Décapiteuse Marryah Noch

La Décapiteuse #15

 

1.Band: BLACK STAR RIDERS

Album: « All Hell Breaks Loose »

Label: Nuclear Blast

Date de sortie: 24 Mai

Je vais probablement me faire crucifier pour mon opinion, car dans le coeur de bien des gens dont je ne saisis pas le raisonnement ici, on a affaire à un album de THIN LIZZY qui se prénomme tout simplement autrement. J’dois vous dire bien franchement que j’ai voulu croire en cette théorie qui m’a toujours semblée être instaurée en vain, vu que le band lui-même a décidé de se défaire de leur identité initiale pour se rebaptiser. Ma philosophie en ce qui a trait aux changements de nom, surtout quand on parle d’un groupe aussi légendaire que THIN LIZZY, c’est que le son part dans une nouvelle direction, ce qui est absolument vrai d’un bord à l’autre de « All Hell Breaks Loose ». Après avoir entendu un snippet de « Bound For Glory » longtemps avant que le CD m’arrive dans les mains, je refusais vertement de me faire à l’idée que l’album au complet avait un penchant plus soft rock avec des éléments folkloriques et un cadre de pensée qui donne dans le mood un peu country, surtout en termes de lyrics. Je voyais le guitariste faire sauter son ampli avec des solos positivement effarants dans les reportages de studio. J’entendais un paquet de DJs qui ont dans la quarantaine d’années se demander pourquoi le band refusait de sticker au nom de commerce aussi juteux qui leur appartient, selon eux, de façon très justifiée à ce jour. Ce beau monde-là en ont vu d’autres et savent de quoi ils parlent; reste juste que c’est clair qu’ils avaient pas entendu le nouveau stock au moment de leurs déclarations entièrement sur-convaincues sur la question. L’attrait principal sur ce groupe de tounes est chaque moment pré-scripté et ultra-predictable où la guitare soliste casse le pattern douteux des structures de ces tracks qui donnent dans le rock commercial qui manque sévèrement de couilles et qui semble se fier le plus largement du monde sur le feel de chansons à répondre autour d’un feu de camp. Une certaine réelle sensation de lourdeur sonique plus déstabilisante s’intègre dans les rares moments surprenants qui ont réellement du caractère comme « Before the War » qui est probablement la seule pièce qui va me rester dans la tête en me faisant sincèrement plaisir; je m’attends à un retour aux sources beaucoup plus évident sur le p’tit prochain. Fans de hard rock, vous allez être déçus; si vous l’aimez pratiquement dansable, ou le trouvez appréciable en background dans une playlist sur shuffle, vous allez pas détester ça du tout. Mais essayez pas de vous le claquer de long en large en espérant entendre Thin Lizzy, ça arrivera pas.

RATING: 3.5/10 (Entre PAS TRÈS BON et POTABLE)

 

 

2.Band: POTENTIAL THREAT SF

Album: « Civilization Under Threat »

Label: Old School Metal Records

Date de sortie: 18 Juin

 

Ça me fait toujours de la peine de donner un rating aussi bas à un album de thrash; surtout quand l’intention est de maintenir la place d’un son oldschool dans une position pied-ferme inébranlable sur le marché. L’erreur la plus navrante que certains groupes s’approprient à leurs débuts est leur instinct, solidifié par leur besoin de sécurité, de rendre un hommage un peu trop obsessif à leurs idoles. On sait tous qu’il y a moyen de faire ça en gardant une authenticité qui se remarque à l’oeil nu, que ce soit sur album ou en show. Certains décident de simplement concevoir un ramassis de pièces qu’ils s’imaginent écrire dans un certain moment d’extase spirituelle qui leur permet d’être intimement connectés à la source d’inspiration de leur muse. Dans le cas de POTENTIAL THREAT SF, on a droit à un band fort sympathique et talentueux qui essaie tragiquement trop de se la jouer TESTAMENT. Je vais vous donner un example d’un band qui sait puiser dans ses influences en perdant pas de vu leur blueprint; EXTREMA. Ces gars-là nous réservent pas mal de refrains sur « The Seed of Foolishness » qui pourraient fort bien être exportés tout droit de la John Bush-era de ANTHRAX. Reste que, pour ceux qui ont écouté l’album, c’est clair et net qu’on a affaire à un autre groupe de musiciens qui veulent faire varier leur mode de pensée en suivant aucun guide pré-défini. Pour revenir à « Civilization Under Threat », non seulement la production (jusqu’au filtre appliqué sur les vocals) est identique aux albums classiques de TESTAMENT, mais la direction des riffs (autant au niveau rythmique que soliste) évolue en synchro avec leur mode d’écriture. Ça veut évidemment dire qu’à beaucoup de tournants, c’est possible ici d’entendre du stock qui tuerait n’importe quel novice, surtout quand on parle de progressions mélodiques qui ont vraiment du cran. Ce genre de focus est souvent perdu au profit du besoin cuisant de ce band d’écrire des pièces qui sont dans un mood différent de celui qui réside au plus profond d’eux-mêmes. On retrouve même une ballad à la « The Legacy » ici, qui est loin de sonner authentique; pourquoi les gars ont absolument besoin de se la jouer Inspiration Masquée quand ils sont capables d’écrire des classiques parfaitement organiques comme « Stick to Your Guns », me le demandez pas; je comprends pas plus que vous.

RATING: 4/10 (POTABLE)

 

 

3.Band: THE BLACK DAHLIA MURDER

Album: « Everblack »

Label: Metal Blade

Date de sortie: 11 Juin

Des disciples finis de THE BLACK DAHLIA MURDER, y’en a à la grandeur du globe. Ces gens-là sont tellement entièrement dévoués à leur cause qu’ils capotent à fond la caisse chaque fois que ces gars-là mettent un pied devant l’autre. Fans du groupe, je dis pas ça pour vous niaiser. Je tripe autant sur certains bands, malgré que je m’en défais lorsqu’ils sortent un album pourri, refusant de laisser le nom de la marque me faire croire que chaque produit fini est trustable. Disons que j’ai jamais été accro au son qu’on a ici. C’est majoritairement du deathcore avec des penchants classiques un peu forcés, surtout dans les solos improvisés qu’on retrouve à la grandeur de l’album, avec aussi une triple dose d’emphase sur l’ambiance qui semble plus souvent qu’autrement guider des riffs bien pensés dans le fin fond de l’oubli. Ces défauts ont ruiné mon expérience avec « Everblack » qui est décrit par Metal Blade comme étant beaucoup plus accessible et engageant pour ceux, comme moi, qui sont sceptiques par rapport au son de ce band. Je mentirais si je clamais haut et fort que j’ai rien entendu de bon ici; en fait, ça vaut largement la peine d’écouter chacune des tracks en tâchant d’apprécier, le plus possible, le guitarwork en tapisserie. Ces gars-là ont du talent, mais ils l’utilisent d’une manière un peu étourdie. Si l’emphase sur l’ambiance peu convaincante, tranchante, ou inquiétante était un peu moins prioritaire ici, j’ai l’impression que l’essentiel des riffs respirerait mieux. Le large éventail de drumming patterns est impressionnant, l’énergie de la delivery en plus de la touche d’improvisation donnent un live feel prenant, mais tout cela passe plus souvent qu’autrement inaperçu puisque c’est englobé par des concepts hauts en couleurs pour chaque toune qui tuent le poussin dans l’oeuf. Y’a pas moyen de comprendre cette logique sans entendre l’album et c’est sûr et certain que les opinions vont être partagées, mais je reste sur mon craving pour un son qui s’étire jusqu’à en faire craquer chaque os. Je sens ici un étouffement qui sera probablement palpable pour n’importe quelle oreille attentive mais je perds pas espoir que ça va finir par prendre le bord vu que ces gars-là ont assez confiance en eux pour finir par s’épanouir à 100%.

VERDICT: 6/10 (BON)

 

 

4.Band: BRUTUS

Album: « Behind the Mountains »

Label: Svart Records

Date de sortie: 14 Juin

Le nom BRUTUS me donnant l’impression que j’allais me claquer du death metal brutal déconcertant et tout en beauté, je me suis ramassée avec un point d’interrogation dans la face en me retrouvant devant une description dans laquelle les deux mots BLUE et CHEER semblaient assez gros pour défoncer mon écran. Pour ceux qui le savent pas, j’ai une anecdote intéressante; ces gars-là ont fait un split avec les GRAVIATORS, que j’adore avec un enthousiasme dont je me cacherai jamais. Leur approche est majoritairement intoxiquante, malgré que certaines des pièces sont probablement du genre à être des meilleurs digestifs quand on est habitués à leurs saveurs particulières à la deuxième ou troisième buvette sous l’emprise de leurs pourcentages d’alcool respectifs. On a droit ici à un rock qui est effectivement fort sur le worship de BLUE CHEER mais qui emprunte un nombre incroyable de stepettes directement de LED ZEPPELIN, surtout dans les tracks longues et méditatives qui dénombrent des changements de tempo très impulsifs et des vocals saisissants et émotifs. Cette approche est entrecoupée de pièces plus Dans-Ta-Face qui sont tantôt swingy, tantôt vraiment mean avec leur riffage empruntant autant de trucs et astuces du rock and roll des années 70 que du blues de la fin des années 60. Un espèce de feel très authentique et d’une bravoure notable de loungey pub rock est à l’appui, nous donnant l’impression que ces tounes-là ont été écrites une semaine avant la prestation intime du groupe dans une boîte à chansons ou la Guinness coule à flot dans un univers rustique de village perdu au coeur du Texas. Si c’est le genre d’authenticité qui réchauffe votre coeur autant que le mien, et que vous acceptez pas le fait que vous existiez pas dans le temps que ZEPPELIN II faisait virer tout le monde à moitié fou, votre consolation est à cette adresse-ci.

VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)

 

 

5.Band: CHILDREN OF BODOM

Album: « Halo of Blood »

Label: Nuclear Blast

Date de sortie: 7 Juin

Beaucoup d’entre nous ont longtemps tourné le dos à CHILDREN OF BODOM. En fait, ceux de notre belle gang de puristes qui ont connu ce band-là à l’âge de puberté avaient les yeux qui leur sortaient de la tête en regardant Alexi Laiho élaborer des mélodies qui transpercent la peau à leur époque la plus productive. Je me suis longtemps dit que ce temps-là était fini, que mon adolescence tirait à sa fin, et que le moment était venu d’éviter de porter attention aux nouveaux albums du groupe, qui étaient à mes yeux à peu près aussi fascinants que n’importe quelle  soundtrack de vieux jeu de Nintendo qui a tout autant le don de se ramasser dans un fond de garde-robe. Je les ai baptisés CHILDREN OF BOREDOM en me demandant assez franchement ce qui se passait avec Laiho et son talent indétrônable à la forge de structures de tounes qui pourraient réussir à essoufler James Malone. C’est clair qu’il parvient toujours pas à topper le nouveau ARSIS car pour être honnête, c’est une tâche particulièrement ardue pour un groupe qui s’est tiré dans le pied pendant autant d’années, mais avec « Halo of Blood », j’ai l’impression que l’obsession avec la déconnade est enfin mise de côté, et les gars se sont assis avec du matos qu’ils prenaient eux-mêmes assez au sérieux pour retrouver le bon chemin vers leurs racines. Ils sont sur la bonne track car ils nous arrivent avec un album de stock varié qui perd jamais, et je dis au grand jamais, son focus. J’entends ici du death-black, du speed melodic death metal, et même une touche d’influence Nordique et un peu Viking. On entend assez fortement ce que les gars écoutaient entre leurs sessions d’enregistrement en se buvant des Heineken. Chacune des tounes a le don de garder en haleine en garrochant riff cool après riff cool dans une furie totale que je savais pas que ces gars-là avaient encore en eux. C’est tout c’que j’vais avancer car ça me suffisait pour croire qu’ils ont encore leur VIP Pass leur permettant de s’intégrer dans la scène métal et ça me fait crissement plaisir de leur revoir la bette on my street. Y’en a qui vont dire que c’est toujours pas assez pareil comme « Follow the Reaper »; je leur renchérirai que ce band-là fera jamais le même album deux fois, pour le meilleur et pour le pire. Dans ce cas-ci, ça vaut la peine de se fermer le clapet et de donner une chance au coureur. Attendez-vous à prendre un belle débarque.

VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)

 

 

-Noch