Chroniques  de l’Étrange #5  

Comme tous les autres  »O.C. Metal Crew », j’ai une job steady qui sert à payer mon appart, mes comptes, mes brosses…  Mais il faut quelques fois qu’on sorte de notre petite routine, de notre horaire de travail, parfois pénible, d’autre fois gratifiante.  Et pour moi, c’est à travers ces chroniques que je le fais.  Et pour certains musiciens, idem.  Quoi de plus trippant, quand ton band marche bien, que de se lancer dans un univers parallèle et de tenter autre chose?  Que ce soit dans un autre style, d’autre ambiances ou bien même sous un autre nom… Et pour certains, ces side-projects deviennent parfois aussi gros que leur band d’origine si ce n’est pas plus gros même!

La liste de ces bands est infinie et comme je n’ai pas le goût de passer la nuit là-dessus ( je travailles moi aussi demain!), je vais vous en shooter quelques uns qui m’on fait tripper.  Et si vous en connaissez d’autres, eh ben! envoyez moi les liens!!!

Leader du groupe  Hypocrisy, Peter Tätgren, le sédois ne chôme pas. En marge de ses autres bands (The Abyss, Lock-up, Bloodbath, War) et de la productions de dizaines d’albums, il crée en 1997 PAIN.  Savant mélange de métal et de techno/indus, Tätgren y démontre l’ampleur de son talent en s’occupant de TOUT les instruments (du moins pour les 4 premiers albums).  Et si au début, sur l’éponyme PAIN, on sent clairement les claviers, la programmation et les rythmes mécaniques, son style évolue progressivement avec le temps.  Gothique, rock, dark wave et même country… De tout pour tous, quoi… Bizzarement, l’Amérique du Nord ne semble pas s’y intéresser (malgré 7 albums), contrairement à l’Europe ou l’Amérique du Sud. En espérant que le saut fait sur l’étiquette NB lui ouvre certaines portes de salles à Montréal parce que  c’est crissement loin pour aller se taper un show…

 

En 1989, le monde de l’industrie musicale est sous le choc… Une gang de narco-traficants mexicains kidnappe les patrons de Roadrunner!  Leurs revendication?  Obtenir un contrat d’enregistrement… Ainsi est née la légende de BRUJERIA.  Avec leurs cagoules, leur guns et leurs photos de règlements de comptes, les membres ont toujours voulu faire planer le mystère autour de leurs identités.  Chose plus facile disont avant l’avènement de l’internet.  Je me rappelle à l’époque m’amuser à traduire le nom des groupes remerciés dans la pochette ou de décortiquer les beats pour découvrir qui étaient ces maudits malades.  Et avec le temps, l’information a filtré.. Surprise! (pas vraiment, mais bon…) Brujeria est en fait un  »superband » comprenant  entre autre Dino Cazares & Raymond Herrera (Fear Factory), Billy Gould (Faith no More), Jesse Pintado & Shane Embury (Napalm Death), Nicholas Barker (Cradle of Filth, Dimmu Borgir), Adrian Erlandsson (Paradise Lost), Max & Igor Cavalera (Sepultura), Jeff Walker (Carcass) et plusieurs autres… Certains ayant toujours réussi à confondre les amateurs.   Passant du gros death/trash  sale lo-fi sur leur première cassette jusqu’au death/grind sur leur 5ième CD, Brujeria continue à semer la terreur sur les scènes, dont le Maryland DeathFest l’an dernier.

 

                   

Dans un autre genre radicalement opposé, Kevin Moore (ex-Dream Theater) s’est lancé, il y a quelques années, lui aussi dans l’exploration musicale.  Tout en continuant d’oeuvrer au sein de Chroma Key, il décide d’appeller son ancien collègue Mike Portnoy, Sean Malone (Cynic), Steven Wilson (Porcupine Tree) et Jim Matheos (Fates Warning) pour former le groupe Office of Strategic Influence.  OSI se taille rapidement une place de choix au sein du mouvement rock/métal progressif.  Au lieu de jouer la carte de la grandiloquence et de la sur-virtuosité, Moore continue dans sa passion des textures et des sonorités complexes, ce qui avait causé son départ volontaire de Dream Theater.  Le premier album, OSI, présente des pièces lourdes et tortueuses, tout en gardant un côté très mélodique.  Les membres s’amusent à travers des rythmes qui parfois semblent impossibles.  Très drôle de voir la face de Portnoy qui ne catche rien de ce que Moore lui demande dans le documentaire de l’enregistrement. L’album suivant, Free, est légèrement plus pop.  Néanmoins, il offre de très belle trouvailles sonores. Il faut attendre 2009 avec l’excellent Blood pour revenir à un climat plus lourd.  La présence sur la pièce Stockolm de Mikael Âkerfeld donne le ton à l’album.  Avare de shows, OSI vient de faire paraître un nouvel opus, Fire Makes Thunder, accueilli chaleureusement par la critique:

 
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Jouant eux aussi dans les cordes électros, Mika Luttinen, frontman de la formation Impaled Nazarene, fonde en compagnie de Magnus Wampyr Daoloth (Necromantia, Rotting Christ, Danse Macabre) DIABOLO RISING.  Du black-metal à saveur industriel, satanique, torturé, malsain et provoquant.  Le beat parfait pour une soirée familiale du temps des fêtes… Avec deux albums, 666 et Blood Vampirism and Sadism à leur actif, le duo aurait ensuite changé de nom pour aujourd’hui RAISM…

 

 

   L’électro et l’indus semble être un genre de prédilection pour plusieurs musiciens métal.  La preuve en est Aders Fridén d’In Flames qui décida d’inclure ces styles à son projet solo intitulé PASSENGER.  Ayant un seul album à son actif, le band nü-metal formé en 1995 serait toujours actif.  On peut sentir à son écoute que cette expérience a été d’une très grande influence sur la destiné d’In Flames.  Des chants cleans à la limite de l’emo, des tempos plus modernes et des textes beaucoup plus introspectifs.  Fridén se livre à un réel hommage aux groupes des années 80 qui l’ont marqué, tel Depeche Mode, tout en essayant de créer un son plus actuel et accessible.  C’est loin d’être l’album du siècle mais l’écoute en vaut la peine pour comprendre l’évolution (ou la décadence,c’est selon) de la formation culte suédoise…                                      

                                                           


Comme je le disait plus tôt, la liste est interminable… Que l’on pense à StoneSour (Corey Taylor), Fantomas (Mike Patton), NailBomb (Max Cavalera & Alex Newport) et j’en passe…  Mais d’autre musiciens, tout en demeurant dans les mêmes thèmes, se sent lancés dans une autre forme d’art: le cinéma!

C’est le cas pour Dee Snider et Bruce Dickinson.  L’horreur et/ou le mysticisme étant souvent au coeur de leurs paroles, les deux légendes du métal ont  »commis » des oeuvres qui valent le détour, ne serrait-ce que pour voir une autre facette de leur génie créatif.


 

Mais si je peux vous donner un conseils Messieurs:  »Please!!! Keep your day job!!! »

Sur ce, bonne semaine gang de metalfreaks!!!

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