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Burning the Oppressor

« Verbal Aggressor »

2013

 

C’est toujours un défi pour un band comme Burning the Oppressor de garder le momentum avec un bon deuxième opus, après avoir réussi à avoir un impact majeur dès son premier sur la scène québécoise; les attentes sont hautes et en même temps un musicien ne veut habituellement pas stagner.

« The Ignition », leur premier album de 2012 qui a été nominé à la GAMIQ comme album métal de l’année, nous offrait un mix de groove, thrash et furie qui nous rappelait l’intensité de Hatebreed, le groove de Pantera et les riffs plus complexes de Lamb of God.  Les membres nous venaient de Sight Slave et Armory of Justice pour nous sacrer un coup de poing musical en pleine face et cette mission était plus que réussie.  Ajoutez les nombreuses dates de shows et les promos constantes et on obtenait une formation métal originaire de la Rive-Sud de Montréal qui était déterminée à être là pour rester.

Ceci nous amène, un an plus tard, à leur deuxième offrande, « Verbal Aggressor ».  Maintenant connu de la scène, ils en profitent pour mettre en vedette quelques acteurs de cette communauté métal de la province dont Oscar Souto (Anonymus), Pat Martin (Reanimator), Jean-Michel Vallières (Mass Murder Messiah), Olivier (Citizen Vicious) comme co-vocaliste, ainsi que (et plus humblement) l’auteur de ces lignes comme choriste sur « Verbal Aggressor », « You Can’t Hide » et « It’s All Lost » en compagnie de Marc Légaré et Fred Rainville.  Ce qui est cool dans le cas de ces participations est le choix des tracks qui est parfait pour les invités, comme par exemple le thrash métal offert sur « Sans Pitié » avec Oscar Souto.  Même Jef Fortin (Anonymus, Mass Murder Messiah) est mis à contribution, mais dans son cas c’est derrière la console de ‘mastering’.

Ça aurait été un crime pour le quatuor de changer son style drastiquement quand on connaît la puissance et efficacité de leurs tracks en show.  Les balades en voiture, les vitres baissées, avec leur beat dans le fond est aussi un plaisir que je ne me passerais pas.  Ceci dit, est-ce qu’ils ont trop misé sur leur style sur cet album?

Peut-être un tout petit peu.  Regardons de plus près.

« Pissed Off » est la première pièce après l’intro et JeanFeu, le chanteur, nous rassure dans ses paroles qu’il est encore, et éternellement, « pissed off » envers tout et je me dois de souligner son dernier cri de mort de la track. Malade!  Les riffs, le blastbeat, le groove… tout y est!  Cette pièce est exactement ce que représente BTO et son énergie.  Il est aussi évident que la production a été rehaussée et tout sonne plus clair et compact, surtout au niveau de la batterie et de la basse (Gabriel Jetté).  À ce sujet, Sam Venne est probablement, avec les solos de Jean-François Roy (guitare), l’élément qui s’est le plus amélioré en un an.

« Verbal Aggressor » embarque ensuite et celle-ci aussi se démarque par ses riffs accrocheurs et l’attaque verbale de JeanFeu (« So you think I’m weak/I will show you wrong/You will feel the pain/From verbal agressor »).  Tout y est et elle met aussi en avant-plan une autre facette de leur musique qui est différente: les solos.  En effet, le travail général sur les solos a été rehaussé et c’est intéressant de voir la variété que Jeff nous offre sur cet album.  Par exemple, la mélodie du solo retrouvé sur « QC Militia », qui m’a tout de suite plu, vient offrir une autre perspective du talent du guitariste… et que dire de celui de « Sans Pitié »?!

« Built like a tank » et « The Puppeteers audience » sont aussi des tracks qui montrent tout l’aplomb de la musique de la formation et, encore une fois, des pièces qui nous offrent des prestations vocales d’invités très réussies.

La voix de JeanFeu se veut un exutoire pour une génération qui encaisse beaucoup de frustrations envers et par les institutions gouvernementales et toutes ces forces qui nous dirigent souvent dans l’ombre et sans qu’on en ait le choix. Cette férocité du chanteur et sa façon de créer des mélodies et refrain puissant sans chanter « clean » est impressionnante.  Cependant, ces « patterns » et son débit peuvent se répéter, comme sur « Mute », où la stratégie s’essouffle et le contenu devient prévisible, tout comme certains riffs qui suivent la cadence, ou plutôt l’encouragent.  Il sera important pour le vocaliste et le compositeur de faire attention à ces tendances sur le troisième album.  Dans le cas du chant, une façon de remédier à cette situation pourrait être l’utilisation accrue du français dans les paroles, car comme en témoigne la pièce « Sans Pitié », JeanFeu se débrouille très bien dans la langue de Molière et pourrait même en bénéficier.

Ce qui sauve un album comme celui-ci d’être redondant sont les enchaînements que nous offre la musique créée majoritairement par JF Roy.  Ironiquement, « Always the Same » vient casser le moule avec son solo au début et à la fin, en plus des ‘spoken words’ crachés par le chanteur.  Une belle touche en fin d’album.

En résumé, les boys voulaient nous donner une autre taloche en pleine gueule et ça a réussi.  L’exécution est bonne et l’énergie y est, mais il sera important pour eux de bien se renouveler et trouver une manière de nous accrocher encore pendant un autre 12 tracks.

 

8/10