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Mass Murder Messiah

« The Rise Of Evil »

2013

 

En voulez-vous de l’honnêteté?  Moi, le premier album de Mass Murder Messiah, y’a quelque chose qui m’a toujours empêché de l’apprécier à ça juste valeur et c’est difficile de mettre le doigt sur la raison.  Je me suis remis à l’écouter dans le processus de faire la critique du nouvel EP de la formation de Montréal, « The Rise of Evil », et je dois avouer que je comprends un peu plus ce qu’ils voulaient faire. C’est spécial que l’album suivant me fasse re-découvrir le premier.  Est-ce que je n’avais pas pris le temps de l’analyser?  Peut-être. Tout ce que je sais c’est que le nouvel opus qui sortira le lundi le 1er avril en téléchargement GRATUIT est véritablement satisfaisant dès la première écoute, ça, c’est clair.

Je dois dire que je trouve ça weird depuis un bout à Ondes Chocs pour les critiques d’albums québécois, car on ne se gêne pas d’habitude pour critiquer ce qu’on aime pas, on essaye d’avoir un ‘twist’ constructif, mais ciboire, les sorties cette année sont vraiment de qualité impressionnante.  Qu’on parle de BornBroken, Ancestors Revenge, Reanimator ou autre, on revient toujours à la même conclusion; c’est bon, ils nous donnent ce qu’on veut et semblent se faire plaisir en même temps.

C’est d’ailleurs ce qui ressort de la première track du EP en question dans cette critique, la pièce titre, « The Rise Of Evil », car elle englobe tout ce que MMM devrait être: direct, violent et mémorable.  J’ai toujours aimé la voix de Jean-Michel Vallières, mais son principal problème pour moi était ses mélodies vocales qui ne me rentraient pas dans la tête.  Bon ben ciboire, ce nouvel effort le voit se dépasser, nous offrant plusieurs variations de sa voix dans le premier acte de 5.  Je suis aussi un fan des ‘samplings’ dans ma musique et cette track en offre beaucoup, mais le côté « les États-Unis sont méchants et George Bush aussi » a été joué et rejoué et je ne crois pas que les thèmes de cet album avance la cause.  Ceci étant dit, je ne ferais pas mieux, so shut the fuck up, Dave. (ouais, je me parle souvent…)

On a ensuite droit à une track qui a été divisée en deux entités pour former « The Scheme (Curtain Call) » et « The Scheme (America’s Blood) » et c’est vraiment là que tout l’album prend son sens. Je m’explique.  Le premier opus du band était une orgie de riffs qui, pour moi, ne formait pas un « tout » satisfaisant qui me donnait le goût de l’écouter sans arrêt.  Cette fois-ci, Jef Fortin, qui compose les tracks et produit le EP, laisse respirer les compositions grâce à une approche différente au niveau des textures et du montage des tracks.  Les drums me semblent moins ‘encombrant’ et plus une collaboration avec le reste de la section rythmique pour former une chanson et non une démonstration de savoir-faire.

En parlant de Jef; maudit que le gars est fort au niveau de la composition.  On parle d’originalité, mais aussi de technique qui se rassemblent pour nous donner le coup de poing au visage que l’on demande et redemande.  Lex et moi avons eu la chance de le voir à l’oeuvre lors de l’enregistrement de la basse par Fred Bizier et cette track divisée en deux que je mentionne plus haut nous a été présentée en une version longue et sans les paroles/arrangements et je vais répéter ce qui m’est venu tout de suite en tête: la composition est plus mature et laisse plus de place à l’interprétation au lieu de nous garocher des riffs au visage.  Les ‘parts’ de drums à certains endroits sont tout droit sorti du punk et c’est quelque chose que Jef était plus réticent à inclure, mais l’efficacité de ces parties et la profondeur que ça donne aux deux tounes est exemplaire.  L’approche laisse respirer la composition et ça fait toute la différence.

La dernière compo est « Non! » et cette fois-ci l’attaque verbale se fait en français, une approche qui n’est pas facilement exécutable si ce n’est que pour la terminaison des phrases et prononciation de certains mots.  Tu l’as ou tu l’as pas.  Dans ce cas-ci, j’adore l’exécution du chanteur et l’effet des ‘samples’ à la toute fin.

En conclusion, le produit offert est extrêmement satisfaisant et violent, surtout au niveau des vocals et des arrangements.  Tout est plus fluide et efficace que sur le premier album, selon moi.  S’il y avait un point plus négatif, ce serait au niveau du concept avec les États-Unis, une approche qui a été présentée maintes fois et qui est difficile à rendre original.  J’ai hâte d’avoir les paroles au complet devant moi, mais je dois leur donner, ce concept a fait ressortir le meilleur de JM et sa troupe de malade-métal.  En show, tout ça va détruire et, oui, quand le EP fini, j’ai vraiment le goût de le recommencer sans arrêt…

 

9/10

Dave