Rings of Saturn - Lugal Ki En

 

Rings Of Saturn

«Lugal Ki En»

Unique Leader Records

2014

 

Imaginez un scénario apocalyptique dans lequel la terre se fait attaquer et assiéger par une race d’êtres extra-terrestres. Ils débarquent d’au-delà la stratosphère à bord de leurs vaisseaux spatiaux, tirant des lasers sur tout ce qui bouge et semant la terreur à travers le globe. Tant bien que mal les humains tentent de les repousser mais ils sont trop nombreux et équipés d’outils et d’armes d’une technologie beaucoup trop avancée; impossible de rivaliser.

Maintenant, imaginez encore ce même scénario, et ajoutez-y une trame sonore. Le premier groupe qui devrait vous venir à l’esprit est sans aucun doute Rings of Saturn, formation californienne se spécialisant dans le métal technique ayant pour thèmes les formes de vies extra-terrestres à travers le vaste univers. Formé en 2009, ceux-ci ont mis au monde leur troisième opus au courant de l’année dernière, «Lugal Ki En», qui une fois traduit en français signifie Roi des Terriens, Seigneur du Monde Cosmique.

Le cerveau derrière ce chef d’œuvre, Lucas Mann (guitare), décrit le concept de l’album ainsi: longtemps après la conquête de l’humanité par les extra-terrestres, ils évoluent au point tel qu’ils maîtrisent dorénavant le temps et l’espace, et utilisent cette capacité pour livrer bataille aux anges et aux démons pour atteindre le statut de Dieux. Thèmes récurrents typiques de Rings of Saturn, tout tourne autour de la vie parmi les étoiles et les galaxies. Pour cet album, la formation peut remercier l’appui du batteur de Infant Annihilator et Black Tongue, Aaron Kitcher, qui a enregistré toutes les trames de batterie.

Ici, on parle de métal technique pur et dur; pas de place pour le prog. Alors pourquoi faire attendre les consommateurs avec une introduction lente, alors que l’on peut amorcer le premier titre avec des blast beats, du sweep et du tremolo picking? C’est à peu près ce qu’on dû penser les jeunes adultes composant le groupe, car l’écoute explose dès le tout début avec «Senseless Massacre». Au moins, ils jouent franc jeu et nous laisse savoir l’allure du reste de l’enregistrement. «Desolate Paradise», second titre, ne fait pas exception: une performance vocale puissante, un ton gras, une sonorité inhumaine et un talent palpable. Les breakdowns ajoutent à la pesanteur de la chanson alors que les guitares déferlent avec des duos de sweep précis et efficaces.

Le troisième titre est particulier, de part son introduction entre autre. En effet, «Lalassu Xul» débute avec une mélodie dépourvue de distorsion, mais tout de même dissonante. Cependant, quelques secondes suffises pour ramener la distorsion aux guitares et exploiter davantage les rythmes rapides à la batterie. Le mélange de vocaux gras et plus aigus forment une sonorité vraiment intéressante et agressive. Donc, quoi que dotée d’une introduction qui pourrait en laisser plus d’un perplexe, cette chanson est définitivement captivante. Et que dire de la suivante, «Infused», qui met à l’épreuve tout le talent distribué par chaque membre et par l’artiste invité, Rusty Cooley, connu pour sa présence notamment avec Austrian Death Machine. Connu comme l’un des guitaristes les plus agiles et rapides des États-Unis, Rusty, en coopération avec Lucas, vous renverseront avec leur pluie de solos, duos et de sweep, le tout séparé par un breakdown imposant au centre du morceau. Bref, sans aucun doute un morceau coup de cœur!

Disons les vraies choses: l’un des seuls côtés négatifs de «Lugal Ki En» est sa prévisibilité, qui, sans s’y aventurer, frôle la redondance. Cela n’enlève rien à son charme naturel, et les amateurs de métal technique en redemanderont. Les titres «Natural Selection», «Godless Times» et «The Heavens Have Fallen» font tous preuve d’une immense qualité musicale, avec des rythmes effrénés, des arpèges exploités à fond la caisse, des breakdowns imposants et ma foi, des vocaux hallucinants. Les californiens se sont même amusé à reprendre la chanson «No Pity For A Coward» du groupe très connu Suicide Silence. Une bonne interprétation, et une excellente façon de conclure l’album.

Rings of Saturn livre la marchandise. Ils ne cesseront jamais de surprendre, malgré les constants changements au sein de la formation, quoi qu’elle semble plus stable maintenant. Leur style particulier est accrocheur, et une belle évolution se laisse percevoir depuis leur premier album jusqu’à «Lugal Ki En». Une belle chimie est perceptible entre les membres et le résultat en reflète que de bonne choses. Le prochain ne se fera pas attendre très longtemps, car le nouveau guitariste, Miles Dimitri Baker (Interloper), laisse voir sur les réseaux sociaux que l’écriture va bon train. Sur ce, bonne écoute, on se donne rendez-vous au prochain!

Charles-Olivier