On Arrête Pas l’Prog (#17)

Édition post-natal! Voyage dans l’après-vie, pause d’un tiers puis détours vers le Japon avant de revenir se taper des plaies de lit entre Québec et Montréal.

 

Salut à tous! Désolé de vous avoir fait attendre si longtemps, si écrire des articles et partager ma passion avec vous m’a manqué, j’ai pas eu le temps de m’ennuyer, loin de là. Ceux qui me connaissent savent que j’ai enfin eu mon petit bébé (une belle petite fille qui ne ressemble heureusement pas à son papa) et que si l’accouchement s’est bien passé (agrémenté de la musique de Mars Volta, Maps and Atlases et surtout de Opeth – oui, oui accouchement musicale mesdames et messieurs), il y a malheureusement eu quelques complications post-natal qui nous ont obligé à visiter nos merveilleux (veuillez sentir ici un énorme sarcasme) établissements de santé…

Mettons qu’il y en a de meilleurs que d’autres, mais pour une histoire brève, tout est bien qui fini bien, on est de retour à la maison, la petite fille va bien et papa a déjà commencé à faire son éducation musicale. Si j’ai pris une pause d’écriture, la musique elle, et le Prog en particulier, vous le savez, ne s’arrête pas pour autant et l’article de cette semaine se veut, comme toujours, un échantillon de ce qui se passe dans ce merveilleux monde.

Donc j’ai pour vous cette semaine : un partage très spéciale en fin d’article, un band bien de chez nous comprenant l’inimitable Franky BlastBeat aux casseroles, mais aussi derrière le son de son band Escarre; un Japonais multi-disciplinaire qui compose autant de la musique que des jeux vidéos ou des animés japonais, ce qui se transpose bien dans sa musique que je trouve excellente; un sextuple de Catalan qui sévit de puis les années 80 et qui nous ont sorti cette année un album prog aux influences diverses et à la musicalité certaine; mais je commence avec un multi-instrumentiste espagnol et son album début qui nous fait visiter la « vie après la mort » selon les trois icônes mythologique que sont Hypnos, Thanatos et Caronte.

Aitor Lucena est l’artiste derrière ALMS, son premier album, “Beyond”, est à première écoute délectable. Les influences diverses se rencontrent et se transforment donnant une nouvelle vie à ces sons provenant autant du prog-rock symphonique que du prog Italien, du classique et du métal. La vie n’est pas toujours facile pour les musicien prog et si Aitor a bien tenté de se faire un band, après plusieurs essais infructueux, il a décidé de tout faire lui-même et il possède son propre studio à la maison, étant lui-même ingénieur de son. Il nous a concocté un album qui s’écoute très bien. Seulement trois pièces, mais quand même 42 minutes, 28 secondes de musique. Décidemment un artiste à surveiller! Allez le voir sur sa page officiel ici.

Vous le savez, j’ai un faible pour le post-rock et le prochain band est un trio qui s’est formé sur le campus de l’université Yale tandis que le batteur Steven Walls et le guitariste Brian Alfred complétaient leurs études en Arts et que le bassiste Dominique Davison complétait les siennes en architecture. Tout trois des amants de la musique, ils avait décidé de jouer, sans aucun agenda, la musique qui les faisait vibrer et ça a donné 33.3.

Brian étant un ami de Joe Costa du groupe L’Altra (un autre bon band post-rock), il avait été présenté à Kenneth James Dyber, fondateur de Aestethic-Usa et après un premier spectacle désastreux selon Steven, ils avait eu la chance de jouer dans un party privé qui s’est terminé par une offre d’enregistrement pour 33.3.  Un premier album début vit le jour en 1999 et fût rapidement suivi d’un 2ème avec l’ajout de deux autres musiciens. Malheureusement, ce band est décédé depuis, mais rien ne vous empêche d’apprécier leur musicalité ou encore d’acheter leur CDs (voir le site d’aesthetic)

Une autre chose que j’aime bien, c’est le prog nippon. Ajoutez à ça le fait que j’aime bien le jazz aussi, mais encore que j’adore les animés japonais et les jeux vidéos, mélangez le tout dans l’esprit d’un seul maniaque du nom de Motoi Sakuraba et vous avez une sacré recette gagnante!!  Écoutez ceci:

Intense, n’est-ce pas? Le pire c’est qu’il y’en a plein d’autre fait par cet artiste qui a signé bien des musiques qui ont probablement marqué votre enfance si vous avez joué à des jeux tel Mario Golf, Mario Tennis, Golden Sun, Tales of Phantasia, Star Ocean, pour ne nommer que ceux-ci ou si vous avez écouté un des nombreux film ou série d’animation pour lesquels il a aussi composé de la musique tel Cyber Bushoujo Telomere, Vanny Knights ou Tales of The Abyss.

Toujours au Japon, un band à connaître et qui sévit depuis 1985, composé d’un drummer / percusionniste /vocal, Tatsuya Yoshida, qui se fait accompagner d’un bassiste (plusieurs ont pris le poste depuis le début, le plus récent étant Sasaki Hisashi). Le (les?) duo ainsi formé ont produit quantité d’albums et de EPs fortement inspiré de la musique de Magma, le groupe mythique du Français Christian Vander. Les «paroles» de Ruins ressemble d’ailleurs fortement au langage inventé par Vander, appelé Kobaïan

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Je suis pas mal d’accord avec un des commentaires sur ce vidéo youtube qui compare ça à du S.O.A.D. écouté à l’envers. La composition est certainement plus malade que ces derniers cependant, Yoshida se faisant un devoir de tout composer sans s’imposer de contraintes autres qu’une discipline rigoureuse.

Le son de Ruins est souvent changeant, dépendant du bassiste avec lequel Yoshida se produit. Depuis 2004 cependant, avec le départ de Hisashi, il se produit seul sous le nom de Ruins-alone mais n’a rien perdu de sa fougue. Si vous avez aimé Giraffe?Giraffe! ou Hella, ou encore si vous êtes fan de Magma et de Zheul (le style musical inspiré du band français), Ruins et Ruins-alone saura définitivement vous plaire.

Certains bands sont comme de bon vins, ou plutôt de bon Scotch; ça prend des années de maturation afin de donner à leur musique toute la complexité et la saveur que les créateurs recherchaient. Né Esker en 1997 avec Simon C. Bouchard à la guitare, François C.-Fortin à la batterie (oui, oui le fameux Franky BlastBeat lui-même) et Sébastien Martel à la basse, ce band de black métal plutôt cru, tout en français (un des, sinon le pionnier du genre au Québec) fût laissé en jachère après plusieurs concerts avec divers bands locaux et internationaux.

Donc de 2001 à 2006, les membres se produisirent dans d’autre projets tel Veneficium, Utlagr, Longing for Dawn, Superior Enlightenment et Towards Darkness pour ne nommer que ceux-ci. Pris d’une certaine nostalgie, Franky et Simon décidèrent en 2006 de ré-enregistrer les pièces pour en produire un album afin de les immortaliser à leur juste valeur. Ayant chacun prit une certaine matûrité musicale, il fût décidé que plutôt que de faire une reprise directe des version originales, les pièces seraient réarrangées, aggrandissant la gamme dynamique. Sébastien, pour différentes raisons, s’étant retiré du projet, les deux autres comparses demandèrent à leur ami Kevin Jones de remplir le poste vacant et ensemble, avec les idées et le son particulier de Kevin, ils pigèrent allégrement dans les influences progressives, électroniques, donnant un son beaucoup plus éclectique et expérimental à ce qui était d’abord que du black métal cru (je leur trouve un petit quelque chose de Cynic, la basse ‘fretless’ en tout cas fait crissement bien la job, la batterie est drette sur la coche et la guitare installe un climat sinistre imminent que la voix éthéré de Simon rend anxiétique).

De même, le concept lyrique fût redirigé vers les thèmes de la maladie et de l’utilisation de drogue. Initiant un périple spirituel, ces textes évoquent un univers étrange et symbolique en phase avec la nouvelle direction musicale du groupe. Ainsi, pour symboliser ce renouveau et pour mieux cadrer avec la nouvelle thématique du groupe, après une longue maturation et alliant les ingrédients du perfectionnime et de la procrastination, c’est avec grand plaisir que je vous présente, en grande primeur sur Ondes Chocs, le groupe Escarre. Leur son saura vous stupéfier au point ou il serait dangereux, avec le « auto replay », que vous en fassiez des plaies de lit! Aller les voir sur leur soundcloud ici.

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