Le 7 juin dernier se tenait le dernier spectacle de la formation québécoise Beyond Creation présenté par District 7 Productions (que je remercie pour l’accès) au bar-coop l’Agitée, qui fermera ses portes officiellement un peu plus tard cet été. En support, ceux-ci pouvaient compter sur Raft of the Medusa, Epiphany From the Abyss ainsi que Bookakee, tous des groupes de la belle province. Il faisait alors très beau dehors, alors quelques métalleux profitaient de l’occasion pour prendre un verre sur la terrasse extérieure du bar, avant que le spectacle ne débute, soit vers 20h.
Les premiers à arriver sur scène sont les membres de Raft of the Medusa, groupe de death metal très habile et tout aussi énergétique. C’est devant une maigre foule qu’ils débutent leur soirée, mais le quintette ne déçoit pas pour autant. Les guitares s’échangent des riffs efficaces qui font bouger les têtes tandis que le batteur (qui partagera aussi la scène avec la prochaine formation) fait rager son instrument pour ajouter à la pesanteur présente à travers chaque morceau. Et que dire de la performance au micro de leur leader; une voix grave comme il s’en fait peu par moment, et explosive lorsque les pièces l’exigent. Malgré la timidité de la foule, on réussit tout de même à créer quelques moshpits, au plaisir des musiciens. Une belle chimie est perceptible entre les membres, et cela se reflétait sur la performance qui était à la hauteur de la soirée.
Il ne s’écoule pas beaucoup de temps entre la fin du premier spectacle et la mise en place du second. La bande d’Epiphany From The Abyss font donc leur apparition à leur tour sous les projecteurs. Les fans présents sur place ont droit encore une fois à du death metal fort bien exécuté, avec des riffs complexes et ténébreux, qui retentissent à merveille au sein du quadrilatère. Étant réchauffé par sa présence avec Raft of the Medusa, le batteur assure encore avec cette formation. Des blast beats qui font palpiter ainsi qu’une dextérité incroyable forment une harmonie très intéressante avec les partitions de basse et de guitare. Le bon jeu de lumière ne fait qu’amplifier la lourde ambiance régnant dans la pièce. Malgré le positionnement statique imposé par la petite scène, le groupe offre une excellente performance et cela se laisse voir aussi avec la foule qui se fait plus agitée. C’est sur un ton animal que quitte finalement le quintette pour laisser la scène aux prochains.
La formation suivante ne laisse aucune foule sur son appétit, et la raison en est fort simple: Bookakee, qui offre aussi du bon death pur et dur, est aussi reconnu pour ses performances très visuelles et choquantes. Ceux parmi les métalleux présents qui avaient déjà eu la chance de les voir performer savaient à quoi s’attendre, mais pour certains autres la surprise fut agréablement divertissante, pour le moins dire. Tous les membres étaient déguisés, portant des cagoules et leur accoutrement était teinté de taches verdâtres dégoulinantes. Cet aspect visuel allait fort bien avec l’accompagnement lumineux. Les guitaristes occupant les deux extrémités de la scène déferlaient des notes et des accords puissants, alors que la basse et la batterie complétaient parfaitement les morceaux joués. Le chanteur, à l’allure d’un bourreau, offre quant à lui des rugissements à en faire dresser le poil du corps. Après quelques minutes, il découpa le contour du masque qui couvrait son visage, toujours pour ajouter au caractère très explicite de leur performance (important de préciser que toute la mise en scène est effectuée avec des accessoires). À mi-chemin de leur concert, il fit monter sur scène une figurante (surprise, il s’agissait ce soir-là de ma copine Véronique, qui a été approchée avant le début du spectacle pour en faire partie) vêtue d’une longue robe tachée de sang. Sans lâcher son rôle au chant, le bourreau repris son couteau, cette fois pour tailler une ouverture dans l’abdomen de la rouquine pour ensuite en extraire un fœtus. Bref, comme mentionné plus tôt, les fans ont eu droit à une performance extrême, autant au niveau auditif que visuel.
La soirée avance, et il ne reste plus que la tête d’affiche à faire surface. Quelques petits tests de son plus tard, Beyond Creation est fin prêt à en mettre plein la vue. L’extrêmement talentueux quatuor œuvre dans le death metal progressif, et ouvre leur spectacle avec la pièce «Omnipresent Perception» de leur premier album «The Aura». Cependant, le reste du choix des pièces se fait presqu’exclusivement sur le deuxième et plus récent opus, «Earthborn Evolution». Simon Girard et Kevin Chartré s’échangeaient les solos sur leur guitare à huit cordes alors qu’Hugo Doyon-Karout offrait un spectacle de tapping sur sa basse. La sonorité des pièces était parfaite; tous les sons prenaient leur place et la foule ne manquait rien de ce qui se passait sur scène. Les partisans qui portaient fièrement leur t-shirt à l’effigie du groupe se retrouvèrent à l’avant, soit à faire du headbang ou à participer au pit. Parmi les chansons jouées, on comptait «Elusive Reverence», «Earthborn Evolution», «The Great Revelation», «Abstrait Dialog» et «l’Exorde». Vraiment, chaque musicien à su livrer la marchandise de manière impeccable, ce qui donnait un tout qui s’agençait étroitement avec la perfection. La performance de Beyond Creation se termina avec un retour au premier album avec l’une de leur pièce les plus connus, c’est-à-dire «Coexistence». Le groupe et la foule s’échangeaient alors toute l’énergie qu’il leur restait. C’est donc sur des notes savoureuses que quitte la formation pour aller remercier et serrer la main à leurs fidèles toujours sur place.
Charles-Olivier Giguère





