La Décapiteuse #13
1.Band: ELDKRAFT
Album: « Shaman »
Label: Metal Blade
Date de sortie: Le 28 Mai
On se le cachera pas; je suis pas connue pour être une maniaque finie de folk. C’est vrai tout de même que l’incarnation un peu plus nordique de cette approche, avec un genre de finish un peu Viking, c’est pas mal la seule exception qui me réjouit parfois. Je trouve personellement que c’est la meilleure incarnation de ce style puisque son plein potentiel reluit davantage quand une certaine aggressivité couronne le tout avec un côté barbare un peu cinématographique à l’appui. ELDKRAFT a des composantes assez variées présentées dans un mish-mash pas mal inhabituel dans le sens où on a droit à de la mélancolie sinistre à souhait avec un vocal ténor qui a la poigne un peu whiny d’un frontman qu’on imaginerait assez facilement dans un band de funeral doom, et les riffs qu’on a ici ont également une belle grisaille d’émotions négatives à exprimer. Ce sont les deux éléments qui ont réussi à me convaincre d’écouter « Shaman » au complet; certaines pièces ont le mérite de se démarquer avec brio quand les riffs pesants et cassants se pointent le nez. Ceci dit, pas mal de tounes à l’appui s’en vont nulle part et empruntent le chemin de la monotonie et c’est un somme qui aboutit jamais. Les éléments folkloriques deviennent assez vannants quand ils deviennent un peu plus zen et orientés vers des pièces méditatives qu’on retrouverait facilement sur une compilation pour insomniaques. Cet aspect de l’album prend le dessus sur la puissance déchirante des moments les plus sincères de « Shaman ». Suffit que ces gars-là sachent mettre leur authenticité en valeur sans se perdre dans un trip de musique de chambre pour illuminés, et sans perdre le focus sur l’importance de l’instrumentation de base d’un band de métal; ils réussiront probablement à me convaincre d’écouter leur stock plus en profondeur, mais pour l’instant, je serais franchement capable de m’éterniser sur les longueurs qu’ils ont l’air de prévilégier sur ce premier CD.
VERDICT: 3.5/10
2.Band: DARK TRANQUILITY
Album: « Construct »
Label: Century Media
Date de sortie: 28 Mai
Même si le frontman s’efforce de nier que le titre de leur nouvelle release a presque tout à voir avec l’aspect technique de son contenu, je lui renchérirai qu’il est assez parfaitement représentatif du genre de retour aux sources dont l’album au grand complet fait preuve. La meilleure manière de résumer ce qui se passe sur « Construct », c’est d’aviser n’importe quel fan obsédé du band (groupe de monde dont je fais encore partie, comprenant parfaitement qu’on a droit ici à une expérimentation apart) que cet album-là, c’est pas une progression logique de la discographie de DT. C’est pas l’accumulation de ce qu’ils ont apporté à la scene au travers des dernières années. C’est une régression vers la base de leur son, qui est connue de tous ceux qui ont déjà écouté un minimum de leur stock; les mélodies prenantes, et les éléments synthétiques et électroniques. « Construct » est défini par le règne de cet aspect de leur approche et ce point de vue est supporté par le frontman toujours au moins. Il clame que ceci est une nouvelle initiative pour eux et je suis loin d’être d’accord puisque c’est plutôt une version étoffée, déjantée et progressive de ce qu’ils étaient avant de maturer considérablement leur format. C’est le genre d’expérience que j’ai d’la misère à digérer parce que les gars étaient crissement sur un chemin glorieux dans mon livre à moi et me consolaient presque de l’absence de NEVERMORE dans la scène, avec leur approche calculating, froide, et aggressive à souhait qui avait également un côté bleak et mélodique savoureux; « Construct » me laisse sur ma faim vu son hésitation à s’épanouir complètement. Ça reste du DT, mais ça retient son souffle. Ça aurait pu être une force de la nature absolument irréfutable si seulement c’était vraiment représentatif de leur parcours jusqu’ici.
VERDICT: 5/10
3.Band: AGE OF TAURUS
Album: « Desperate Souls of Tortured Times »
Label: Metal Blade/Rise Above
Date de sortie: 28 Mai
Le premier démo d’AGE OF TAURUS, je l’ai découvert dans les tréfonds de MySpace lors d’un de mes deux séjours en Angleterre et j’oublierai jamais ce moment remarquable où j’avais l’impression d’avoir découvert un band d’epic doom qui sait réellement se démarquer de la masse de groupes overhypés qui sont franchement plates à écouter (dans mes oreilles en tout cas) vu leurs tendances gimmicky et trop faciles. Ce qui commençait à manquer à l’approche des supposés chefs de file, je le retrouvais sur ce démo d’une qualité positivement effarante à travers des changements de tempo punchy, impulsifs, surprenants, et décapants avantagés par des riffs crunchy, heavy, et assez hooky pour épater la plus haute galerie d’élite dans l’histoire du doom au grand complet. C’était de quoi faire rougir les SAINT VITUS et compagnie. Donc j’avais des attentes assez déraisonnables face à ce premier album que Metal Blade ont signé à ma jadis très grande joie. « Desperate Souls of Tortured Times » dénombre seulement que 2-3 tounes qui démontrent le horsepower du groupe en toute sincérité. La force de ces gars-là c’est les pièces qui couvrent un beat mid-tempo ou un up-tempo, avec en masse de place pour les solos et les extravagances. Ce qu’on a ici c’est majoritairement du epic doom complètement cliché; lent, répétitif, prévisible, et, assez ironiquement, assez semblable au stock qui sort sur une base trop régulière des bands qui s’aventurent dans ce sous-style particulier avec l’intention très lassante d’écrire des tounes qui se dirigent très (TROP) lentement dans un vide éternel.
VERDICT: 5.5/10
4.Band: LEPROUS
Album: « Coal »
Label: InsideOut
Date de sortie: 28 Mai
Le backing band d’IHSAHN sur son stock solo, c’est pas un secret pour personne, y fait pas triper la planète au complet. La saveur progressive et réfléchie de ce matos particulier, c’est la version nue et bare-bones du black d’EMPEROR. Peu réussissent à détecter le venin ici présent puisque le packaging leur semble mou et sans but. Je ferai remarquer que ce beau monde-là manquent le bateau et connaissent pas grand-chose. L’approche de LEPROUS est sombre et dépressive à souhait. Cette émotion-là est la base de tout album de black et les structures impulsives de chacune de leurs pièces sont tout à fait marginales et pratiquement plus bizarres et dérangeantes que ce que j’ai pu remarquer autour de moi dans les scènes métal et rock combinées. Chacun des albums a une identité tout à fait borderline. « Bilateral », c’était un de mes petits préférés de l’année quand c’est sorti. La ligne directrice était mélodique mais chaotique à la fois, me faisant plus souvent qu’autrement penser à OPETH meets PINK FLOYD. « Coal » va dans une direction beaucoup plus agressive, synthétique, et étourdissante, en mettant de côté les luxuriantes explorations acoustiques d’il y a une coupe d’années. Ça donne des pièces longues, et parfois un peu trop absorbées dans leur propre acid trip pour être autre chose qu’étouffantes, ce qui empêche pas que c’est le cas pour une toune sur trois seulement. C’est un genre de digestif qui va plaire à ceux qui aiment l’abstrait et la saveur de psychose intériorisée dans leur rock ou métal. C’est soit t’aimes, soit tu détestes. J’recommanderais « Bilateral » avec plus d’enthousiasme, en toute honnêteté, mais « Coal » est à risquer pour ceux qui veulent quelque chose d’appliqué et sauté à la fois.
VERDICT: 6/10
5.Band: SKELETAL SPECTRE
Album: « Voodoo Dawn »
Label: Pulverised
Date de sortie: 27 Mai
Vanessa Nocera est la leader de SKELETAL SPECTRE et j’vas vous dire qu’elle botte des culs sans aucune retenue, en craignant pas de me faire qualifier de féministe. Y’a pas tellement de femmes qui se font créditer suffisamment pour leur travail acharné pour la scène death metal. Pour les connaisseurs ou amoureux de l’underground obscur qui sait simuler une sorte de retour dans le temps jusqu’au début des années 90, allez écouter du MORGENGRAU pour être témoins d’une frontwoman qui donne pas sa place. Nocera est un autre bel example de ce genre d’icône que pas assez de monde connaissent. Si c’était pas de la production ultra-saturée d’un bord à l’autre de l’album, ceci se mériterait un sapré beau gros huit sur dix. Premièrement, les vocals sont d’outre-tombe. Ils sont saisissants, lancinants, et troublants; les riffs sont d’un dynamisme éducatif pour ceux qui veulent se lancer dans ce mouvement en sachant ce qui accroche réellement et ce qui laisse de glace. Le drumming abuse de la double-bass et rend la distinction entre les licks ardue, mais ça empêche pas un vrai trippeux de se pencher sur la question à plusieurs reprises; maudit que les hooks sont à perte de vue, et ce band-là ose intégrer plusieurs passes plus thrash et même death n’ roll à leur formula. Ils savent être catchy en restant dans les fin fonds de l’underground à militer pour ce que la scène extrême représente, tout en restant fluides et très à l’aise dans leur rôle d’instructeurs fiers comme dix.
VERDICT: 6.5/10
6.Band: BLOOD CEREMONY
Album: « The Eldritch Dark »
Label: Metal Blade/Rise Above
Date de sortie: 28 Mai
Le vintage rock qui sonne un peu fin années 60 avec des éléments folkoriques et un background occulte, ça court crissement les rues depuis l’été passé, mais y’a pas à dire qu’on se fait garrocher un peu n’importe quoi par la tête dans certains cas (i.e. GHOST) pour éventuellement se faire consoler de main de maître avec des bands comme BLOOD CEREMONY qui se contentent de faire des tournées promotionelles pour les ghoules quand y devraient plutôt être les headliners. « The Eldritch Dark » est d’une qualité savante à souhait. Le seul guitariste du groupe mélange des influences blues avec une bonne dose de rock rétro qui manque pas de caractère; l’orgue et la flûte viennent compléter les riffs tantôt pesants et tantôt frivoles à merveille, sans devenir des espèces de distractions qui donnent un style cartoonish au produit fini. L’album est enregistré analog, et ça paraît dans l’aspect très smooth et invitant de la prod; toutes les tounes ont chacune leur propre identité et leur propre attrait, et plus je me les claque souvent, plus j’réalise que c’est encore meilleur que leur vieux stock, vu que les main riffs de bon nombre de titres (dont « Goodbye Gemini ») me jouent dans la tête à plein régime depuis la semaine passée.
VERDICT: 6.5/10
7.Band: THE PETE FLESH DEATHTRIP
Album: Mortui Vivos Docent
Label: Pulverised
Date de sortie: 27 Mai
Quand on parle de métal extrême aussi luxuriant que le death-black se permet de l’être, j’suis toujours sur un buzz intense quand je découvre une One-Man Project qui sonne comme si c’était un ramassis d’au moins huit musiciens dans le même sous-sol qui fonctionne sur une base aussi appliquée et disciplinée qu’un orchestre classique de renom (la composition est l’oeuvre de Pete, bien que sur cet album, il introduit des session musicians). Ce genre de précision, on le retrouve sans aucune trace de confusion sur « Mortui Vivos Docent ». Pete, c’est un mathématicien, mais pas dans le style fusionny et avant-garde de TESSERACT ou BETWEEN THE BURIED AND ME; il se la joue black métal sale en dosant parfaitement les ingrédients apposés sur chaque côté de la balance qui est rarement manipulée avec autant de soin au coeur de cette approche-ci. Il intègre même du thrash à ce tableau sans perdre la carte mais en créant plutôt des classiques obscènes (« Crave the Fire ») qui me donnent l’impression que ce gars-là observe la scène death-thrash avec une attention inégalée depuis ses débuts les plus primitifs entre les mains de Chuck. Je lève mon chapeau.
VERDICT: 8.5/10
8.Band: TRISTANIA
Album: « Darkest White »
Label: Napalm
Date de sortie: 31 Mai
Je vous le dis tout de suite: le gothic métal cliché qui fait des courbettes symphoniques à la NIGHTWISH sans toutefois parvenir à leur degré d’efficacité historique, ça m’impressionne à peu près autant qu’une série d’éternuements hyperactifs en surround. C’est pourquoi je me disais tout de suite, avant de me claquer « Darkest White », que je me fouterais éperdument de son contenu. J’aurais pas pu avoir une leçon de vie plus brusque et inattendue ce matin-là; TRISTANIA ont aucunement l’intention de s’étendre dans ce moule un peu trop répandu à travers la scène Européenne. Ce qu’ils nous apportent ici, c’est un métal tout à fait lourd, obscur, et faisant témoignage d’une panoplie d’influences qui prouve qu’ils sont au courant de toutes les vagues qui s’emparent de la scène depuis des lustres: ils intègrent du prog, une touche de doom, des effluves de rock, et des riffs assez funeral doom pour faire triper les gars de KATATONIA avec un enthousiasme communicatif, tout en perdant pas du tout l’aptitude de traduire leurs émotions à travers chaque note qui rend l’écoute complètement affamée et incomparable. J’aurais voulu que l’album soit plus long, et jusqu’ici, j’ignorais éperdument tout de ce qui rendait ce groupe-là aussi populaire et aimé à travers la communauté. Message reçu.
VERDICT: 9.5/10
-Noch





