Neige sur la galerie, bottes pleines d’eau sur le bord du calorifère, pas de filles en mini-jupes… Ouains, ça a ben l’air que c’est l’hiver! D’ici le retour du beau temps, pas vraiment d’autre chose à faire à part écouter du bon beat, quelques séries en rafale ou s’éffoirer dans le fauteuil, une manette dans les mains à prétendre qu’on est un ninja, un tireur d’élite sur une planète grouillante d’extra-terrestres bélliqueux ou un plombier tueur de champignons et de plantes carnivores.

Pour les gens de ma génération, et surtout les suivantes, le monde des jeux vidéos est devenu indissociable de la culture populaire. Combiens de films et de séries télés ont été tirés de succès sur consoles? Combien de gens ont downloadé des vielles versions de Sonic, Breakout, Metroïd sur leurs téléphones intelligents? C’est fou comme on ne peut se passer de nos jours de ces programmes créés pour nous aider à fuir la réalité. Et la musique n’échappe pas au phénomène.

C’est vers la fin des années 90 qu’est apparu un style musical particulier, plus précisément sur la Côte Ouest américaine. Un son qui mélangeait metalcore et… 8-bits! Sûrement nostalgiques de leur vieux NES et voulant aussi exprimer leur rage à grands coups de screams et de riffs pesants, une formation s’est particulièment illustrée à cette époque. Presque qualifiables de pionniers, HORSE the band se sont surtout démarqués par leur forte utilisation de sites ”sociaux” musicaux tel que MP3.com et MySpace. Tellement qu’ils parvinrent à se former un intérressant bassin de fans partout sur la planète, ce qui leur permis de partir en tournée pour 3 mois dans 7 pays différents. 85 shows en 90 jours, en Amérique du Nord et en Europe. Plutôt actifs pour une gang de geeks! Le groupe a connu plusieurs changements au cour de sa carrière mais réussi tout de même à produire 5 albums de 2001 à 2009, une multitude de EP ainsi que 3 DVD, dont Earth Tour qui dure 10 heures et demi. Pour fans seulements… HORSE the band utilise habilement les vieilles sonorités, les intégrants à une structure aggressive et complexe. Ce premier vidéo, tiré de leur 2ième album paru en 2003, démontre bien cette expérimentation, bien qu’avec le temps, le son s’est quelque peu homogéneisé et un peu adoucit par moment lors de leur mise en veilleuse en 2009. Le band reste tout de même un groupe-phare du mouvement Nintendocore.

Shapeshift, de l’album Desperate Living (2009)

Dans une catégorie un peu plus inclassable, Red Ankh, un one-man project créé en 2004 au Minnessota, utilise quant à lui le Chiptune à divers sauce. Intégrant à la fois de l’alternatif, du metal symphonic, du dance, du death metal et même du folk, le produit final est plutôt difficile à classifier. Sûrement que plusieurs d’entre-vous ne se rendront pas à 9:39 minutes mais pour les plus aventureux, vous pourrez vous stimuler les méninges (ou faire chier vos colocs) en téléchargeant gratuitement près de 16o minutes d’expérimentation musicale dans la description du vidéo suivant:

Le travail en solo semble quelque chose d’assez commun dans ce mouvement musical. Deux bons exemples sont Norrin Rad et Dr Zilog. Les deux nerds solitaires ont pour leur part décidé d’explorer le Nintendocore, mais vers un son plus heavy. Le premier, un canadien de C-B, tire son nom de l’alias du légendaire Silver Surfer tandis que l’autre est un américain de la Floride. Ce qui les rattache, c’est d’avoir voulu créer un son unique en utilisant les éléments 8-bits mais sous la forme du Death metal, appuyé par un vocal gras et rauque ainsi que des bass drums dans le tapis et des riffs frénétiques. En utilisant un logiciel appelé ”Modplug”, ils réussirent donc à produire ce qui aurait pu arriver si des jeux comme Punch-Out ou Contra auraient utilisé des pièces de Suffocation, Necrophagist ou Cannibal Corpse…

Dr. Zilog intègre quant à lui de vrais éléments rythmiques, ce qui donne un produit légèrement plus ”organique”. Et pour ceux à qui ça plait, ses albums sont gratissss en suivants les liens sur sa page FaceBook…

En conclusion de cette petite incursion dans ce style étrange, qui ne semble pas avoir encore trouvé d’échos ici, je vous laisse avec un vidéo de Vomitron, tiré de leur album ”No NES for the wicked”. Contrairement aux autres bands présentés plutôt, ceux-ci rendent hommage aux classiques des jeux vidéos mais à l’aide de vrais instruments, tout comme POWERGLOVE, The NESkimos,MINIBOSSES, dont j’avais fais mention dans ma Chronique no 10.

Sur ce, bonne semaine, et allez donc jouer dehors ou aux fessses, gang de nerds…

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