Avec la fréquence des shows underground au Québec, c’est facile pour un fan de musique de se changer les idées quand il en a besoin et c’est exactement ce qui m’est arrivé lundi soir. J’ai eu une fin de semaine difficile au niveau personnel avec mon chien et j’ai pris ça relaxe, seulement pour me retrouver en manque de décibels rendu en début de semaine.
Heureusement, le Bar l’Agitée de Québec avait organisé une soirée métal avec deux formations canadiennes qui passaient par la vieille capitale en ce 8 avril et avaient demandé de l’aide pour faire sortir les métaleux. Orchid’s Curse et BIIPIIGWAN étaient ces bands et Jupiter’s Red Eye de Québec avait été ajouté au lineup pour célébrer son retour sur scène avec leur nouveau guitariste, Maxime Rochefort suite au départ de Louis Thivierge de la formation pour les US.
Pas question de manquer la chance de découvrir deux bands ‘live’, alors je me suis crinqué avec du Dark Sermon et Trepalium chez moi en ‘uploadant’ mon entrevue vidéo de Yannick St-Amand, juste avant de me diriger vers le domicile de Claudine Hasty, alias « Suzie Roadkill » de l’émission Le Trashoir à CKRL. J’y étais attendu par elle et son ami Louis pour un souper de dernière minute et queeeeeeeeerisse qu’elle fait bien à manger! Sans oublier qu’elle a l’habit parfait pour faire de la popotte:
On enregistre l’intro de la toute nouvelle Capsule Ondes Chocs après avoir rapidement mangé, j’offre mes remerciements et mes salutations et je me mets en route vers le bar. La première personne que je rencontre à la porte est le sympathique personnage Luke Dawson, booker de l’Agitée. C’est la première fois que j’avais la chance de lui jaser et c’est ce qui arrive avant de me diriger vers la fontaine de bière, un arrêt obligatoire et pressant… fait soif!!!
Pendant que je commande ma bière à Alex au bar, je vois à la table à ma gauche JD Villeneuve et Antoine Baril de Deviant Process, mais aussi Vincent et son crew de Jupiter’s Red Eye. Je m’asseois avec eux et on parle de la scène métal de Québec et j’essai d’expliquer mon point que c’est plate qu’on ne verra pas de « stretch » lors de la soirée, juste avant qu’on m’en pointe une couple qui les portait fièrement. Mon point était que la scène métal est divisée en petites cliques qui supportent leur style de musique, mais semblent bouder les autres. Si tout ce beau monde se soutenait, on aurait plus de monde dans les shows, non? Yeah, in a way…
Juste avant que le show commence, on aperçoit des espèces d’oiseaux de nuit très rare, le Patrick Gauvin à tête blanche et le Mathieu Robichaud d’Amérique. Ces bêtes ne sortent que le lundi et semblent effrayés de la lumière et du contact humain. Ils se rassemblent quand même autour de notre table et on les apprivoise vite. (désolé les boys, je me suis amusé avec ce petit bout là, fallait que ça sorte. Vraiment content de vous avoir vu, revenez plus souvent, la scène a besoin de vous!)
Ce n’est pas long que le show commence et quand ça se fait je me lève et regarde tout de suite le chaos qui est semé à la PREMIÈRE note…. un lundi soir… par un groupe de première partie. Je parle ici de Orchid’s Curse et l’image qui me revient en tête pour décrire leur performance est la bouche ouverte de Antoine Baril qui les regarde se défoncer sur le stage, la première chose que je vois quand je me retourne vers lui. Le band d’Halifax fait dans le métal aggressif qui mélange plusieurs influences, à la Darkest Hour, Pantera et Still Remains. Cette première envolée sonore est « Baptismalpractice » de l’album « Words », leur dernier album dans une discographie qui en contient trois. Le band offre exactement le genre de performance que je m’attends d’un band, surtout un que je veux découvrir et qui n’a rien à perdre et veut impressionner après avoir descendu d’aussi loin que la Côte Est du Canada pour jouer. Le chanteur me fait penser à Ryan Clark de Demon Hunter avec sa barbe et je leur fait honneur en écrivant ce texte en portant le gilet que j’ai acheté après le show sur lequel il est inscrit « Grow A Fucking Beard ». Love it. Les compositions sont très bien montées, mélangeant le lourd avec la rapidité des riffs. Le band ne va peut-être pas gagner de prix d’originalité, mais leur son est ‘pur’ et leur énergie… complètement malade! C’est vraiment ce qui nous a tous marqué, tout le monde affichant de grands sourires en se jetant des regards qui veulent dire: « de où ils sortent eux autres esti? ». Les guitaristes bougent beaucoup et s’échangent de place durant le show, le drummer est précis et frappe très fort sur ses peaux, ça sonne loud! Ce qui est cool avec ça est que l’album « Words » a bien capturé cette énergie en studio, alors je vous propose fortement de leur donner un spin et les encourager.
Pour décrire ce qui s’est passé après leur show, je vais laisser mon ‘post’ sur Facebook l’expliquer:
Hier quand Orchid’s Curse a commencé son set, j’ai regardé un des deux guitaristes, Brian Jones, et je me disais que je me DEVAIS de mentionner qu’il ressemble vraiment beaucoup à Phil Rousseau, un photographe et bon ami de la ville de Québec. Ben ciboire, à l’entracte, en parlant au chanteur de la formation, je me retourne et je vois la face à Phil qui me fixe et attend que je lui dise salut, moi qui pensais que c’était le guiteux qui nous regardait parler! What are the chances?? Je le vois rarement et il se pointe un fucking lundi dans un show métal??? Yeah!
En sortant dehors après cet épisode pour le moins bizarre pour profiter des bonnes choses de la vie, on se regarde tous et on en revient pas qu’un band se soit autant donné en première partie, mais on affirme en même temps que ça devrait TOUJOURS être comme ça.
En entrant dans le bar, Jupiter’s Red Eye est prêt et nous punch dans face avec « This Is Necessary », la troisième offrande de leur EP « Set Yourself On Fire ». Bon, là, mettons les choses au clair: ils introduisaient un nouveau membre à la formation, Max, mais en plus tu suis une tornade dans l’ordre du lineup. Donc, on a peut-être pas droit à l’énergie du premier band, mais Kevin le chanteur essaye quand même de mettre le feu dans la place au-dessus d’une musique plus technique que celle du prédécesseur. Ils offrent un death métal mélodique qui est axé sur le travail des guitares et offrent aussi de belles harmonies. C’était drôle en crisse dehors après le show quand Jean-Daniel a regardé Max en lui disant: « … ben oui tsé, tu me dis que tu vas jouer le ‘rhythm guitar’ avant le show et là je te vois comme un malade (mime un solo avec ses doigts sur les frets) ». C’était aussi une observation que je m’étais faite durant le show, mais d’une autre manière, car les premières compos ont été jouées avec les gars qui semblaient préoccuper avec leur instrument en premier et la foule ensuite. La situation s’est réglée après la 3e ou 4e track et on a senti une pression tombée et là tout le band s’est relaxé, en commençant par le guitariste Mathieu qui a semblé joué plus aisément et en bougeant plus, question de laisser la musique le guider et non le contraire. Kevin a semblé frustré un peu par la foule de densité moyenne qui ne bougeait pas beaucoup (« come on people, you look half dead… » – je l’ai entendu man!), mais à leur défense, on était captivé par votre beat les boys en ce lundi. Vos décibels faisaient headbanger mes neurones, don’t worry man! Maudite belle job de la part de la formation, je vous avais vu au Dagobert à la fin 2012 et j’ai encore une fois été satisfait. Max, je ne connais pas assez la guitare et vos compos pour faire une analyse approfondie de ta performance, mais de ce que j’ai entendu durant et après le show… two thumbs up le malade!
Un dernier plein de mauvaises choses avant le dernier set de la soirée et une jasette se fait dehors avec Antoine le centre d’attraction. Love the guy. Il travaille toute la journée, a sa petite famille, mais c’est vraiment pas rare de le voir dans les shows pour supporter les bands qu’il a produit et les bands avec lequel il aimerait travailler. J’appelle ça, comme ce qu’on fait à Ondes Chocs, le travail de terrain.
Quand on entre à l’intérieur, on discute de la consommation d’alcool de Jean-Daniel depuis qu’il jour dans Deviant Process (ironique?), mais on se fait déranger par un son lourd qui provient du stage… et là c’est LLLOOOOUUUDDDD!!! BIIPIIGWAN embarque et c’est impossible de passer à côté. Le son est très fort, les riffs sont lourds et répétitifs, comme une marche de guerre par le trio qui veut complètement détruire son auditoire. D’ailleurs, il semble être deux guitares habituellement, mais pas en cette soirée. J’aime les bands comme ça qui sont capable, à trois, de combler un stage comme si ils étaient cinq, qui sont hypnotisés par leur musique et qui jouent comme si c’étaient leur dernier show. Le drummer ressemble à un tueur malgré son petit frame, pas du tout la même face qu’il m’a montré quand je me suis procuré leur démo de trois tracks avant leur prestation. C’est du sludge qui parfois nous attaque avec une série de licks bien placé, mais le tout prend son sens en spectacle avec les intros et les mimiques du guitariste qui m’a fait exactement 12 000 faces différentes durant le court show. Les boys vivent pour leur musique, c’est évident et c’est inspirant. Le bassiste est un indien avec tous les clichés qu’une personne pourrait lui appliquer; il est bâti et ne semble pas ouvert à la rigolade…. parfait, parce que t’es là pour faire peur et ça se voit dans son vocal lourd et distortionné. Le band d’Ottawa a réussi sa mission: se faire remarquer un lundi soir par une crowd qui était quand même réceptive. Je crois que le sourire sur mon visage tout le long du show en disait long.
En sortant, je remercie et salue tous les acteurs de la soirée et je me faufile jusqu’à mon auto, mais je ne le mets pas en marche tout de suite, car je me dois de déballer la cassette du side-project des boys de BIIPIIGWAN qu’ils m’ont donné en achetant leur EP, Robert Zemeckis, du punk/hardcore/grind qui a secoué mon Buick pendant les 8 minutes de mon trajet… Je vous ai dit que j’adorais mes expériences ces temps-ci?







