Suite à une discussion avec le groupe black de Québec, MORGUE, ceux-ci nous ont envoyé l’album sorti en 2011, «DETHRONED». Je m’apprêtais donc à découvrir leur dernier opus qui fait suite aux aussi inconnus pour moi, Flames and blood (2010) et leur démo (2007). Je vous fais donc part de mes 1ères  impressions à mesure que progresse l’album.

L’album débute avec une intro, «Rotting thy lambs», dans laquelle on peut entendre des bêlements qui durent une trentaine de secondes avant de laisser place aux grondements des forces qui se déchaîneront alors que résonne l’écho du tonnerre. Belle manière de nous faire sentir que nous sommes les agneaux sacrifiés lors de l’holocauste auquel MORGUE nous convie lors des huit pièces que contient l’album «DETHRONED».  Mais ici pas d’histoires de Satan, c’est l’âme rongée de Dieu qui châtie. Son œuvre mérite d’être anéantie sans pardon et sans ménagement. L’humanité est abjecte et son éradication sera totale. Des images qui trouvent écho dans les paroles qui nous seront vociférés avec ce qu’il faut de déchirement d’une part et de sévérité d’autre part.

D’ailleurs, «Heights of Babel», qui présente le rejet de l’humanité par Dieu, nous crée, dès le début, une atmosphère d’apocalypse avec le double bass drum dans le fond et les riffs tout aussi déchaînés. Je me dis parti pour une pièce de nuclear black mais aussitôt pensée, cette idée doit laisser place à une seconde réflexion puisqu’on enchaîne avec un breakdown qui nous ramène pendant quelques mesures à un beat plus lent qui entraîne un headbanging. Cette succession de moments très rapides suivis de breakdowns qui mènent au refrain permet, dès la 2ème pièce, de constater que MORGUE nous servira un cocktail déchirant de black de styles variés qui sera appuyé par les vocaux dans 2 registres distincts dont le principal est de basse et caverneux alors que le second est plus black traditionnel avec juste assez d’aigus dans ses screams.

La 3ème pièce, «Déchéance», une des 3 pièces en français, nous convie directement en enfer au son d’un beat plus militaire dont l’arsenal inclut cette fois, certains riffs plus death et même des bouncing riffs plus populaires chez les adeptes du hardcore. Non, MORGUE ne s’en tient pas aux recettes de base du black. Tant mieux!!

Cette touche plus death sera mis plus en avant sur la 4ème pièce, «Kingdoms I burnt» qui m’a plus fait penser à du blackened death que du vrai black pur et dur. J’en étais à me dire qu’avec un nom comme MORGUE, on avait bien le droit d’ajouter une touche de death et même en faire une pièce complète quand ça s’est terminé sur un riff qui s’apparente à la fin de la pièce «Davidian» de MACHINE HEAD.

La 5ème pièce, «Hordes of lions» m’a tout de suite rappelé que MORGUE, c’est du black et comme l’entrée de «Heigths of Babel» nous l’avait laissé entendre, du nuclear black à fond la caisse mais encore une fois, cette pièce ne sera pas unidimensionnelle et elle nous offre une passe old school au milieu qui rappelle immédiatement l’origine du black à l’époque du beat plus rock et moins rapide.

Cette passe old school devait nous préparer à la pièce suivante, «Bloodstained Eden» qui est définitivement old school. En plein dans l’esprit des 1ers albums de BATHORY, avec ses riffs circulaires qui se répondent et cette langueur dans le rythme.

On revient en français une 2ème fois pour «Le trône immaculé» et on retourne au beat militaire qu’on nous servait à la 2ème pièce. Curieux tout de même que les 2 pièces francophones sont dans un registre similaire! L’atmosphère de marche militaire ne présage rien de bon. Encore une fois, la mélodie est lancinante à souhait avec ces enchaînements circulaires qui nous font visualiser les vagues d’assaut qui déferlent sur l’humanité propulsées par les riffs de la basse qui gronde. Ta ta ta tum…ta ta ta tum, rien n’arrêtera la progression de la mort. Vous n’en êtes pas encore sûr?

Pouvez-vous croire que même rendu à la 8ème pièce, MORGUE trouve encore le moyen de nous sortir des breakdowns sans qu’on s’y attende même si «We are thy worms» est la pièce la plus linéaire de l’album et une des plus rapides? Pas de problème!! La planète est dévastée et ne subsistent que les rafales de vent qui portent les effluves pestilentielles des cadavres pourrissants.

L’album se termine avec une pièce de plus de 8 minutes, «Noyé dans la fange» qui nous offre une atmosphère de funeral black à la limite du doom. Cette musique convient parfaitement à cette pièce-épilogue qui clos ces histoires de châtiments et destruction. La planète est purgée de l’espèce humaine. La mort a frappé et la désolation rampe sur les ruines fangeuses de l’humanité.

Dans l’ensemble, j’ai bien apprécié la diversité de black qui m’a été offert dans cet album. On en a pour plusieurs goûts. Certaines pièces accrocheront les fans de Dark Fortress, Enthroned alors que d’autres plairont plus aux fans de Gehenna, Marduk. La touche death plaira aux non adeptes du black. Ma pièce préférée est «Heigths of Babel» et elle sera la 2ème pièce de ma playlist durant ma «staff hour» du 1 et 2 novembre de 20 à 21h sur notre radio 24h. Pour ce qui est des moments faibles de l’album, je ne peux mentionner une pièce à skipper sans questionnement. Chacune des pièces mérite sa part d’appréciation et l’album «DETHRONED» de MORGUE s’est avéré une très bonne écoute.

Lex