Décapiteuse Marryah Noch

 

La Décapiteuse # 7

Bovine – The Sun Never Sets on the British Empire

2013, jusqu’à date, c’est un ramassis de progressif technique, de jazz fusion meets blues flourishes, et de power metal théâtral. Ces trois styles sont ceux qui dominent le plus mon radar ces temps-ci en terme de nouvelles releases et honnêtement peu importe à quel point j’peux commencer à trouver que certains des albums correspondant à ces trois catégories réussissent à me convaincre assez fort pour que j’analyse leur potentiel en m’étalant sur les détails à en plus finir (si vous écoutez mon show, vous l’savez en masse; j’suis obsédée et vraiment pointilleuse) j’suis contente en sale quand j’finis par me ramasser sur des albums qui abordent des sous-styles qui sont moins dans le spotlight depuis Janvier. BOVINE, c’est une formation de Birmingham (UK) qui a été emmenée sous mon oeil scrutateur par Scott Alisoglu de Clawhammer PR plus principalement. Il m’a convaincue de porter attention à ce que je considérais au début être un espèce de post-rock assez plate et prétentieux merci. En ce sens, vous allez facilement vous imaginer ma surprise quand, suivant son conseil, je suis allée me claquer leur 2e promo track  »Thank Fuck I Ain’t You », et que j’ai découvert un espèce de version réinventée du grunge des plus primitifs des années 90 qui est tout simplement plus renversant et ahurissant que le ALICE IN CHAINS moderne que j’ai pu entendre et apprécier sur  »Black Gives Way to Blue ». L’énergie qui émane de chacune des tracks de l’album me fait aussi penser à ce que j’apprécie particulièrement de  »Bleach » de NIRVANA; le frontman s’époumonne comme un damné autant qu’il sait s’armer d’un sens de la mélodie expérimentale mais absolument spot-on. Le drummer est en psychose totale en vargant sur son kit comme s’il jouait du death metal mais en prêtant son agressivité au contexte, harmonieusement. Notez que cet album-là est releasé par FDA Rekotz, label qui back habituellement du death metal oldschool totalement dépourvu du sens des compromis (en d’autres mots, si vous êtes un accro du DM, vous devriez savoir que cette compagnie va vous rendre muets comme des carpes à force de vous faire découvrir du stock de malade que vous connaissiez pas avant qu’ils se fassent signer par eux). C’est pas rare que je donne des 10/10 au matos promotionnel qu’ils m’envoient, dans ma tête ils sont parmi l’élite des labels underground. BOVINE, c’est une preuve assez solide qui mérite ce rating et absolument rien de moins.

 

 

Flotsam and Jetsam – Ugly Noise

Étant pas totalement familière avec le vieux stock de F&J, j’me suis ramassée à écouter  »Ugly Noise » à travers un filtre assez clean slate merci; étant quelqu’un qui suit l’actualité et qui entend toutes les nouveautés à mesure qu’elles font surface sur Blabbermouth, je savais aussi que ces gars-là sont pas du tout obsédés avec l’idée folle de faire la même affaire pendant des années de temps en boudant leurs besoins créatifs, peu importe à quel point ceux-ci peuvent devenir loufoques et éloignés de leur style de base. Pour ceux qui l’savent pas, ces dudes-là sont un band de thrash de renommée qui ont déjà travaillé avec Jason Newsted. Quand j’ai entendu un preview de leur nouveau stock une coupe de semaines avant d’entendre l’album, je trouvais leur approche assez timide, sauf que j’avais un bon feeling que chacune des tracks aurait une identité unique au lieu d’être un espèce d’arrache-pied qui sonne comme la même toune garrochée dans ma face douze fois d’affilée. Là-dessus, j’avais pas tort – ils perdent pas leur côté thrash mais y intègrent des hooks catchy et accessibles. Jusque là, ça sonne comme un cauchemar des plus merdiques mais attention; c’est le genre de hooks qui sonnent années 80 en masse. Le desesperado dans la voix du chanteur est absolument sincère et charismatique mais il essaye pas d’emmener une vibe Beauty & The Beast – il réussit plutôt à avoir un vocal plus on-the-dial que Chuck Billy par example, et parlant de ça, les tounes mid-tempo qu’on a ici font très TESTAMENT. La production est un peu dans le même style que leur vieux stock, étant assez thin et airy, mais ici c’est une maudite bonne affaire, ça se prête au contexte un peu libertin du songwriting. Pratiquement la moitié de l’album nous garroche des tounes qui sont assez débiles pour être considérées comme des gros hits; la deuxième partie devient un peu worn out et gossante à écouter vu que le mood des lyrics et la musique semblent pas fitter ensemble et la note est visiblement plus forcée. L’authenticité des premières tracks est telle que si l’album au complet était aussi bon que le début l’est, ça s’aurait mérité un beau gros dix, mais je reste sur le 7.5 ici. Cet album-là a une grosse valeur pour moi sur le plan personnel et ça risque d’être pareil pour ceux qui aiment le thrash mélodique fâché et sombre à souhait, mais techniquement, je l’aurais raccourci pour assurer une efficacité qui se plante pas face la première sur le ciment à mi-chemin.

 


Memory Garden – Doomain

Comme j’disais plus tôt cette semaine sur mes heures de travail en me promenant sur Face de Book pendant mes petits breaks entre mes listening sessions matinales, c’est fou à quel point CANDLEMASS s’est cassé la gueule solide avec leur dernier album (presumably leur espèce de swansong). J’ai pas du tout catché leur intention avec le feel ou la direction du songwriting sur ce CD et je suis tout de même encore et toujours adepte de  »Death Magic Doom ».  »DmD », c’est un album qui m’a fait commencer à apprécier ce qu’on appelle communément le Epic Doom Metal et ceci est la raison qui explique pourquoi j’ai commencé à adopter CANDLEMASS et à me claquer cet album-là un bon quinze fois par mois dans ma début-vingtaine. Le fait qu’ils aient quitté la scène sur une note plus fétide m’a carrément déçue et surprise. N’empêche que y’a moyen de se consoler; MEMORY GARDEN nous arrivent sur Metal Blade avec  »Doomain », qui prouve de façon draconienne qu’ils sont juste dix fois mieux que l’idée qu’on peut se faire d’eux à la première écoute de leurs promo tracks. Leurs riffs sont lugubres et cassants, leurs hooks sont du génie qui impressionerait probablement Tony Iommi, leurs mélodies donnent des frissons dans le cerveau, et leurs expérimentations sont toujours des maudites bonnes idées. Je m’explique sur ce dernier point; les projets scientifiques au coeur d’un style qui se prête pas vraiment aux tournures de songwriting bizarres, c’est souvent hit and miss et surtout honnêtement loin d’être nécessaire, mais sur un album comme  »Doomain », les gars ont un sixième sens – ils détectent pratiquement toujours ce que la personne qui écoute veut entendre à mesure que l’album avance. L’élégance de leur approche est tellement notable et expérimentée que c’est facile de dire que ces gars-là sont le signe principal que ce style-là est pas en train d’étouffer cette année, enfoui en dessous des soundtracks de laboratoire prog qui ont le don de remplir l’espace de stockage de ma inbox de manière presque surreal dernièrement.

 

 

En gros, je suis satisfaite de ma semaine; ces trois albums-là vont marquer tout le monde sans exception. Si vous prétendez vous en sacrer complètement c’est que vous avez mal écouté.

Pour entendre des extraits, branchez-vous sur mon show,  »C.R.O.C. Underground Metal », que ce soit directement sur Ondes Chocs, ou en téléchargeant en suivant mon lien Podomatic cette semaine.

-Noch