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LA DÉCAPITEUSE #12

1. Band: SATAN

Album: « Life Sentence »

Label: Listenable

Date de sortie: 21 Mai

En voyant le nom du band, y’en a sûrement quelques-uns d’entre vous (les aînés, fort probablement) qui savent déjà totalement à quoi s’attendre avec « Life Sentence ». Moi, la seule affaire qui me donnait un indice sur la potentielle épée de Damoclès (ou la surprise rafraîchissante) que j’allais devoir accueillir à bras ouverts, c’est l’opinion des confrères journalistes dont je connais que trop bien les goûts. Honnêtement, j’dois dire que j’me rive le nez sur un album qui est à peu près aussi efficace que le dernier APE MACHINE l’a été pour moi, sinon peut être un tantinet plus, vu que la base est quand même un format que je sais apprécier. On sait tous, néanmoins, que c’est loin d’être une bonne idée de saccager du oldschool heavy metal avec un paquet de mosaïques de riffs qui s’entrecroisent de manière à peu près aussi abstraite que dans du prog. Les compositions oublient de s’étirer et de se prélasser dans l’extase de leur inspiration et décident tout simplement de se transformer en un ramassis d’idées à moitié accouchées garrochées à tord et à travers de façon souvent hasardeuse au coeur du genre de structure de toune qui a un potentiel de mémorabilité jadis puissant avant qu’on ait à se régaler d’un espèce de fouillis incompréhensible, impénétrable et honnêtement moins qu’efficace. Si certains comprennent ce type d’approche et qualifient cela de glamour et avant-gardiste, tant mieux pour eux. Moi, j’accroche pas, reste que j’aurais pu, si le focus était un peu plus présent et moins axé sur l’épaisseur de la crème fouettée ici présente en quantité assez excessive merci. Thanks, but no thanks.

VERDICT: 5.5/10

Band: ZED

Album: « Desperation Blues »

Label: Indépendant

Date de sortie: 21 Mai

L’approche blues à saveur rock and roll est quand même assez commune dernièrement. Bon nombre de bands s’essayent à exécuter ce type d’approche, parfois sans aucun souci pour leur propre crédibilité et leur respect de ces deux styles vieux comme la lune et tantôt avec un skill et un engouement tous deux palpables et ennivrants. ZED, provenant de San Francisco, bassin très énergisant dans sa club scene qui accueille tous types de mouvements marginaux à bras ouverts musicalement parlant (c’est là que METALLICA s’est faufilé après que la froideur du public de Los Angeles leur ait arraché la peau des fesses), savent très bien ce qu’ils font et malgré que leur philosophie de base ne soit pas nécessairement très singulière dans sa nature, l’album au complet est marqué par une authenticité vorace. La plupart des pièces sont longues, très bien balancées, aventureuses en termes de sautes d’humeur et passages un peu plus introspectifs, et également mauditement bien encabanées à l’intérieur d’une structure de basslines extrêmement judicieusement étalée sous des riffs percutants qui manquent pas de caractère ni d’énergie. « Desperation Blues » est une excursion des plus séduisantes au coeur du pub blues par une belle gang de musiciens qui ont pas peur de casser le cou des plus sceptiques. Go for it.

VERDICT: 7.5/10

Band: SVART CROWN

Album: Profane

Label: Listenable

Date de sortie: 21 Mai

Dans ma tête (et de ma très réelle et fiable expérience), le black métal français, c’est souvent du display d’originalité assez buzzant. Quand j’entends du stock venant de Paris, de la Belgique, et d’autres raccoins de la France, je suis jamais tellement ahurie d’avoir dans les oreilles un travail d’art complètement renversant puisque je réussis jamais à m’attendre à moins venant de ce pays; vous pouvez qualifier ça de déformation professionelle, je vous renchérirai qu’y serait à peu près temps que vous trouviez des preuves pour backer l’objection que vous amenez; d’ici là, j’vais me contenter de vous dire que vous connaissez pas vraiment leur scène à fond la caisse. SVART CROWN nous arrivent avec un album qui est death/black avec des penchants ‘noise’ dans l’acidité accrue et la structure étourdissante et totalement bipolaire des pièces. Ils ne perdent jamais leur focus malgré le fait qu’ils s’enlignent créativement pour nous garrocher une panoplie infinie d’émotions en pleine face de manière très structurée et élégante, mais également violente et traumatisante dans le bon sens. C’est une combine pour ceux qui ont la fine bouche et ont besoin d’un bel arsenal d’idées nouvelles dans leur black. Passez pas à côté.

VERDICT: 8.5/10

Band: EXTREMA

Album: The Seed of Foolishness

Label: Scarlet

Date de sortie: 21 Mai

Ne vous méprenez pas: « The Seed of Foolishness » n’est pas simplement un album de thrash. Les gars mélangent l’essentiel de cette approche à un métal lourd, libertin et brasse-cage que je qualifierais d’aussi puissant et lancinant que ce que PANTERA représentait dans leur temps (RIP). Leurs riffs inspirés d’un son absolument Texan sont munis d’un sens du groove complètement décoiffant et contagieux, et ce même dans les pièces un peu plus accessibles, les solos sont tranchants et flashent à un point qui les rend irrésistibles même à la première écoute. Ces gars-là ne savent pas s’essouffler et ont un flair pour l’expérimentation présenté dans un format qui a du punch et également un côté organisé stupéfiant malgré la longueur des tounes qui donne amplement place à un manque de focus qui est parfois atteint, mais pas assez souvent ou remarquablement pour ruiner l’efficacité de la totale que les gars nous offrent ici dans une incarnation qui va faire capoter les oldschoolers pour le restant de l’été.

VERDICT: 8.5/10

-Noch