour le FBI pour se rendre compte que le chanteur n’était pas là pour chanter les plus grands succès de Pierre-Paul Petit-Potvin (célèbre dans sa paroisse) accompagné d’un accordéon! Ce type avait plus la gueule d’un Phil Anselmo que d’un Justin Bieber et son comparse au vocal me fit penser à un Sid Vicious ayant survécu et bien décidé à ne pas s’assagir, doublé d’un son musclé, la paire s’échangea chacun leurs fragments respectifs entre une voix grind et l’autre brutale. Duo fort intéressant venant donner encore plus de corps à une musique déjà agressive, un croisement assez symphatique entre Napalm Death et Pantera! Chaque toune rentre comme une panoplie de coups de poings en pleine gueule! Efficace! À la dernière chanson, ils présentent leur nouveau bassiste qui entreprend de s’exécuter en mode «body surfing» en ne cessant jamais de jouer. Le résultat est là! 2 sur 2 jusqu’à présent! Seul point négatif est de savoir leur temps écourté afin de laisser du temps pour que les quatre autres puissent en bénéficier à leur tour. Ce n’est que partie remise les boys!

Nous voici maintenant à la portion qui pique le plus ma curiosité. Un band de filles avec un make-up fort différent de Lady Gaga! Après L7 et Kittie voici… Smirking Revenge! Oh boy! Si Black Sabbath et Cradle of Filth avaient pu engendrer des descendants en version féminine, nous aurions ici la clé de l’énigme! La fragilité féminine est brisée par ces quatre fées infernales… fantasme avoué de beaucoup de métalleux. Terminé les Barbies, Gem et les Holograms ou autres Josie et les Pussycats, là on passe en vitesse supérieure, brutale et glauque, comme si la Mort elle-même devenait sexy malgré la longue lame de sa faucheuse. L’effet est de taille! La foule embarque solide! Elle savent envoûter sous ce charme morbide comme des sirènes avec une musique qui offre la trame sonore de ce délire! Je me plais à me dire qu’à mes yeux elles incarnent les «Nightmare dolls of Sucubus»! J’en suis crissement impressionné! Très franchement, ces femmes prennent LEUR place et ne la laisse à quiconque! Les boys, vous avez une féroce compétition! Ce que je vois et j’entends devraient leur permettre d’aller loin et même jusque sur le vieux continent! Je suis fort curieux de voir cette belle maturité dans quelques années.

Nous en sommes à la mi-temps, si je peux m’exprimer ainsi. Si le restant de la soirée est synonyme de ce que j’ai vu jusqu’à présent, je ne suis pas au bout de mes surprises. Les trois premiers shows valaient le prix du billet d’entrée et pourtant, nous n’étions qu’à la moitié. Si l’on coupe la poire en deux, pour $5 j’en suis pleinement satisfait. Wow! Les trois grosses pointures sont à venir et jusqu’à présent si l’apéritif était solide, le prochain cocktail s’annonçait encore plus pour les amateurs de VRAI «fort»!

Le temps d’une cigarette et quelques gorgées d’une des très bonne bières servies au Pub, je vois se pointer les membres du groupe The Apex, originaire de Windsor (Ontario) avec lesquels j’ai eu la chance de dialoguer rapidement! Oh shit! Que vois-je? J’en arrive à une question pour mieux résumer ce qui se dresse devant moi. Que diriez-vous de manger en pleine gueule un sledgehammer, aussi imposant que le Marteau de Thor lui-même, par un homme aussi imposant qu’un char d’assaut? Et celui-ci est le chanteur, alors imaginez la puissance qui peut se dégager d’une telle combinaison! Un derby de démolition en musique aussi percutante que la Bombe H larguée sur Hiroshima mais avec comme message «From The Apex with love! Here comes the pain!». Ça dit tout! C’est pesant, technique et donne l’impression qu’on ne pourra s’échapper de cette arme de destruction massive doublée de partitions complexes. Un hybride «Crowbar – Meshuggah» qui nous rentre dans le corps! Le moshpit est purement relatif à ce son qui l’entraîne! À moins d’être sourd, mort ou dans le coma depuis 15 ans, c’est impossible de demeurer indifférent! De quoi faire crouler les murs de Jéricho sans effort! Ils sont prêts pour the next step! Great great guys! See you soon! Thanks for the gifts!

Quatre sur six! C’est terrible (dans le bon sens) une telle carte! Nous voici maintenant au band précédant les convoités Erimha. Ayant jasé avec le chanteur et m’étant procuré un superbe chandail, ma hâte était croissante, et ce, malgré le fait que ce qui s’annonçait était pour être du grind pur et dur.

Si je me fie au chanteur, ce qui s’en vient n’est pas de tout repos. Et si je vous dis «Party-Grind», ça vous dit quoi? Tic-tac-tic-tac! Droit de réplique! Hmmmmm! Pour mieux faire une analogie adéquate, je dirais que c’est semblable à…

Prendre un 6-pack de Red Bull, 2 speed, beaucoup de sucre et une track avant de vous garrocher dans un champ de barbelés en lames de rasoir, étendue sur 500 pieds carrés!

Un véritable party sadique de Jigsaw qui dépasse ce que vous avez vu dans les films «Saw». Ajoutez à ça beaucoup de décibels, une voix qui déchire et vous avez le nom parfait collé à une telle sensation…. Killitorous! Du grind stiff, une voix aussi stridente qu’une scie ronde découpant un cadavre, des musiciens mutilant les sens des non-adeptes du genre en leur infligeant un carnage sonore dont chaque note est un véritable coup de sclapel! On s’entend que ça ne passera jamais à «America’s got talent» et c’est tant mieux! Quelle ne fut pas ma jubilation d’entendre «Sweet child ‘o mine» se faire charcuter par la pièce «Gary Busey»! Priceless! Les boys s’amusent et la foule embarque sans hésitation! Sans la moindre retenue, vous avez su nous livrer une prestation digne de votre calibre! Un coup de poignard drette dans le coeur est bandant face à une telle dose de violence! Hit often, hit harder! Horns up guys!

Un petit tour dans le «bus de tournée» de The Apex et une bière plus tard, je suis prêt pour la finale tant attendue. J’avoue un préjugé favorable envers eux que je consière déjà comme les Immortal de Montréal… Ladies, gentlemen and living dead girls! Here comes… Erimha! On sent l’ambiance dès le commencement, pas le moindre spot sur le stage, la noirceur! J’adore le feeling, cette ambiance ténébreuse, les make-ups, les geras…tout y est ! Les fans de Dimmu, Behemoth et Watain se sentent privilégiés d’être là! Ils sont d’ici et ont le très gros potentiel pour aller très loin! Chaque membre est nu pieds, le chanteur en haillons, des riffs sacadés, un contact avec la foule qui dénote un respect (les autres bands en ont fait autant) et un style qui, de façon indéniable peut aisément rivaliser avec nos voisins du sud et plusieurs de la Scandinavie! Je suis fan du genre et ils réussissent à me donner raison! J’adore ! Ils sont dignes d’êtres pris très au sérieux! Tout y est! Prestance, attitude, son et ambiance!

Wow! Quel travail! Pour $10 j’en ai eu pour 2 fois le prix: six groupes! J’en veux encore et encore des shows comme ça!!! Je crois qu’au fil du temps, je ne suis pas au bout de mes surprises! Nous avons assez de talent pour organiser notre «Hellfest» au Québec! Et vous tous, sortez! Allez voir des shows! Un gros crisse de «horns up»! Stand up and shout!

En terminant, merci au staff du Pub Hériot pour leur accueil, à Dave Grindyourmind pour les 3 groupes principaux, à Pag de Pag Production & Distribution pour les trois groupes ayant ouvert la soirée, à chaque membre des bands présent avec qui j’ai eu le plaisir de discuter, à François Dionne et bien sûr, à Lex Ivian d’Ondes Chocs, sans qui je ne pourrais vous partager mes impressions sur cette soirée. Merci à vous tous d’avoir pris le temps de me lire jusqu’à la fin et de «liker» et «partager», car c’est ensemble que la scène metal au Québec est toujours aussi vivante. Continuez d’aller voir des shows, d’acheter des albums et autres marchandises, ça prouve à ces artistes que vous les aimez toujours autant!

Si Détroit se fait nommer la ville du rock, je peux vous assurer que Drummondville est en compétition féroce pour devenir l’une des villes du Heavy au Québec!

Mr Crowley