… ça passe proche en ciboire!
J’avais la chance la fin de semaine dernière de passer plusieurs heures à déchiffrer, analyser et headbanger la scène métal de Rouyn-Noranda. Mon voyage de 9h de char était mon premier dans cette région du Québec et je dois dire que j’ai profité de mon temps là-bas comme jamais (c’est le cas de le dire). J’ai filmé plusieurs vidéos avec des intervenants et des bands à des endroits stratégiques, mais j’ai aussi passé du temps au Northern Studio de Yannick St-Amand, enfoncé encore plus loin dans notre charmante province. Je vais rassembler mes vidéos et entrevues audio dans un texte pour Ondes Chocs qui va tous les contenir, afin d’ainsi recréer ma fin de semaine et vous informer de l’état de la scène métal. J’aimerais d’ailleurs remercier Ian Campbell pour son aide dans ce projet.
Ceci dit, j’y allais aussi pour me faire brasser et c’est le samedi soir que ça se passait, au Petit Théâtre du Vieux Noranda. Le lineup me laissait présager une soirée assez malade: Hécatombes, Vengeful, Kälter et Anonymus. Donc après ma visite de Polysons et mon repas au Pizzédélic, Jérôme Gamache, le partenaire de Ian, m’appelle et s’assure que je ne suis pas perdu et je lui annonce mon arrivée imminente, mais pas avant d’aller re-filmer les églises ukrainiennes et russes que j’avais mal capturées la veille dans le noir.
Direction Petit-Théâtre sur la 7e rue et je réussis à me stationner tout prêt de l’entrée et je commence un vidéo de l’autre bord de la rue, question de pouvoir l’inclure dans mon reportage sur le métal dans la région. On parle ici d’une salle de style grand gymnase qui peut contenir 400-500 personnes, un plafond haut, une scène très grande et haute, avec également de la place en masse pour les instruments des musiciens, car le rangement est sur le côté du stage, mais aussi en bas où les loges sont situées. ‘Loge’ est un grand mot, mais l’espace sous le stage sert aux musiciens pour manger, se réchauffer et boire en masse.
Tous les bands sont déjà arrivés quand je me pointe et les soundchecks sont en cour. Je me rends en bas et je commence à parler avec les gars de Kälter, une bande de dudes vraiment, mais alors vraiment trop cool pour être vrai. J’allais d’ailleurs passer une bonne partie de ma soirée avec eux.
En parlant avec Pados (Marc-André), le chanteur, j’apprends que faire des shows un vendredi là-bas n’est pas une bonne idée, tout ça car les quarts de travail dans les mines finissent souvent tard et que beaucoup des trippeux finissent à 21h de travailler dans les magasins dans les villages et villes avoisinantes, ce qui ne leur donne pas de marge de manoeuvre pour assister au show. Intéressant, je n’aurais pas pensé à ça, un facteur à retenir quand on ne book pas dans des places familières.
Je fais alors la connaissance de Alex Viau, chanteur de Hécatombes, et on s’empresse de visiter « The Room », dont je vais taire les spécificités. C’est quelques minutes avant son show, alors on se promet de se reparler plus tard, le gars est juste trop cool et il a beaucoup de jasette, ce qui est une caractéristique commune disons!
Ian Campbell monte sur scène pour présenter la soirée, une animation qui se fera avant chaque band. Hécatombe le suit derrière et boom! Ça part. La salle est au tier rempli quand ils commencent leur assaut et je m’aperçois tout de suite qu’ils ont beaucoup d’énergie, mais malheureusement, les trois premières compos sont jouées de façon décousue et c’est difficile d’analyser vraiment ce qui se passe. Le drum semble un beat en arrière presque tout le temps et je m’en fais pour les gars. Cependant, dès la 4e track, on sent le band reprendre son rythme et je crois que l’énergie incroyable de Alex Viau, le frontman, y est pour quelque chose. Voulez-vous en savoir plus sur ce personnage? J’ai l’honneur de vous dire que c’était la première fois de sa vie qu’il faisait un show PAS gelé sur quelconque drogue qu’il a abusé dans le passé. Il m’a donné le droit d’en parler étant donné qu’il a adoré son expérience et se sentait plus en contrôle. J’aimerais en profiter pour publiquement le féliciter pour ses efforts. Je suis un consommateur récréatif et je sais très bien l’emprise que la drogue peut avoir sur une personne. Alex, tu devrais être fier de tes efforts et lâche pas, on a besoin d’exemple comme toi. Pour en revenir à la musique, le quintette nous offre un mélange éclectique de riffs qui pourraient aussi bien se retrouver dans Lamb of God, Pantera ou Morbid Angel. Je suis persuadé que les nombreux changements de membres que la formation a subi dans les 15 dernières années a moulé ce son. Mention honorable à un des derniers venu dans le band, le bassiste Pierre-Phillippe, qui ne se gêne pas pour prendre sa place à l’avant de la scène, une façon de faire qui n’est pas chose commune pour un instrumentiste des fréquences lourde et basse. Ce que je viens d’écrire, ce sont mes observations avant ma conversation avec le band après le show. Voici ce que je savais après: le band en était à son PREMIER show avec ce lineup, même qu’un des guitaristes, Adam, en était à son premier show point!! Malade. Le band en était aussi à son DERNIER show sous le nom Hécatombe et renaîtra sous le nom Séismique, si ma mémoire est bonne. J’ai pris la peine de leur expliquer mon point de vue sur leur musique et ont apprécié l’honnêteté avec lequel je l’ai fait, surtout concernant les 3 premières chansons jouées. Je dois dire que le reste du show m’a fermé la gueule cependant et ce n’est pas peu dire!
Depuis avant le show de Hécatombe, les cinq musiciens de Vengeful étaient en train de se réchauffer en bas. Je ne me rappelle pas avoir rencontré un groupe aussi sérieux et focus sur son ‘travail’ depuis que je couvre des shows pour Ondes Chocs. Ce n’est aucunement un reproche, au contraire, mais oui, ça frappe. Les boys sont dans leur coin, se concentre, semble se frustrer intérieurement en manquant une note (en pratique…), très intense comme préparation. Intéressant. Leur arrivée sur scène se fait avec l’animation de monsieur Campbell et lentement, très lentement, le build up se fait avec leur première compo, qui met du temps à « embarquer », mais quand ça se fait, c’est lourd en sacrament. Pensez du Hate Eternal mélangé avec du Crowbar, un death métal hargneux/rapide et hypnotisant/dépressif, vraiment étrange, mais efficace comme recette. Philip, le drummer, semble être la colonne vertébrale avec un frappé précis et le fucker frappe fort! Shit! Le band de Montréal a déjà travaillé avec un producteur reconnu (Christian Donaldson), mais aussi des musiciens de grande qualité tels que Étienne Gallo et Luc Lemay. Je crois que je comprends leur soucis des détails maintenant. Du côté de la présence sur scène, on a pas droit aux musiciens les plus énergiques, mais en même temps la musique ne s’y prêtent pas tant. Le chanteur a tant bien que mal essayé de faire bouger la foule, mais certaines compos sont excellentes pour un salon ou un char, mais ‘live’ c’est normal que la pesanteur et tempo lent soit reçu les bras croisés, mais les oreilles grandes ouvertes pas la foule.
Après le show, leur minutie refait surface et les boys sont déçus de plusieurs trucs. Je leur dit de prendre ça cool, mais je ne crois pas qu’ils m’écoutaient. Gardez ce focus les boys, c’est rare qu’on voit ça. Je monte en haut et je trouve Jérôme Gamache et lui demande si la foule est toujours aussi calme, car on m’avait vendu l’endroit comme un exemple de violence avec des ‘circle pits’ et ‘wall of death’ en chaîne. Il me dit qu’effectivement, c’est plutôt tranquille en ce samedi, mais que quand même il y a de l’énergie. Vrai. Du côté du son, je vais le dire une fois et vous foutre la paix avec ça après: beaucoup trop fort. C’était hallucinant comment les réglages n’étaient pas sur la coche. Les fréquences basses en avant de la scène étaient assourdissantes et le vocal en souffrait par le fait même, noyé dans les distorsions. Ce n’est pas méchant, mais oui, le son a été très décevant, excepté pour Anonymus, qui avait leur propre soundman et ça a paru.
Je reviens sur le côté de la scène, ‘fist-bump’ avec quelques membres de Kälter, Ian qui les présente et là ça part. J’adore les boys de ce band de Québec, car ce sont des boys ultra-cool, mais aussi extrêmement talentueux. Leur son progressif est mélangé avec un métal travaillé, brutal et original. Chaque membre est très différent l’un de l’autre et c’est probablement ceci qui forme un si formidable mélange, autant en show que sur album. Leurs deux albums ont d’ailleurs été produit par Jef Fortin, guitariste d’Anonymus, qui est d’ailleurs allé faire son tour sur le bord de la scène durant leur performance. Il avait l’air d’être concentré sur le travail de Lucas derrière ses peaux, y allant membre pour du ‘air drumming’ sur une couple de ‘parts’. Du côté des musiciens à cordes, on ne se trompe pas, même avec Mathieu, un des deux guitaristes, qui était blessé à une cheville. Ça a paru au début, mais rapidement l’adrénaline a dû lui faire oublier, car il a recommencé à bouger comme je l’aime. Je crois qu’ils ont changé leur set à comparé mon expérience précédente, mais leur interprétation des pièces de « Ubuntu », leur EXCELLENT opus sorti en 2012, est tout simplement hallucinante. Les boys s’entendent bien hors de la scène et cette complicité est retrouvée aussi sur la scène, les gars s’échangeant des sourires et regards de surprise constamment tout le long de leur prestation, et avec raison. Bien que la moitié de la foule semblait se demander le score du Canadiens, l’autre moitié embarquait dans le trip. Mention spéciale à Jeff Racine derrière le keyboard, qui me semble si zen, mais aussi tellement dedans, il se transforme et j’aime ça voir ça, car il se donne à chaque fois. Je viens de dire mention spéciale, mais honnêtement, chacuns d’entre eux en méritent une…. excellent show les boys!

Photo: Charles Fontaine
L’alcool entrait aisément lors de cette soirée et un dernier sprint a été fait avant le show des headliners, Anonymus. C’est rendu un peu plate parlez d’eux pour moi parce que ciboire, les boys en ont vu d’autres, ils sont toujours attendu et tu sais que tu vas TOUJOURS avoir leur 100%. J’aimerais ça dire qu’une soirée, un moment donné, je ne les ai pas senti affamé et prêt à tout détruire, mais non, le band se présente toujours en tant que machine qui écrase tout sur son passage. Ce qui m’intéressait cependant était la façon que le band allait répondre à la route qu’ils avaient fait en journée, quelques heures seulement après un show au Mont-Tremblant et dans le cas des frères Souto, un autre show la même soirée avec leur band Dizzygoth. La réponse… vous l’aurez deviné, ils ont tout détruit. LÀ le pit s’est enflammé pour vrai, LÀ le monde hurlait comme des malades, LÀ j’avais le poil dresser à cause des frissons métalliques qui traversaient mon corps. C’est pas difficile à comprendre quand tu enchaînes des classiques tels que « Sous Pression », « Why Be The Judge » et « Prosternez-vous ». Ces compos-là sonnent comme si elles avaient été écrites en 2012, avec un band qui a plusieurs années d’expérience, 25 pour être exacte en 2014. Ils offrent leur signature de thrash, mais j’adore vraiment leurs ‘moves’ de l’outro à « Virtually Insane ». D’ailleurs, est-ce que c’est juste moi ou les tracks de l’album « Instinct » sont toujours reçu de manière extrêmement violente par la foule??!! wow. Je suis allé voir le travail de Carlos Arraya derrière le drum et le gars est concentré et ‘tight’ comme c’est pas possible. Je me force pour trouver des points négatifs, mais je m’incline. Ce qu’ils donnent en show est ce que JE recherche d’un band; énergie, professionnalisme et générosité, car il me donne ma dose. Rare aussi sont les bands qui réussissent à changer un membre important de leur chimie, dans ce cas-ci Marco Calliari, pour le remplacer par un autre qui semble s’intégrer aussi bien au groupe. Daniel, Oscar et Jeff s’échangent de place sur scène, headbang ensemble et ont réellement l’air d’avoir du plaisir. Je veux aussi souligner que le nouveau stock passe oh-si-fucking-bien en show. Crisse, le quart du show est réservé à leur nouvel album et c’est brillant de leur part de pousser le bouton patriotique du métal en français. Tu gagnes ton public instantanément et désolé, mais « Enragé » et « À La Vie, A La Mort », c’est déjà des classiques dans mon livre à moi. Le rappel de deux tracks a été assuré quand Alex Viau est embarqué sur le stage à partir de sa position en avant de la scène et a sommé la foule de crier « A-No-Ny-Mus, A-No-Ny-Mus ». Malade.
J’ai pas besoin de vous dire que cette énergie a mis le feu à la soirée et donné le ton à l’after-party, où, sans rentrer dans tous les détails, les abus se sont fait voir. On a même réussi à faire jouer du Kalter au bar avec l’échange d’un album au DJ. Les boys d’Anonymus sont aussi venu faire leur tour, sans oublier que Jef m’a rappelé mes moins bons coups avec Ondes Chocs… you fucker…
Plusieurs choses ne peuvent être dite de cet after-party, mais rassurez-vous, le show a été la bougie d’allumage et je vous invite, vous chers lecteurs, à au moins prendre le temps dans le futur de vous payer un trip dans cette région du Québec et aller voir de vos yeux de quel bois les métalleux se chauffent. Vous savez, le monde peuvent dire ce qu’ils veulent, mais j’aime le fait que PERSONNE peut m’enlever ce que j’ai vécu lors de ce voyage et cette soirée, et pour ça, je remercie tous les acteurs du scénario qui s’est déroulé dans ma vie cette soirée là, je l’oublierai jamais…




















ya til des video du show de anonymus a rouyn ?