Bring Me The Horizon
« Sempiternal »
(2013)
sem·pi·ter·nal
/ˌsempəˈtərnl/
AdjectiveEternal and unchanging; everlastingSynonymsEternal – everlasting – perpetual – perennial – timeless
C’est vraiment un paradoxe cette description du titre de ce 4e album de la formation britannique Bring Me The Horizon, car on parle ici d’un band qui a beaucoup changé depuis « Count Your Blessings » et ce à tous les niveaux de leur musique. À tort ou à raison, le band est embarqué sur une voie plus expérimentale et il faut tout de suite oublier un retour dans le passé. « Sempiternal » rend la chose très claire.
Je dois avouer que j’aime beaucoup BMTH, car dans le style metalcore ils sont vraiment parmi les meilleurs. Quand on ajoute une voix comme celle de Oliver Sykes, on obtient un mélange et un feeling que j’ai aucune misère à adopter. À ce niveau, il a encore plus évolué, car fini est le temps où ses paroles étaient incompréhensibles, il a maintenant trouvé son timbre de voix qui lui permet un rauque, mais aussi une mélodie, ce qui donne beaucoup plus une semblance de chanson et non de ‘garochage’.
Les boys se développent en tant qu’artistes et ils n’ont jamais caché leurs intentions de changer leur son. Ça prend des couilles dans l’industrie d’aujourd’hui de se renouveler alors que le succès te semble assurer en restant accroché à ton image et son. Ceci dit, on ne se le cachera pas, l’album ne sera pas bien reçu par tous les fans avec la présence accrue de l’électro, une suite logique aux avancées sur « There Is A Hell Believe Me I’ve Seen It, There Is A Heaven Let’s Keep It A Secret », mais en même temps le monde semblent les suivre avec les commentaires que j’ai reçu depuis la sortie du nouvel album. Ils ont également un membre à temps plein sur le keyboard maintenant, en plus d’être une seule guitare depuis le début de l’année.
« Can You Feel My Heart » est un choix un peu weird pour débuter un album, surtout de la trempe de BMTH. Ma première impression des séquences électroniques a été « ça sonne donc ben cheap ». Avec le temps je me suis habitué, mais c’est clair que ce n’est pas pour tout le monde. Le fait que Terry Date soit dans la chaise de producteur n’assure pas un bon album, mais le tout sonne mature et la track donne clairement le momentum et un aperçu clair de ce qui nous attend dans les 10 autres compositions.
Ce contenu est varié, groovy… et parfois redondant. « The House of Wolves » nous met dedans dès les premières notes, pour ensuite se transformer en un refrain réchauffé, mais une chance que la fin de cette pièce nous remet bien alerte avec des breakdowns bien pensés. « Empire (Let Them Sing) » embarque ensuite et elle s’avère un de mes points forts de l’album avec « Antivist » et « Shadow Moses ». On doit se faire à l’idée que le tout a été fait pour être assimiler rapidement et rester dans vos crânes si vous êtes fans du genre.
Je crois que ce qui est le plus frustrant ce sont les moments et tracks beaucoup plus générique, comme « Seen It All Before », mais aussi la répétition des idées au travers des pièces. L’album précédent (et les autres aussi….) me gardaient intéressés jusqu’à la fin ou presque, mais celui-ci est plutôt décevant et ne va pas rester si longtemps dans ma rotation quotidienne. Une autre facette de cette album est l’énergie dégagée qui ressemble plus à un chaos contrôlé si on compare à leur travail par le passé. Où est passé cette attitude rebelle et la frustration? On a aussi droit à des paroles plus positives et introspectives de la part d’Oli, ce qui est ok, mais souvent les rimes et images proposés sont ‘cheezy’, avec comme exemple la première track qui se veut répétitive.
Beaucoup de bands expérimentent et je les applaudis quand c’est bien fait. Dans ce cas-ci, je ne peux pas être surpris si on considère les tendances qu’ils nous avaient montré dans le passé, mais j’espère vraiment qu’ils sauront ne pas trop se noyer dans une mer d’influences diverses et perdre leur identité. Ils ont beaucoup à offrir, mais cette fois-ci ils jouent avec le feu.
7/10





