C’est avec les bottes pleines de slush que je me suis présenté aux Katacombes ce vendredi 12 avril.  Les pieds trempés à marcher dans les rues de la Métropole, évitant les trous d’eau crasseux et crottés… Presqu’aussi sale que le son qui nous attendait à l’intérieur…

Quelques contre-temps avait considérablement ralenti ma progression, Dame Nature ayant décidé de nous faire chier encore une fois cette année avec une bonne bordée de marde blanche.  Cependant, les demoiselles qui étaient à l’honneur ce soir étaient de meilleure humeur.  Avec un nom comme: GIRLS CAN KICK YOUR ASS SHOW, une chose était sûre, c’est un coctail explosif d’oestrogène et de décibels qui nous attendait, avec en vedette, les formations Les Gros Pédés, Discorp, Politess, 2 Faced Fuckers, Murder The Elite, Meat The Grinders et Fatal Flaw.

Le premier coup de pied au cul m’a été assené par Two faced fuckers ,quatuor crust hardcore de St-Hyacinthe.  Fortement inspirés par Black Sabbath, les premiers riffs viennent nous chercher aux trippes, jusqu’au moment où le chanteur saute dans la foule, tout de même assez nombreuse, s’époumonant  violement, ajoutant une bonne dose de saleté au son déjà crasseux à souhait.  Les pièces sont tout de même assez basiques, laissant toute la place à l’énergie brute.  Le guitariste ajoute sa voix à celle du  »gueuleur », celui-ci profitant de toute la place laissée vacante sur la scène par ses comparses, plutôt statiques malheureusement.  Mais néamoins, c’est une bonne dose de gras qui nous est offerte, appuyée par le jeu lourd de la bassiste et du drummer.

DSC_1201 (678x1024)

Le polyvalent Chouin, qui avait déjà réchauffé la salle avec son groupe Discorp avant mon arrivée, troque ses baguettes pour un pic de bass et invite ses collègues deMurder The Elite pour continuer cette soirée thématique, en plus de célébrer son anniversaire du même coup.  Marie-Ève, la chanteuse (aussi chanteuse pour Discorp) qui soulignait sa fête 2 jours à l’avance, partagea la scène en compagnie de Mariane de BLUDGEONED, invitée pour l’occasion afin d’ajouter quelques screams bien sentis à son registre assez varié merci.  Le son de Murder The Elite a bien évolué depuis ses débuts il y a près de 6 ans.  Chacuns apportant ses influences, comme Alex le guitariste, qui entame leur prestation avec une intro qui flirte avec le post-metal.  On sent son background plus métal dans son jeu, tandis que la basse de Chouin et les blastbeats de Kate, la drummeuse, sont plus près des traditions grind crust.  Un amalgame de riffs et de tempos bien balancés sur lesquels il est presqu’improbable de ne pas headbanger.  Les 4 musiciens ont prit énormément d’assurance sur scène avec le temps et j’ai plus que hâte de mettre une oreille sur leur album sorti cette année, tout comme celui de Discorp.

DSC_1702 (1024x678)

 

 

DSC_1609 (678x1024)

 DSC_1589 (678x1024)

 

La bière continue à couler à flot et c’est au tour du phénomène Meat The Grinders de prendre possession du stage.  Je dis  »phénomène » car les sherbrookois occupent une place à part dans la scène grind québecoise.  Alliant technicité et brutalité, leur son se veut plus expérimental que ce que l’on peut entendre habituellement dans ce genre.  Faisant fi des étiquettes, les 4 membres du groupe (un des guitariste étant absent ce soir là) explosent littéralement sur scène.  Les riffs sont torturés, disjonctés, démembrés…  La rythmique complètement délirante du drummer ajoute une couche d’originalité à l’ensemble.  Le résultat final nous donne un death métal à la fois brutal mais aussi technique et ludique, où notre cerveau est autant sollicité que nos vertèbres cervicales.  Et que dire du vocal…  La jeune demoiselle au micro vocifère violement, surfant avec aisance, malgré les pintes ingurgitées auparavant, sur cette musique étrange et originale.  Je n’avais ouïe que des bons mots sur ce groupe et j’étais curieux de les voirs enfin  »live ».  Mais si vous voulez aussi vivre l’expérience, je vous conseille de vous dépêcher car la formation prendra une pause indéterminée cette été.  Mais quelque chose me dit qu’on les reverra dans un avenir rapproché avec d’autres groupes tout aussi  »non-catalogables »… On croise les doigts!

DSC_1820 (1024x678)

DSC_1867 (678x1024)

 DSC_1865-2 (678x1024)

 

Malgré l’heure tardive, (presque 1h30 du matin), encore un grand nombre de fêtards étaient restés sur place pour continuer le party avec la gang de Fatal Flaw.  Et toute qu’une façon de finir cette soirée bien entamée!  Après 8 ans à jouer sur les scènes de tout genre en province, les montréalais continuent à kicker des culs… Un son chargé et rapide, à mi-chemin entre le thrash et le hardcore.   Les riffs accérés se succèdent à un train d’enfer, sans pauses ni répits.   Derrière les 2 guitaristes  et le bassiste, on peut facilement voir le batteur grimacer comme un guerrier maori, bûchant sur son drum à grands coups de d-beats.  Et dans notre face, nulle autre que la légendaire Amélie (Deadly Pale. Xplicit Noïse, Hands of Death, RetardNation) qui  nourrit d’énergie le moshpit avec ses grognements féroces et intenses.  Une prestation sans taches, à part celles de bières sur nos vêtements. 

DSC_2436 (1024x678)

DSC_2442 (1024x678)

DSC_2342 (678x1024)

 

Un autre bel exemple lors de cette soirée, habilement organisée par Mumu et Marie-Êve (respectivement bassmaid de 2 Faced Fuckers et chanteuse de Murder The Elite/Discorp), que la scène grindcore est extrêmement vivante et unies.  Lex, qui est venu nous rejoindre un peu plus tard, et moi étions parfaitement d’accords pour dire que c’est un des styles musicaux qui permet le plus d’exploration, peut-être du fait qu’il provient en grande partie du mouvement DIY et souvent oublié des médias, ce qui leur permet de se foutre des étiquettes, se concentrant sur les bases du métal et du punk, soit l’énergie brute et des riffs souvent simples mais ô combien efficaces.  Et ma gang de malades, vous pourrez toujours compter sur Ondes Chocs pour vous suivre, de la salle la plus obscure au local le plus crasseux car c’est au son de vos beats de fous qu’on peut se laisser aller et se défouler comme il se doit.

}:)~>

Jon B