Le 2 Février dernier, au théâtre de l’Impérial à Québec, se tenait l’un des événements parmi les plus festifs de la scène métal. En effet, le «Piratefest» était de passage dans la vieille capitale mettant en vedette les redoutables Alestorm, ainsi que les formations Swashbuckle, The Dread Crew of Oddwood et Nordheim. Connaissant les tendances musicales ainsi que les thèmes abordés dans les compositions de ces différents groupes, la soirée s’annonçait bruyante, éclatante et disjonctée. Sans oublier de remercier District 7 Productions en association avec Capitale du Métal pour l’accès au spectacle qui a frôlé le guichet fermé. Je vous mets ici le lien pour aller voir toutes les photos prises par Stéphane Demers.

 

2 fév 2015 - Piratefest - Alestorm - Québec

 

Malgré le froid hivernal et les vents présents en début de soirée, plusieurs amateurs étaient déjà en file avant l’ouverture des portes. Les gens prennent donc place à l’intérieur de la salle à partir de 18:30 en bon nombre, et l’ambiance semble à la fête. On peut apercevoir quelques fanatiques déguisés en pirate et en matelot, équipés d’épée en styromousse ou encore des typiques cache-yeux. Il est donc maintenant 19:30 et le premier band, Nordheim, s’installe sous les projecteurs. Le quintette originaire de Québec, spécialisé en musique mélodique, ne fait que toucher les premières notes que déjà un pit se construit. Leur musique métal de style folk/pirate charme tout à fait la foule, qui semblait puiser son énergie de celle que dégageait les musiciens sur scène. Une prestation infaillible alors que chœurs et mains levées créent une chimie et une harmonie palpable avec les artistes. Plus les pistes défilaient, plus les rythmes s’accéléraient alors que les solos déferlent à droite et le puissant accord entre basse et guitare rythmique prédomine sur la gauche. Même si les deux derniers membres, soient le claviériste et le batteur, ne sont pas en avant-scène, ils ne font pas pour autant simple acte de présence; les mélodies folkloriques aux claviers et l’agilité aux tambours leur méritent une place sous la lumière. C’est sur une note presque parfaite que quitte Nordheim pour laisser place au prochain.

 

Nordheim-Quebec-2fev (6)

 

Avez-vous déjà entendu parler du genre musical qu’est le «heavy mahogany»? C’est exactement ce qu’offre The Dread Crew of Oddwood aux fans de pirates occupant l’espace d’une salle désormais quasiment comble. Ce groupe compte sept musiciens extrêmement talentueux, et occupant tous plusieurs rôles et plusieurs tâches. Effectivement, chacun d’entre eux, à un moment ou un autre lors du spectacle, a contribué à livrer une performance phénoménale grâce à plusieurs instruments différents. Et voici la particularité du «heavy mahogany»: tout est interprété de façon acoustique. De la guitare classique à l’accordéon, de la contre-basse à la flûte à bec, de la mandoline et du ukulélé au piano-jouet, l’ensemble du matériel est naturellement acoustique. Bien évidemment, pour les besoins de la cause, certains ont été modifiés de telle sorte que le son puisse être amplifié électriquement. Alors, grâce à l’orchestre exclusivement déguisé en pirate, thème récurent de la soirée, et leur multi-tâche par excellence, la musique livrée est un réel joyau. Ambiance celtique, rythmes folkloriques endiablés, foule mystifiée quoi que très réceptive; cette addition donne une somme splendide et hors du commun. Les sons s’harmonisent à merveille entre les instruments, et les chœurs de vocaux résonnent probablement encore entre les murs de l’Impérial tellement ils étaient percutant. Définitivement une prestation à souligner, et malgré le style de musique moins lourd, ceci n’a eu aucun impact négatif sur le déroulement du spectacle.

 

TheDreadCrewOfOddwood-Quebec-2fev (8)

TheDreadCrewOfOddwood-Quebec-2fev (4)

 

Passons directement d’un orchestre de sept artistes vers un groupe impliquant quatre membres de moins: Swashbuckle. Maintenant que la foule est en feu, le retour de riffs rapides et estompant donne l’effet de l’huile sur un brasier. La maîtrise de la basse par le leader de ce groupe est estomaquant, alors qu’on voit à peine les doigts défilés tout le long du manche au rythme rapide qu’indiquent les percussions. Ce dernier se permet de placer quelques blagues ici et là, question de tisser un lien plus serré avec leurs partisans. La voix tout à fait brutale, touchant même parfois au style «pig squeal», serait suffisante pour dompter l’indomptable. La fête connait un apex incommensurable à ce moment; les barmans ont du pain sur la planche car la bière coule à flot et à une vitesse effrénée. Cette tendance ne semble pas s’estomper, alors que sur scène les musiciens entament une série de cinq chansons en l’espace de cinq minutes et en encourageant les gens à participer au pit et au surf de foule. Swashbuckle se déchaîne sur des riffs folk extrêmement pesants. Petite contribution de leur confrères d’Alestorm vers la fin de leur présence, déguisés en requin, crabe et perroquet, encore une fois pour additionner le tout à l’esprit de fête surplombant le plancher de danse. Bref, une rafale de pièces fortement satisfaisante acclamée par les fans.

 

Swashbuckle-Quebec-2fev (4)

Swashbuckle-Quebec-2fev (5)

 

Vient enfin le moment tant attendu par les fans, le groupe le plus affiché sur les vêtements portés au sein de l’Impérial; il s’agit d’Alestorm, la tête d’affiche de la tournée du «Piratefest». Tout le monde se tient prêt alors que le lumières se tamisent et que l’on peut entendre la trame sonore de «Monkey Island». Épée levée, s’époumonant en prononçant le nom de leur groupe favori de la soirée, les partisans pirates ne se peuvent plus d’attendre. C’est donc à ce moment que, tour à tour, les artistes font leur apparition et que sans plus tarder, jouent les premiers accords de «Walk The Plank». Titre fort intéressant lorsqu’utilisé en introduction puisqu’on y retrouve de mélodies très épiques, de convenance avec le reste du spectacle. Le mosh pit est carrément incontrôlable, et grandi à vue d’œil. Le chanteur fait preuve d’un charisme naturel tandis qu’il incite la foule à chanter les refrains des pièces les unes après les autres. Notamment, parmi les chansons exploitées se trouvaient «Shipwrecked», «That Famous Ol’ Spice», «Midget Saw» ainsi que «Pirate Song». Le choix de piste ne semblait pas toujours faire l’unanimité dans la salle, cependant cela n’a pas empêché une participation explosive aux chants en chœur ainsi qu’à l’intensité contagieuse du pit. Le leader de la bande a même offert un solo de clavier-guitare, perché sur le balcon inoccupé sur la droite, et ce pendant de très longues secondes pour ne pas dire quelques petites minutes. En réponse à cet acte, le guitariste a répliqué quelques chansons plus tard avec un solo agile, cette fois sur le balcon de gauche. La soirée se déroule alors à merveille, les gens passent du très bon temps et cela semble réciproque chez les musiciens. Alestorm enchaîne alors l’un de ses titres les plus connus, c’est-à-dire, «Drink». Niveau d’excitation excédant l’imaginable, tous lèvent leur verre pour appuyer la formation lors de cette chanson. Puis les lumières se tamisent à nouveau, alors que les artistes quittent la scène de spectacle. Ceci dit, les fans n’ont pas dis leur dernier mot et s’unissent pour crier ensemble et demander un rappel. La réponse est instantanée, et la trame d’introduction de «1741» laisse croire que le spectacle n’est pas tout à fait terminé. Le groupe réapparaît et fait cadeau de quatre dernières chansons, soient «1741», une reprise de la populaire chanson «Hangover», «Captain Morgan’s Revenge» et finalement «Rum». Le tout se conclut par un surf de foule du chanteur, qui se rend jusqu’au bar à l’arrière pour terminer sur une note alcoolisée. Soirée intense, de brillantes performances et un amalgame d’éléments festifs font en sorte que l’édition 2015 du «Piratefest» est un succès sur toute la ligne.

Charles-Olivier Giguère

 

Alestorm-Quebec-2fev (2)

Alestorm-Quebec-2fev (7)

Alestorm-Quebec-2fev (5)