On Arrête Pas l’Prog (#19)

Édition du 14 juillet: Le prog Franco, d’hier à aujourd’hui.

 

Salut à tous, c’est le 14 juillet, fête de tous les français et comme j’entretiens une relation tout aussi ambigüe avec eux qu’avec nos voisins des youesses et que j’ai consacré un petit article juste pour ces derniers, je me sentirais mal de ne pas répéter l’exercice avec nos cousins. Alors saisissez vous d’une baguette, attachez vous un brie sur le crâne et commencez à gueuler sur tout et rien tout en reluquant la bonne tandis que votre bonne femme vous fait un bon pompier, voici ma chronique spéciale Eiffel.

 

Commençons par le commencement, le plus mythique des groupe prog français, formé en 1969 par le batteur Christian Vander, avec comme inspiration une « vision de l’avenir spirituel et écologique de l’humanité ».

 

 

 

L’histoire derrière l’album Kobaia de Magma, qui est écrit au complet dans la langue Kobaïan inventée par Vander, raconte l’exode d’un groupe de personnes fuyant une terre en perdition pour se réfugier sur la planète Kobaïa. Ceci n’est qu’une trame de départ pour l’histoire épique de ce « peuple » qui rencontrera d’autre réfugiés de la terre (ce qui causera des conflits et plein de matières à histoires, ou chansons). L’imaginaire débridé de Vander et de ses nombreux associés (entre autres Stella Vander, Isabelle Feuillebois, James MacGaw, Benoit Alziary, Herve Aknin, Bruno Ruder et Philippe Bussonnet dans les plus récents) ont beaucoup marqué la musique prog d’alors et même d’aujourd’hui, inspirant un mouvement prog dont on donna un nom en Kobaïan, Zeuhl, la musique céleste. D’un parcours et d’une exploration comparable à Zappa, Magma figure parmi les grands selon mon humble avis. Décidément à découvrir.
Et si vous croyez que leur temps est révolu, sachez que ce band qui nous a produit au moins 11 albums studios et une quantité d’autres matériels (dvd live, album sous pseudonyme) et ce aussi récemment qu’en 2012 (album Félicité Thösz). Voici d’ailleurs un live de 2000 de l’album Mekanïk Dëstruktïw Kommandöh.

 

 

 

Dans les mêmes années, plus inspiré du prog anglais de Pink Floyd et King Crimson mais aussi de Genesis, sortait aussi le groupe Ange, création des frères Décamps (Francis au clavier et Christian à la voix, accordéon, guitare acoustique et clavier). Dans l’ensemble, si la musique est plutôt bonne, surtout sur les albums du début, la qualité ne fût pas à la hauteur sur leurs nombreux albums et leur chant en français (sincèrement on peut faire beaucoup mieux, c’est pas la langue le trouble mais leur interprétation), leur chant français donc, leur bloqua assez hermétiquement le marché anglais qu’il ont vainement tenté de percer, allant même jusqu’à refaire un de leurs albums dans la langue de Shakespeare. Je vous mets en lien leur 3e album (probablement le mieux réussi).

 

 

 

Un peu plus tard, milieu 70, on a eu droit a plusieurs bons albums de divers groupes. Commençons par Tai Phong (en français Grand Vent) fondé par deux frères vietnamiens, Khan et Tai Ho Tong. Librement inspiré du symphonique prog à la Yes, la guitare et la voix de Jean-Jacques Goldman venait donner cependant une texture originale à leur son. Parole en anglais cette fois-ci.

 

 

 

Revenons en français et regardons passer le temps avec Carpe Diem, pour une bonne fusion entre Van Der Graaf Generator et Camel. Alliant savamment le rock symphonique et le jazz de Canterbury, Carpe Diem est très planant à écouter (avec un peu de beuh, je vous jure c’est une expérience transcendentale, héhéhé). Les voix sont en français mais en arrière de la musique, très éthérées et sur de courts passages bien temporisées par des interludes cosmiques, à consommer sans modération!

 

 

 

1975,76,77 furent toutes des années où nombre de bons albums furent créés en France, mais j’aimerais maintenant me pencher sur 78 (année importante s’il en fût une et très heureuse car c’est l’année où votre blogueur favori a vu le jour…) avec un des albums les plus marquant de l’excellent groupe Mona Lisa : Avant qu’il ne soit trop tard.

 

 

 

Avouez que l’on dirait les balbutiements du slam, non? En tout cas, on peut clairement entendre le changement de son et de mentalité qui s’effectuait à l’époque et qui nous emmènerait tranquillement vers les années 80. Décennie surtout caractérisée par l’apport des claviers alors intéressons-nous d’abord à un quartet qui fût à la base créé, fin 70, par deux étudiants turcs à Paris. Asia Minor, nous fait un rock symphonique où se fusionnent jazz, musique orientale et le rock progressivo italiano et où se partagent la vedette les Hammonds, Mellotrons, Minimoog, piano électrique et la flûte d’Eril Tekeli. Between Flesh and Divine nous fait effectivement voyager en montagnes russes, entre envolées célestes et descentes vertigineuses. Un autre groupe que j’aime bien savourer de temps à autre.

 

 

Un groupe que je ne connaissais guère, le groupe avantgardiste (pour l’époque et j’oserais même dire encore aujourd’hui), et instrumental, se voulant inspiré du roman de Frank Herbert, Dune. À l’écoute, j’y entend un mélange de King Crimson et de Brand X, mais la musique de Dune est beaucoup plus complexe que ça. À date, je ne connais que l’album Eros sortit en 81 mais fiez-vous que je vais creuser le sujet. J’ai adoré écouter les morceaux épiques facilement trouvables sur le tube. Je veux cependant l’album. J’vais essayer de trouver si ça se fait encore. Wow! Ce band a efficacement stoppé mon envolée lyrique. Pause dans mon récit pour apprécier (je vous recommande d’en faire de même, suivez ce lien et revenez nous dans 9 minutes et 31 secondes, après avoir, vous aussi, savouré L’épice !

 

 

Ouf! N’est-ce pas? Utilisons ce son avantgardiste pour nous propulser 2 décennies plus loin où des groupes tel Skeem viendraient marquer l’entrée de la France dans le sous-genre néo-prog. Autre groupe inconnu de votre hôte ci-présent, on peut qualifier leur musique de rock mélodique. L’auteur de l’article où je les ai découverts, les compare au groupe Jadis (autre illustre inconnu pour moi, désolé). Si certains vous parleront de Negative Zone ou de Lazuli comme exemple contemporain du prog français, je vous ramènerais plus à certains groupes dont j’ai déjà parlé dans des chroniques précédentes tel que Pryapisme, The Algorithm ou encore les malheureusements défunts 1980. Pour se les rappeler tous, une orgie de vidéo…

Skeem

 

Negative Zone

 

Lazuli

 

Pryapisme

 

The Algorithm

 

1980

 

 

En finissant, deux autres très bons bands actuels de france, il y a d’abord Gojira qui fait dans le Tech/Extrême Prog Métal. Ils sont loin d’être inconnus et la musique qu’ils proposent est d’une excellente qualité.

 

 

 

Ce qui m’emmène à parler (ou plutôt à re-parler) d’un excellent et assez nouveau band que vous pouvez retrouver ici ou sur leur site officiel ici, je veux bien sûr parler des excellents et disjonctés Fugu Dal Bronx qui nous proposent depuis peu leur album, un 5 titres intitulé Ti Nedo To Xtro disponible sur leur site officiel et sur Eblastshop. Je pourrais tenter de vous décrire leur musique mais si une photo vaut mille mots, dites vous qu’une vidéo de Fugu Dal Bronx vaut encore plus la peine et je vous en envoie trois dont le trailer de leurs albums!

 

 

 

 

Sur ce, et après avoir remercier Wikipédia, ProgArchives et surtout Dragonjazz.com, je voudrais souhaiter à tous mes possibles lecteurs français, un joyeux 14 juillet et bien sûr vous ré-inviter tous pour une prochaine chronique à paraître très bientôt mais pas la semaine prochaine, alors rester tous bien branchés sur Ondes Chocs la page et le point com pour rien rater!
On Arrête Pas l’Prog, peu importe d’où il vient!

[email protected]

 

63814_468163866559510_680909332_n